Google revendique une fois de plus la suprématie de l’informatique quantique sur les supercalculateurs traditionnels

Google claims quantum supremacy over traditional supercomputers once more

En bref : L’informatique quantique est un peu comme le principe d’incertitude d’Heisenberg. On peut l’observer de loin comme une révolution sans précédent dans l’histoire de l’humanité, ou se plonger dans les détails pour vérifier si ces prétentions révolutionnaires se sont traduites par des progrès tangibles dans l’industrie informatique.

La révolution de l’informatique quantique a déjà 25 ans, et Google vient de déclarer que la compétition contre l’informatique traditionnelle est enfin terminée. Les ordinateurs quantiques ont atteint un niveau de puissance que les superordinateurs modernes (ou même futurs) ne pourront pas atteindre, affirme le géant de la recherche. Cependant, tous les membres de la communauté quantique ne sont pas totalement convaincus par cette déclaration grandiloquente.

Comme le rapporte The Telegraph, un récent document de recherche rédigé par l’équipe Google Quantum AI et plusieurs collaborateurs affirme que la nouvelle machine quantique expérimentale surpasse les capacités des superordinateurs classiques existants. L’article, intitulé « Phase transition in Random Circuit Sampling », aborde la question du bruit dans les ordinateurs quantiques.

Selon l’article, les interférences du signal concurrencent « l’évolution cohérente et détruisent les corrélations à longue portée », ce qui représente un défi important pour l’exploitation complète de la puissance de calcul des processeurs quantiques. Les expériences de Random Circuit Sampling (RCS) semblent résoudre ce problème en employant une technique connue sous le nom de « cross-entropy benchmarking », que Google qualifie de « magie noire numérique », afin d’atténuer efficacement l’impact du bruit.

Google revendique une fois de plus la suprematie de linformatique

Google a annoncé avoir réussi à assembler 70 qubits, ce qui représente une augmentation significative par rapport aux 53 qubits trouvés dans un appareil de 2019. Cette avancée a permis à l’entreprise d’atteindre un niveau révolutionnaire de suprématie quantique par rapport aux supercalculateurs contemporains reposant sur les CPU et les GPU. Alors que le système HPC le plus puissant disponible aujourd’hui (Frontier) pouvait égaler un calcul effectué par le dispositif quantique précédent en 6,18 secondes, Google a déclaré qu’il faudrait 47,2 ans à la même machine pour égaler la puissance du système à 70 qubits.

L’ordinateur quantique de nouvelle génération de Google est 241 millions de fois plus puissant que l’appareil de 2019. Il est également plus puissant que les récentes démonstrations quantiques de chercheurs chinois et devrait mettre fin à la controverse sur la suprématie quantique, car il se situe « fermement dans le régime de l’informatique quantique supra-classique ».

Steve Brierley, PDG d’une entreprise qui s’intéresse au potentiel commercial de l’informatique quantique (Riverlane), a salué la percée autoproclamée de Google comme une « étape majeure » pour la suprématie quantique. Sebastian Weidt, PDG de la startup Universal Quantum, a déclaré que les ordinateurs quantiques devaient encore démontrer des fonctions plus pratiques. Il s’agit d’une « très belle démonstration de l’avantage quantique », a déclaré M. Weidt, mais l’algorithme décrit par les chercheurs de Google « n’a pas encore d’applications pratiques dans le monde réel ».

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