En bref : Malgré ses problèmes de longue date liés à la fragmentation et au rejet par les pays non alignés de solutions potentielles à des problèmes communs, l’Europe tente de prendre la tête de la course à l’IA en adoptant des réglementations et des mesures de protection plus strictes. Aujourd’hui, Bruxelles travaille à la création d’une plateforme d’essai commune pour « certifier » les systèmes d’IA avant qu’ils ne soient proposés aux citoyens de l’UE.
En matière de protection de la vie privée et d’IA, l’Europe a développé une approche assez différente de celle des États-Unis et des autres grands pays qui se disputent la suprématie technologique. L’Union européenne veut s’assurer que les nouvelles applications de l’IA ne porteront pas atteinte aux droits des citoyens ou à des domaines économiques essentiels. C’est pourquoi la Commission européenne lance un nouveau programme d’essai conçu autour du concept des « installations d’essai et d’expérimentation » (TEF).
La Commission, ainsi que les États membres et 128 partenaires constructeurs issus de la recherche, de l’industrie et d’organismes publics, viennent d’annoncer un investissement de 220 millions d’euros (environ 240,6 millions de dollars) pour développer quatre TEF différents qui fourniront leurs pleines capacités d’essai en 2024. Les TEF sont conçus pour aider les développeurs d’IA à « mettre sur le marché une IA digne de confiance » de manière plus efficace, selon la Commission européenne, tout en facilitant le développement, le déploiement et la vente par les entreprises d’IA de leurs chatbots et de leurs services basés sur des algorithmes.
Les TEF sont des installations permanentes dans l’Union européenne où des « technologies numériques complexes » peuvent être testées dans des environnements réels, à l’aide de dispositifs physiques et de simulation. Les laboratoires TEF pourront tester les robots et l’intelligence artificielle, les protocoles de mise en réseau et le traitement des données, la gestion, etc.

Les autorités bruxelloises indiquent que chaque installation TEF fournira des capacités d’essai différentes pour un seul secteur de l’économie de l’UE. Le « CitCom.ai TEF » a pour but d’aider à développer des technologies intelligentes pour les villes et communautés intelligentes, l’énergie, les transports et la connectivité. Le laboratoire devrait accélérer le « développement d’une IA digne de confiance en Europe » en donnant aux entreprises la possibilité de tester leurs algorithmes dans des conditions réelles.
Le laboratoire « TEF-Health » s’occupera quant à lui des applications de l’IA dans le domaine de la santé, de l’apprentissage automatique dans l’imagerie médicale aux simulations cérébrales complexes, en via les robots d’intervention et de rééducation, etc. Le TEF « AI-Matters » vise à « accroître la résilience et la flexibilité » du secteur manufacturier européen grâce à la robotique et aux systèmes autonomes. Enfin, le « TEF agroalimentaire » explorera les applications basées sur l’IA pour la production agricole, telles que les tracteurs robotisés, les algorithmes d’optimisation des cultures, etc.
Les quatre installations TEF seront « pleinement ouvertes » à partir de janvier 2024, indique Bruxelles, tandis que certains services limités seront disponibles en juillet 2023. Valentina Ivanova, coordinatrice du projet AI-Matters TEF pour l’industrie manufacturière, a déclaré que les « fournisseurs de solutions basées sur l’IA » qui souhaitent faire des affaires en Europe ont désormais la possibilité de tester leurs produits dans des environnements réels et d’évaluer s’ils répondent aux besoins des clients.
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