Cancer : une simple photo du visage permet d’évaluer le pronostic des patients

Cancer : une simple photo du visage permet d'évaluer le pronostic des patients

Une photographie du visage pourrait renseigner sur l’état de santé d’un patient atteint de cancer. Des chercheurs ont créé une intelligence artificielle capable d’identifier dans les traits faciaux des signaux liés au risque de mortalité.

Une simple photographie pourrait fournir aux médecins davantage d’informations sur l’état de santé d’une personne atteinte d’un cancer. Des chercheurs ont développé une intelligence artificielle capable d’identifier sur le visage des signes associés au risque de mortalité.

Illustration d'une photographie de visage qui peut détecter un cancer

Le visage peut révéler des signes de fatigue, de fragilité ou de vieillissement. En médecine, ces caractéristiques participent déjà à l’évaluation de l’état général d’un patient, même si leur interprétation comporte une part de subjectivité.

Une équipe du Mass General Brigham, aux États-Unis, cherche à convertir cette information visuelle en un indicateur quantifiable. Cette étude a été publiée le 19 octobre dans la revue The Lancet Digital Health.

Le système se nomme FAHR-Face et a été entraîné avec plus de 40 millions d’images de visages. À partir de ce modèle, les chercheurs ont développé deux outils aux fonctions distinctes.

L’outil FAHR-FaceAge estime l’âge à partir de l’apparence faciale, que les auteurs étudient comme un indicateur potentiel du vieillissement biologique. L’autre, FAHR-FaceSurvival, cherche à identifier des motifs liés au risque de mortalité chez les personnes atteintes de cancer, directement à partir d’une photo.

Dans une pré-publication scientifique de 2025, l’équipe décrivait des résultats où le quart des patients avec les scores de risque les plus élevés présentait un risque instantané de décès plus de trois fois supérieur à celui observé chez le quart avec les scores les plus bas, après ajustement pour d’autres facteurs cliniques.

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Une photographie ne permet pas de prédire combien de temps une personne vivra

Ces résultats montrent une association statistique entre l’apparence faciale et la survie des patients étudiés. Ils ne permettent pas d’attribuer, à partir d’un selfie, une espérance de vie précise à un individu.

Dans une analyse indépendante relayée par le Science Media Centre, le professeur Miroslaw Bober, de l’Université du Surrey, a souligné la validation de l’outil sur une population de près de cinq mille patients aux Pays-Bas. Il a néanmoins rappelé que classer des patients par risque relatif diffère de la fourniture de probabilités de survie individuelles et correctement validées.

L’expert a aussi précisé qu’estimer l’âge par l’apparence n’équivaut pas à mesurer directement les processus biologiques du vieillissement. De plus, il reste à démontrer si cet outil apporte une information cliniquement utile par rapport à l’évaluation que les médecins font déjà de la condition physique et de la santé générale de leurs patients.

Pourrait-elle aider à choisir les traitements ?

La possibilité d’obtenir un indicateur supplémentaire via une simple photo rend cette approche intéressante en oncologie. À terme, elle pourrait contribuer à évaluer la fragilité d’un patient lorsqu’on envisage des traitements exigeants.

Mais une distinction fondamentale existe : cette IA ne diagnostique pas le cancer à travers le visage. La recherche analyse le pronostic de personnes déjà atteintes par la maladie.

Avant une utilisation en consultation, il faudra prouver que cette information supplémentaire améliore réellement les décisions médicales. L’utilisation de millions de photos collectées sur Internet soulève également des questions sur l’origine et la réutilisation des données personnelles.