Un nouveau médicament, le daraxonrasib, vient d’être approuvé aux États-Unis pour le cancer du pancréas avancé. Les essais cliniques montrent un quasi-doublement de la survie médiane, offrant un réel espoir pour cette pathologie notoirement difficile à traiter.
La Food and Drug Administration (FDA) a approuvé le daraxonrasib, un médicament qui pourrait presque doubler la survie des patients atteints d’un cancer du pancréas avancé. En Europe, l’agence du médicament a déjà accéléré son processus d’évaluation, et son arrivée au Portugal pourrait être imminente.

Le cancer du pancréas compte parmi les tumeurs les plus agressives et complexes à soigner. S’il ne figure pas dans le top 10 des cancers les plus fréquents mondialement, il représente la sixième cause de décès par cancer, avec environ 510 000 nouveaux diagnostics annuels, dont près de 1800 au Portugal selon des données citées par l’Expresso.
Dans ce cadre, l’approbation du daraxonrasib par la FDA, l’agence américaine de santé publique, a été saluée positivement par la communauté médicale.
Commercialisé sous le nom Rasonque, ce traitement est destiné aux patients souffrant d’un cancer du pancréas métastatique ayant déjà subi une chimiothérapie.

Mode d’action et résultats
Ce médicament cible la mutation RAS G12, la plus répandue dans ce cancer, ce qui le rend applicable pour la majorité des tumeurs et non seulement à un petit sous-groupe de patients.
Les résultats des essais cliniques de phase III, dévoilés fin mai, constituent le principal motif d’optimisme :
- La survie médiane a presque doublé, atteignant 13,2 mois ;
- Le risque de décès a baissé de 60 % ;
- Le temps jusqu’à la progression de la maladie est passé de 3,5 à 7,3 mois ;
- Plus de 31 % des patients ont vu leur tumeur se réduire de façon importante, contre 11,2 % avec la chimiothérapie classique.

Un conditionnement de daraxonrasib, médicament de Revolution Medicines contre le cancer du pancréas, photographié à Woodlands, Texas, États-Unis, le 29 mai 2026. Crédit : Danielle Villasana/NET
Malgré ces chiffres, les experts interrogés par l’Expresso recommandent la prudence. Carlos Carvalho, directeur de l’unité des tumeurs digestives de la Fondation Champalimaud, souligne qu’il ne s’agit pas d’un traitement miracle, la maladie continuant de progresser, bien que plus lentement et avec une meilleure qualité de vie pour le patient.
Ana João Pissarra, de la Société Portugaise d’Oncologie, a pour sa part mis en avant la valeur symbolique de cette découverte, dans un domaine où aucun progrès thérapeutique majeur n’était survenu depuis de nombreuses années.
Date d’arrivée potentielle au Portugal
L’utilisation du daraxonrasib en Europe nécessite l’approbation de l’Agence Européenne des Médicaments (EMA).
L’agence européenne a annoncé le 7 juillet avoir engagé une évaluation accélérée du médicament via son programme Cancer Medicines Pathfinder, reconnaissant qu’il répond à un besoin médical avec peu d’alternatives disponibles.
Selon les prévisions des deux spécialistes, ce traitement pourrait être disponible au Portugal rapidement : Carlos Carvalho a évoqué à l’Expresso un délai de deux à trois mois, ou au plus tard début d’année prochaine.
