Le papillomavirus (HPV) reste l’infection sexuellement transmissible la plus répandue, touchant 80 % des femmes au moins une fois dans leur vie. Bien que beaucoup d’infections soient temporaires, certains types peuvent entraîner des complications graves, notamment des cancers. Éclaircissons les idées reçues sur ce virus.

Le papillomavirus (HPV) est, sans conteste, l’infection sexuellement transmissible la plus courante dans les pays développés, mais aussi celle dont la connaissance et la sensibilisation à la prévention sont les plus faibles. Il est estimé que 80 % des femmes – selon la Fondation Veronesi – contracteront cette infection au moins une fois dans leur vie, mais il est important de préciser que le virus affecte autant les hommes que les femmes. En réalité, le papillomavirus ne constitue pas un unique virus, mais comprend plus de 200 souches. Bien que la majorité des infections soit temporaire et combattue naturellement par notre système immunitaire, un petit groupe de ces virus est classé comme « à haut risque oncogène ».
Cela indique qu’à long terme, si l’infection est due à une souche oncogène, elle peut provoquer des lésions cancéreuses: spécifiquement, le risque pour les femmes est de développer un cancer du col de l’utérus, dont 97 % des cas sont causés par une infection persistante par HPV. De plus, il existe un lien avec d’autres néoplasies, tant génitales qu’extra-génitales, comme le cancer du cavité orale, de la pharynx et du larynx, selon l’Hôpital San Raffaele de Milan. D’autres souches peuvent également entraîner des lésions bénignes, telles que les condylomes ou les verrues, qui bien que non cancéreuses, peuvent engendrer des symptômes comme douleur et démangeaisons, affectant ainsi la qualité de vie.
Pourtant, il y a encore beaucoup de confusion concernant le papillomavirus, ses méthodes de transmission et sa prévention. Netcost-security.fr a essayé de clarifier tous les mythes persistants sur l’HPV avec une spécialiste.
Quel est l’âge recommandé pour se faire vacciner contre le papillomavirus ?
Les recommandations pour la vaccination contre l’HPV varient selon les régions, mais généralement, l’âge conseillé se situe autour de 11 ans, tant pour les hommes que pour les femmes. Ceci devrait être fait avant le début de l’activité sexuelle, c’est-à-dire avant le premier rapport.
Le préservatif suffit-il pour se protéger du virus ?
Non, car l’HPV se transmet par contact sexuel, y compris non pénétratif. Il est essentiel de rappeler qu’aucun préservatif ne garantit une protection complète contre le risque de contamination. En effet, le papillomavirus se transmet par les muqueuses et le préservatif ne peut pas éviter tout contact. Bien que la transmission principale soit lors de rapports vaginaux, anaux et oraux, le virus peut aussi se transmettre par la salive et les baisers profonds.
Pourquoi est-il important de se vacciner ?
Bien que la majorité des HPV ne soient pas liés au cancer, certains sous-types à haut risque – environ 8 % – peuvent accroître le risque de cancer. C’est pourquoi ils sont qualifiés de « souches oncogènes », car ils sont à l’origine de tumeurs affectant les organes génitaux féminins tels que le col de l’utérus, la vulve et le vagin, mais aussi d’une part significative des cancers anaux et des tumeurs au niveau de la tête et du cou oropharyngé. Le vaccin actuellement utilisé est nonavalent, ce qui indique qu’il protège contre neuf souches du virus, dont sept parmi celles qui causent principalement des cancers, en particulier les souches 16 et 18, ainsi que deux à faible risque, qui bien que ne provoquant pas de cancer, peuvent causer des lésions bénignes comme des condylomes.
C’est pourquoi il est crucial de vacciner tant les hommes que les femmes : pour atteindre une immunité collective face à un virus aussi courant et car les pathologies associées peuvent également toucher les hommes.
Et si une personne est adulte et n’a jamais été vaccinée, est-il toujours pertinent de le faire ?
Absolument oui, peu importe l’âge, la vaccination est toujours recommandée. Même si une personne a déjà eu une activité sexuelle et a été en contact avec le virus, le vaccin continue de protéger contre les souches d’HPV liées au risque de cancer.
C’est également pour cette raison que l’offre vaccinale vise à inclure d’autres personnes, par exemple celles ayant développé des lésions précancéreuses, lesquelles ont déjà été en contact avec l’HPV et ont subi des modifications mobiles dans l’appareil génital féminin.
Pourquoi est-il important de se vacciner même si on a déjà pu entrer en contact avec le virus ?
La vaccination est cruciale car le problème des HPV à haut risque, notamment ceux causés par des souches oncogènes, est leur persistance. En général, dans la plupart des cas, l’infection par HPV est temporaire et est éliminée naturellement par le système immunitaire, mais si une infection due à une souche oncogène persiste dans le temps, elle peut provoquer une inflammation et des modifications mobiles, conduisant potentiellement à des lésions tumorales à long terme. C’est pourquoi même ceux qui ne sont pas éligibles pour la couverture vaccinale gratuite devraient envisager de se faire vacciner en payant le coût.
Il y a aussi souvent confusion concernant le diagnostic. Le test Pap détecte-t-il l’infection par HPV ?
Non, mais c’est une confusion courante, car d’un point de vue patient, le test est réalisé par le biais du même prélèvement, car le liquide prélevé est identique, mais les éléments recherchés sont différents. Le test Pap permet d’évaluer si les cellules du col de l’utérus sont altérées, mais il ne détecte pas directement le virus. En conséquence, une personne peut avoir contracté l’HPV sans avoir développé de lésions, et le test Pap peut alors revenir négatif.
L’examen qui permet effectivement de détecter directement le virus est le test HPV, qui est de plus en plus utilisé dans le cadre des dépistages depuis quelques années.
Si le test HPV est positif, quelle est la suite ?
Si le test HPV est positif, les centres de dépistage réalisent automatiquement aussi le test Pap, en utilisant le même exemplaire, pour vérifier si les cellules en contact avec le virus présentent des altercations. Toutefois, même si le test Pap est négatif, il est important de connaître l’exposition à une souche oncogène, car cela permet d’inscrire la personne dans des programmes de prévention plus structurés avec des suivis réguliers rapprochés.
Si le test est positif, existe-t-il un traitement pour le papillomavirus ?
Le papillomavirus ne peut pas être traité directement. Il n’existe pas d’antibiotique ou d’antiviral spécifique pour l’HPV. Notre approche consiste à surveiller l’infection au fil du temps pour s’assurer que le virus est éliminé par le corps et qu’il ne provoque pas de modifications mobiles. C’est pourquoi nous insistons tant sur la vaccination.
Et si des lésions sont déjà présentes ?
Le traitement dépend du degré des lésions. Il est possible d’intervenir par de petites interventions ambulatoires, comme avec un laser, ou dans des cas plus avancés, par des interventions chirurgicales, selon la gravité de la lésion.
Est-il possible de diagnostiquer l’HPV chez les hommes par un dépistage comme chez les femmes ?
Non, chez l’homme, il n’existe pas de test de dépistage standardisé comme celui pour le cancer du col de l’utérus. Des prélèvements peuvent être effectués urétraux, sur le gland ou dans le canal anal afin de rechercher l’ADN de l’HPV, mais généralement, cela se fait uniquement sur indications spécifiques, et non en tant que dépistage de routine.
Le vaccin est-il donc essentiel pour eux aussi ?
Évidemment, tant pour leur santé, face au risque de cancers anaux ou oropharyngés, que pour les personnes avec qui ils auront des relations sexuelles. En effet, comme il n’existe pas de test pour eux, ils peuvent être porteurs sans le savoir et transmettre le virus à leurs partenaires lors de relations vaginales, orales ou anales.