Une étude récente met en lumière l’impact positif des médicaments de perte de poids sur le cœur après un infarctus, suggérant des effets protecteurs. Ces traitements, tels que la semaglutide, pourraient jouer un rôle clé dans la réduction des complications cardiaques suite à une crise cardiaque.

Les médicaments pour la perte de poids tels que la semaglutide pourraient favoriser le rétablissement cardiaque après un infarctus, selon une nouvelle étude publiée sur Nature Communications.
Les médicaments amaigrissants de la classe des agonistes du récepteur GLP-1, utilisés pour le diabète et l’obésité, comme la semaglutide (Ozempic, Wegovy, Rybelsus), pourraient contribuer à améliorer la récupération après un infarctus. Cette étude suggère que ces médicaments, imitant l’hormone incrétine GLP-1, pourraient avoir un effet protecteur sur le cœur, en diminuant le risque de complications potentiellement graves.
Des recherches antérieures avaient déjà montré que ces traitements peuvent réduire le risque d’événements cardiovasculaires, indépendamment des conditions préexistantes ou de la quantité de poids perdu. Le travail actuel vise à explorer les mécanismes biologiques responsables de ces effets protecteurs.
“Près de la moitié des patients ayant subi un infarctus – explique une chercheuse – les minuscules vaisseaux sanguins au sein du muscle cardiaque restent obstrués même après que l’artère principale a été rouverte lors d’un traitement d’urgence.”
Cette condition peut entraîner une complication appelée “no-reflow”, où le sang ne parvient pas à atteindre certaines zones du tissu cardiaque malgré la libération de l’artère, augmentant le risque de décès ou d’hospitalisation pour insuffisance cardiaque dans l’année suivant l’infarctus, selon l’American Heart Association. “Nos découvertes sont étonnantes, car elles laissent penser que les médicaments imitant le GLP-1 peuvent prévenir ce phénomène”, ajoute la chercheuse.
Effets des médicaments amaigrissants sur le cœur
Pour comprendre comment ces médicaments pourraient affecter la circulation cardiaque après un infarctus, les chercheurs se sont penchés sur le comportement des péricytes, de petites cellules contractiles qui tapissent les capillaires coronaires. Des études antérieures avaient montré qu’au cours de l’ischémie – lorsque le muscle cardiaque reçoit moins de sang riche en oxygène – ces cellules peuvent se contracter et réduire la taille des vaisseaux sanguins.
Dans cette nouvelle étude, l’équipe a donc examiné si les médicaments imitant le GLP-1 pouvaient contrecarrer ce processus et favoriser la réouverture des capillaires.
Des expériences menées sur des modèles animaux indiquent que ces médicaments peuvent améliorer le flux sanguin après un infarctus, en activant des canaux spécifiques de potassium présents sur les péricytes. Ce mécanisme entraîne le relâchement de ces cellules et permet aux vaisseaux sanguins rétrécis de se dilater, facilitant ainsi le passage du sang vers le tissu cardiaque.
“Avec un nombre croissant d’agonistes du récepteur GLP-1, déjà utilisés en clinique pour diverses conditions allant du diabète de type 2 à l’obésité et aux maladies rénales, nos résultats mettent en évidence le potentiel de ces médicaments existants pour être réutilisés afin de traiter le risque de no-reflow chez les patients ayant subi un infarctus.” a précisé un co-auteur du travail. La prochaine étape consistera à valider ces découvertes dans des études cliniques chez l’homme.