L’Aloe vera offre de nouvelles perspectives face à la peur ultime de l’Alzheimer : la perte de mémoire

Feuilles d'Aloe vera. Crédit : iStock

Une étude récente révèle le potentiel du beta-sitosterol, un composé d’Aloe vera, contre les symptômes d’Alzheimer. Ce composé pourrait fortement interagir avec des enzymes responsables de la dégradation d’un neurotransmetteur essentiel à la mémoire, ouvrant ainsi la voie à de nouvelles perspectives pour le traitement de cette maladie.

Feuilles d'Aloe vera. Crédit : iStock

Feuilles d’Aloe vera. Crédit :

Une étude récente a montré qu’un composé trouvé dans la plante Aloe vera pourrait jouer un rôle important dans la lutte contre les sintomi de la maladie d’Alzheimer, la forme de démence la plus répandue au monde. Grâce à une analyse bioinformatique, des chercheurs ont découvert que le composé appelé beta-sitosterol, présent dans les feuilles de la plante succulente, se lie fortement à des enzymes qui dégradent l’acétylcholine, l’un des neurotransmetteurs les plus importants pour la transmission des signaux nerveux dans le système nerveux central et périphérique.

En termes simples, l’acétylcholine, dont le niveau est réduit chez les patients souffrant d’Alzheimer, est essentielle pour le fonctionnement de notre mémoire. Il est donc important de contrer les enzymes qui la dégradent afin de freiner le déclin cognitif. Toutefois, il est important de souligner que l’interaction du beta-sitosterol avec ces enzymes a seulement été démontrée à travers des simulations informatiques, et il pourrait falloir du temps avant que cela se traduise par une nouvelle option de traitement. Quinze millions de personnes dans le monde sont touchées par cette forme de neurodégénérescence, un chiffre qui, selon les estimations de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), pourrait tripler d’ici 2050 en raison du vieillissement de la population.

Les chercheurs du Laboratoire de chimie analytique et moléculaire de l’Université Hassan II à Casablanca (Maroc) sont à l’origine de cette découverte concernant le beta-sitosterol. Leurs travaux, dirigés par Meriem Khedraoui et Samir Chtita, se basent sur les potentielles propriétés médicinales de la plante. Depuis l’Antiquité, le gel et le latex extraits de cette plante sont utilisés pour traiter diverses affections, allant de la guérison des blessures (y compris les brûlures) à des problèmes de circulation et de constipation. Cependant, comme le souligne l’Istituto Humanitas, ces prétendus bénéfices ne sont pas toujours étayés par des preuves scientifiques. De plus, certaines recherches, comme celles présentées dans l’étude « Aloe vera : A test of toxicity and adverse clinical effects », ont montré que des composés présents dans la plante, comme les polysaccharides et les composés phénoliques, peuvent causer divers effets secondaires graves.

Les docteurs Khedraoui et ses collègues se sont concentrés sur deux enzymes, à savoir l’acétylcholinestérase (AChE) et la butyrylcholinestérase (BchE), qui sont responsables de la dégradation de l’acétylcholine. Grâce aux simulations informatiques, ils ont examiné les composés présents dans Aloe vera capables de se lier à ces enzymes pour en limiter les effets. À l’aide de la technique de docking moléculaire, ils ont identifié le beta-sitosterol comme le composé le plus prometteur, affichant une affinité de liaison de -8,6 kcal/mol pour l’AChE et de -8,7 kcal/mol pour le BchE.

Le test ADMET (Absorption, Distribution, Métabolisme, Excrétion et Toxicité), qui évalue la toxicité et la disponibilité des composés, a révélé un profil favorable pour le beta-sitosterol ainsi qu’un autre composé nommé acide succinique. “Nos résultats indiquent que le beta-sitosterol, un des composés d’Aloe vera, présente une affinité de liaison et une stabilité significatives, ce qui en fait un candidat intéressant pour de futures recherches pharmaceutiques”, a affirmé l’un des chercheurs. “L’analyse dans son ensemble soutient le potentiel de ces composés comme agents thérapeutiques sûrs et efficaces”, a ajouté un autre membre de l’équipe.

Pour l’heure, cette recherche est limitée à une étude bioinformatique, et d’autres travaux approfondis seront nécessaires pour développer un traitement contre le déclin cognitif et la perte de mémoire liés à la maladie d’Alzheimer. Un autre projet réalisé en 2018 avait déjà montré que l’extrait d’Aloe vera, dénommé aloë-emodine, pouvait avoir un potentiel anti-tumoral contre le glioblastome, une forme agressive de cancer au cerveau. Les résultats de cette recherche, intitulée “In silico exploration of Aloe vera leaf compounds as dual AChE and BChE inhibitors for Alzheimer’s disease therapy”, ont été publiés dans Current Pharmaceutical Analysis.