Pourquoi les hauteurs montagnardes préservent-elles du diabète : les découvertes des scientifiques

L'air plus raréfié des zones montagnardes active un mécanisme biologique qui contribue à réduire les niveaux de glucose dans le sang.

Une étude récente révèle que l’altitude joue un rôle surprenant dans la réduction des niveaux de glucose sanguin, offrant ainsi des perspectives nouvelles pour le traitement du diabète. Les résultats montrent que les globules rouges, sous hypoxie, modifient leur métabolisme de manière significative.

L'air plus raréfié des zones montagnardes active un mécanisme biologique qui contribue à réduire les niveaux de glucose dans le sang.

L’air plus raréfié des zones montagnardes active un mécanisme biologique qui contribue à réduire les niveaux de glucose dans le sang.

Les personnes vivant en haute montagne, où l’air est plus raréfié, développent moins fréquemment le diabète que celles qui vivent au niveau de la mer. Ce phénomène, documenté par de nombreuses études épidémiologiques, n’avait pas de base biologique clairement établie. Une nouvelle recherche du Gladstone Institute en Californie affirme avoir identifié le mécanisme sous-jacent à cette tendance.

Selon l’étude, publiée dans la revue Cell Metabolism, en cas de faible oxygénation, les globules rouges adoptent un mode métabolique différent et commencent à absorber d’importantes quantités de glucose du sang, contribuant ainsi à diminuer la glycémie.

Les globules rouges représentent un compartiment caché du métabolisme du glucose qui n’avait jusqu’ici pas été envisagé – explique une des chercheuses. Cette découverte pourrait ouvrir de nouvelles opportunités pour le contrôle de la glycémie.

Selon l’Organisation Mondiale de la Santé, le diabète constitue l’un des plus grands défis sanitaires mondiaux, avec des centaines de millions de personnes vivant avec cette maladie à travers le monde. Comprendre de nouveaux mécanismes biologiques pourrait donc avoir des implications thérapeutiques importantes.

Que se passe-t-il pour les globules rouges lorsque l’oxygène diminue

Le groupe de recherche a examiné les effets de l’hypoxie – la diminution des niveaux d’oxygène dans le sang – sur le métabolisme. Chez des souris exposées à un air pauvre en oxygène, les niveaux de glucose sanguin diminuaient rapidement après les repas.

Lorsque nous avons administré du sucre aux souris en conditions d’hypoxie, le glucose dans le sang disparaissait presque instantanément de la circulation,” indique une chercheuse. “Nous avons observé les muscles, le cerveau, le foie – tous les organes habituels – mais rien dans ces organes ne pouvait expliquer ce qui se passait.”

La réponse est apparue grâce à diverses techniques d’imagerie : les globules rouges se comportent comme un véritable “puits de glucose, absorbant et utilisant des quantités significatives de sucre circulant. De plus, en cas de faible oxygénation, l’organisme produit davantage de globules rouges et chaque cellule augmente sa capacité à capter le glucose.

Les globules rouges sont généralement considérés comme des transporteurs passifs d’oxygène. Pourtant, – observe un chercheur de l’Université du Colorado – ils peuvent constituer une fraction substantielle de la consommation de glucose de tout l’organisme, surtout en conditions d’hypoxie.

Le groupe a également testé un médicament expérimental, HypoxyStat, capable de simuler les effets d’une faible exposition à l’oxygène : chez des modèles murins de diabète, il a inversé l’hyperglycémie, suggérant une nouvelle stratégie thérapeutique potentielle. “Ceci n’est que le début – conclut la chercheuse. Il y a encore beaucoup à apprendre sur la manière dont le corps s’adapte aux variations d’oxygène et sur comment nous pourrons exploiter ces mécanismes pour traiter diverses pathologies.