La NASA avertit qu’elle n’a pas de solution pour stopper les astéroïdes menaçants : un danger à prendre très au sérieux

Image d'astéroïde

La NASA révèle un manque d préparation face à la menace des astéroïdes. Bien que des progrès aient été réalisés, l’agence ne dispose pas de stratégie concrète pour contrer un impact possible. Un récent événement soulève des questions sur notre capacité à réagir face à cette menace venue de l’espace.

Image d'astéroïde

Dans une récente déclaration, la responsable de la section de Défense Planétaire de la NASA a clairement indiqué que l’agence ne dispose pas actuellement d’une stratégie pour stopper un astéroïde en trajectoire de collision avec la Terre. Ce constat, qui l’inquiète, révèle un manque de préparation face à un potentiel événement. Pas parce qu’un danger imminent existe, mais en raison de l’absence de volonté politique pour établir un plan coûteux en réponse à cette menace réaliste venue de l’espace.

En prenant un exemple concret, le 5 février, le système de surveillance SynTrack Robotic Telescope du Jet Propulsion Laboratory (JPL) a détecté un astéroïde seulement deux jours avant son passage proche de la Terre, passé à 21h15 heure française le samedi 7. Nommé 2026 CC, cet objet spatial mesurant jusqu’à 55 mètres de diamètre est passé à environ 610 000 kilomètres de notre planète, soit un peu moins de la moitié de la distance qui nous sépare de la Lune. Si cet objet avait été dirigé vers la planète, aucune action n’aurait pu être prise pour éviter l’impact, si ce n’est évacuer rapidement les zones à risque. Cela démontre bien notre manque de préparation face à ce type de situation, comme l’ont montré les résultats de la cinquième simulation biennale de défense planétaire menée par la NASA en collaboration avec l’ESA (Agence Spatiale Européenne) et d’autres organismes.

L’inquiétude de la responsable Fast et d’une chercheuse de l’Université Johns Hopkins, interrogée avec elle, tient à l’absence de réponses concrètes à une telle menace. Leur frustration est exacerbée par le succès de la mission de défense planétaire DART de la NASA en 2022. Cette mission a vu la sonde percuter à 24 000 km/h un petit astéroïde Dimorphos, en orbite autour du plus grand Didymos. Comme l’ont montré les études subséquentes, cet impact cinétique a réussi à dévier l’orbite de ce corps céleste, conformément aux prévisions des chercheurs.

Les experts en défense planétaire estiment que la meilleure approche consiste à dévier les astéroïdes menaçants plutôt qu’à les détruire par un bombardement nucléaire, comme le montrent certains films hollywoodiens. Cependant, cette stratégie nécessite certaines conditions de base. L’astéroïde doit d’abord être détecté suffisamment à l’avance (mois ou années avant l’impact) pour être dévié de sa trajectoire dangereuse. Pourtant, comme l’illustre le cas de 2026 CC découvert ce mois-ci, certains astéroïdes sont identifiés alors qu’ils se rapprochent dangereusement de la Terre.

Le récent lancement du puissant Observatoire Vera Rubin permettra de détecter un grand nombre de corps célestes potentiellement dangereux (il en a identifié 2 000 en une semaine d’activité) au sein du système solaire. Toutefois, les enjeux demeurent pour les objets arrivant dans la direction du Soleil, un angle mort même pour le Vera Rubin, découverts à la fin de leur trajectoire. Dans ces cas-là, il serait probablement trop tard pour bénéficier d’un impact cinétique similaire à celui de la mission DART, qui utilisait une sonde de la taille d’un frigidaire. Pour l’heure, cependant, nous ne disposerions d’aucune option alternative.

Il est aussi notable que les deux scientifiques mentionnent des astéroïdes qualifiés de “tueurs de villes”, c’est-à-dire ceux dont le diamètre varie de 50 à 150 mètres, capables de raser une métropole instantanément. Parmi eux, on peut évoquer le bien connu 2024 YR4, qui a été considéré comme une forte menace il y a quelques jours. Heureusement, les observations de suivi ont annulé les chances d’impact avec la Terre, bien que la Lune pourrait être touchée en décembre 2032, avec des effets potentiels sur notre planète.

La NASA estime qu’à ce jour, environ 40 % des 25 000 astéroïdes de plus de 140 mètres orbitant près de la Terre, les Near-Earth Objects, ont été découverts. Il est possible qu’un de ces objets non identifiés se dirige un jour vers la Terre. Idéalement, les experts souhaiteraient avoir une sorte de sonde « DART II » dans l’espace, stationnée peut-être en orbite « stationnaire » au point de Lagrange 2, prête à partir pour frapper une menace potentielle. Cependant, cela nécessite des financements et des accords internationaux, ce qui est difficile à mettre en place sans un danger clair. En effet, les chances qu’un astéroïde “tueur de villes” entre en collision avec une ville précise sont très faibles ; par conséquent, pourquoi investir d’importantes sommes pour un risque aussi limité ?

Il convient également de mentionner un impact potentiel avec un géant, comme l’astéroïde ayant provoqué l’événement de Chicxulub il y a 66 millions d’années, à la fin du Cretacé, ayant entraîné l’extinction des dinosaures non aviaires et de 75 % des espèces de l’époque. On estime qu’il mesurait au moins 10 kilomètres et, selon une étude récente, il n’était même pas seul. Face à un colosse de cette taille, comme dans les films Don’t Look Up et Greenland, nous n’aurions réellement aucune chance ; le risque d’extinction massive serait palpable. Ce scénario reste peu probable, sachant que des objets de cette magnitude ne nous ont pas frappés depuis longtemps ; cependant, ce risque ne peut être totalement écarté. Être préparé à une telle éventualité n’est pas simple, mais souhaitable, encore plus face aux astéroïdes “tueurs de villes”, qui ont beaucoup plus de chances de nous toucher, bien qu’aucun impact de ce type ne soit prévu au cours du siècle à venir.