Hypothèses sur le « cœur artificiel » pour les enfants transplantés à Naples : l’expert explique quand il est utilisé

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Un cœur artificiel se profile comme une solution potentielle pour un jeune patient à Naples, dont l’état reste critique malgré les efforts des experts locaux. Les défis autour de la transplantation soulèvent des interrogations sur l’efficacité et la compatibilité de cette option innovante.

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Un cœur serait disponible pour un enfant de deux ans hospitalisé à l’Hôpital Monaldi de Naples, qui a reçu un cœur « brûlé », en très mauvais état, et se trouve actuellement dans des conditions graves mais stables. Pendant que des enquêtes sont menées pour établir les causes et responsabilités, aujourd’hui, le 18 février, le Team Heart, composé d’experts en pédiatrie, doit déterminer si le nouvel organe est compatible et si le transfert pourra être réalisé.

Plus tôt cette semaine, avant l’annonce de la disponibilité d’un nouveau cœur, l’Azienda Ospedaliera dei Colli avait indiqué que le groupe d’experts, réunissant les meilleurs spécialistes d’Italie, envisagerait « d’autres traitements thérapeutiques en complément du greffon ». Bien que le jeune patient, qui est sous assistance d’un dispositif d’oxygénation extracorporelle (ECMO) depuis plus de 50 jours, ait reçu un avis négatif de l’Hôpital Bambino Gesù sur sa capacité à subir une transplantation, le Monaldi a maintenu l’enfant dans la liste d’attente pour un nouveau cœur.

Bien que les communications officielles de l’hôpital napolitain ne l’indiquaient pas clairement, des discussions récentes évoquent la possibilité que parmi les « autres traitements thérapeutiques en compléments du greffon » figure l’option d’un « cœur artificiel », également connu sous le nom de « Berlin Heart », afin d’être implanté en attendant un cœur compatible. Seule l’équipe d’experts en charge de ce cas connaît les moyens d’évaluer les prochaines étapes. Netcost-security.fr a contacté le Dr Francesco Procaccio, consultant scientifique de la Fondazione Trapianti Onlus, pour expliquer ce qu’est le cœur artificiel et dans quelles situations cela est considéré.

Qu’est-ce qu’un « cœur artificiel » ?

Le cœur artificiel en discussion, également appelé Berlin Heart du nom de la ville de son développement, est un système innovant qui, en cas de besoin de transplantation, peut être utilisé uniquement comme « ponte », c’est-à-dire comme une solution temporaire en attendant un organe compatible.

Techniquement, qu’est-ce que c’est ?

Bien que communément appelé « cœur artificiel », il s’agit en réalité d’un dispositif VAD (Ventricular Assist Device), un système externe qui soutient temporairement la fonction ventriculaire.

Ce n’est donc pas un vrai cœur qui remplace le cœur naturel ?

Non, il n’existe pas encore d’organes de remplacement artificiels définitifs, sauf en phase expérimentale. Cela sert de pont, un « bridge », la plupart du temps vers une transplantation. Il permet de maintenir le patient en vie en attendant un organe compatible.

Comment fonctionne ce système ?

Le VAD imite l’action des deux ventricules : via quatre tubes raccordés au torse, le sang est évacué, compressé par le système, puis réinsufflé dans le corps, reproduisant ainsi la fonction de pompage du cœur. Comme l’ensemble fonctionne hors du corps, ce dispositif est plus tolérable que l’ECMO, cependant, le risque d’infection et donc de complications doit être évalué avec soin, en tenant compte des quatre tubes insérés.

Ce système est-il le même pour les enfants et les adultes ?

Non, il existe une version spécialement conçue pour les enfants, adaptée tant en taille qu’en poids.

Quelle est la durée possible de ce « pont » ?

Dans ses débuts, il était pensé que l’appareil pourrait être utilisé sur une très courte période. Cependant, dans la pratique clinique, on a constaté que dans certains cas, chez des adultes, lorsqu’un organe n’était pas immédiatement disponible, le VAD pouvait fonctionner pendant plusieurs jours, et parfois même plusieurs semaines. L’expérience chez les enfants est beaucoup moins étendue.

Est-ce disponible en Italie ?

Oui, tout à fait. En réalité, c’est une thérapie relativement courante, car elle permet de soutenir la fonction cardiaque pendant une période assez longue dans des situations variées, pas uniquement liées à la transplantation. Par exemple, dans des pathologies cardiaques aiguës ou après des interventions chirurgicales cardiaques, dans des situations de défaillance circulatoire grave, même celles ne nécessitant pas forcément de greffe.

Et en pédiatrie ?

Bien qu’elle soit davantage utilisée chez les adultes, son utilisation est également envisagée chez les enfants. Divers centres à Rome, Turin, Bologne, Padoue, Vérone et ailleurs ont eu l’opportunité, ou malheureusement le besoin, de recourir à cette technologie en pédiatrie.

Comment évaluer l’éligibilité d’un patient ?

Chaque cas clinique est unique et seuls les médecins responsables peuvent déterminer la meilleure option thérapeutique. En règle générale, les risques d’infections, d’hémorragies et de perfusion insuffisante doivent toujours être pris en compte, en fonction des éventuelles conditions d’immunodépression du patient.

Si le système immunitaire est compromis, l’implantation d’une technologie invasive comme le VAD pose des risques d’infection, qui sont cruciaux dans ces évaluations. Malheureusement, l’expérience nous montre que les patients critiques, malgré les techniques innovantes, ont peu de possibilités thérapeutiques face aux infections secondaires qui peuvent survenir après l’implantation de systèmes invasifs et dans le cadre d’un traitement intensif.

De plus, lorsque l’on considère l’option d’un cœur artificiel en attendant une transplantation, les médecins doivent évaluer, selon les conditions du patient, si une transplantation est réellement faisable et susceptible d’être thérapeutique. Si la réponse est non, l’utilisation d’un cœur artificiel serait alors superflue.

Quelles sont les différences avec l’ECMO ?

L’ECMO est un autre dispositif essentiel qui peut sauver des vies. Utilisé généralement lors d’un arrêt cardiaque, il compense la fonction circulatoire, et, en plus, il assure également la fonction respiratoire en oxygénant le sang. Son utilisation est temporaire, selon les complications, et elle ne peut pas être permanente. Les principaux risques incluent les infections et les problèmes de perfusion, pouvant mener à une défaillance multiorgane, y compris rénale, hépatique et pulmonaire, ainsi que des dommages cérébraux éventuels.

Ces deux technologies peuvent-elles remplacer le cœur sur le long terme ?

Non. Il est crucial de clarifier ce point : bien qu’utiles et novatrices, toutes les technologies que nous avons aujourd’hui offrent un support. Actuellement, la seule solution définitive pour une insuffisance cardiaque terminale reste la transplantation, mais sans dons, il n’y a pas d’organes disponibles.

Cela s’applique également à d’autres organes. Les avancées sur le développement d’organes artificiels suscitent un intérêt considérable, mais il est important de préciser qu’en l’absence de dons, nous n’avons pas, hélas, de solutions réellement efficaces pour la plupart des cas à long terme. La véritable stratégie gagnante que nous avons actuellement est de promouvoir le consentement aux dons, qui restent insuffisants malgré les progrès réalisés. C’est ce qui limite réellement les grandes possibilités thérapeutiques des transplantations.