Crises d’angoisse : une étude révèle un moyen efficace de les surmonter, simple et accessible

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Des chercheurs ont découvert qu’un exercice physique intense, bref et intermittent est plus efficace que certaines thérapies traditionnelles pour lutter contre des crises de panique. Cette approche pourrait intégrer les soins relatifs à l’anxiété et à la dépression, offrant une méthode naturelle et accessible pour les patients.

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Des chercheurs ont établi que l’exercice physique intense, court et intermittent se révèle plus efficace que la thérapie de relaxation pour lutter contre les crises de panique, l’une des manifestations les plus redoutées de l’anxiété. Les données d’une étude européenne, l’European Study on the Epidemiology of Mental Disorders (ESEMeD), montrent qu’environ 2 % de la population souffre d’agoraphobie, un état où ces attaques deviennent récurrentes et inopinées, entraînant une appréhension constante de la survenue de la prochaine crise. Les crises sont caractérisées par une peur intense et soudaine, souvent accompagnée d’une sensation d’absence d’air ou de mort imminente, avec des symptômes renforçant cette perception, tels que tremblements, palpitations, tachycardie, sensation d’étouffement, nausée, sudation, et d’autres.

Parmi les traitements conventionnels, une technique de thérapie cognitivo-comportementale (TCC) appelée “exposition interoceptive” est utilisée. Ici, les patients apprennent à gérer les sensations physiques désagréables des attaques. En effet, ils subissent en milieu contrôlé des symptômes de crise de manière progressive et encadrée, permettant ainsi au cerveau de désensibiliser ces sensations perçues comme menaçantes. Par exemple, certains exercices peuvent imiter les vertiges ou la tachycardie. Cette méthode est reconnue pour son efficacité, même contre l’agoraphobie. Les chercheurs ont maintenant démontré qu’une forme d’exposition interoceptive plus naturelle, comme l’activité physique intense et intermittente, est plus performante que les techniques en milieu contrôlé.

L’étude qui a mis en évidence l’efficacité de l’activité physique pour contrer l’agoraphobie a été réalisée par une équipe brésilienne d’intégration entre l’Institut de Psychiatrie et l’Institut de Mathématiques et Statistiques de l’Université de São Paulo (USP). Sous la direction du docteur Ricardo William Muotri, l’équipe a étudié environ 70 patients diagnostiqués avec ce trouble à travers un essai clinique prospectif, randomisé et en aveugle. Pour mesurer la sévérité du trouble, ils ont utilisé l’échelle d’agoraphobie et d’angoisse (PAS) qui repose sur des questionnaires et leur notation. Ils ont comparé les patients suivant un traitement d’exercice physique avec ceux recevant une thérapie de relaxation. Les participantes étaient en majorité femmes (38) et avaient un âge moyen de 33,3 ans; aucun médicament n’a été pris durant la période de 12 semaines. Le groupe d’intervention (exercice) a pratiqué des étirements, des marches et des sprints de 30 secondes alternés avec des périodes de récupération.

Les scores PAS, ainsi que l’anxiété et la dépression, ont diminué chez tous les participants, mais les améliorations les plus marquées ont été observées chez ceux ayant pratiqué une activité physique. La fréquence et la gravité des crises ont également diminué, mais de manière plus prononcée dans le groupe ayant effectué des exercices, avec des effets positifs se prolongeant jusqu’à 24 semaines. “Les professionnels de santé peuvent considérer l’exercice physique intense, bref et intermittent comme une stratégie d’exposition interoceptive naturelle et peu coûteuse. Il n’est pas nécessaire d’être dans un cadre clinique, rendant l’exposition aux symptômes d’une crise de panique plus proche du quotidien des patients. Cela pourrait également faciliter son intégration aux dispositifs de soin pour les troubles d’anxiété et de dépression,” a déclaré un communiqué du docteur Muotri.

Les chercheurs estiment alors que cette forme d’exposition interoceptive par l’exercice, perçue comme agréable par les participants, pourrait se montrer plus utile que les thérapies de relaxation pour lutter contre les crises de panique. Les résultats de l’étude « Brief intermittent intense exercise as interoceptive exposure for panic disorder: a randomized controlled clinical trial » sont parus dans la revue scientifique Frontiers in Psychiatry.