Une récente découverte en paléontologie révèle une nouvelle espèce de dinosaure en Chine, dont les caractéristiques uniques élargissent notre compréhension de ces créatures préhistoriques. Les fossiles bien préservés montrent des structures étonnantes, offrant des perspectives inédites sur leur biologie et leurs adaptations.

Représentation du « drago spinoso ». Crédit : FM
Des scientifiques ont décrit une nouvelle espèce de dinosaures découverte en Cina avec une particularité inédite chez ces animaux. Le fossile exceptionnellement bien conservé de Haolong dongi, appartenant à l’infraordre des Iguanodontes (Iguanodontia) et surnommé “drago spinoso”, présente des marques d’une armure constituée d’aculei en chératine, similaires à celles que l’on observe chez les istrices. Les chercheurs estiment que ces structures pointues ont joué un rôle majeur pour repousser les prédateurs, tout en envisageant des fonctions dans la thermorégulation et sensorielle (mécanoréception).
Cette découverte constitue une avancée significative en paléontologie, permettant d’approfondir les connaissances sur ce groupe fascinant de dinosaures herbivores, identifié depuis plusieurs siècles. Les iguanodontes, ayant émergé au Jurassique et évolué au Cretacé en diverses formes, ont colonisé presque toute la planète et ont donné lieu aux hadrosaures, les fameux “dinosaures à bec de canard” comme Parasaurolophus.

Fossile de Haolong dongi. Crédit : Thierry Hubin, Institut des sciences naturelles.
La description du fameux “drago spinoso” avec sa carapace d’aculei a été réalisée par une équipe internationale de recherche, conduite par des scientifiques du Musée géologique de l’Anhui (Chine) et de l’Institut des sciences naturelles de Bruxelles (Belgique), collaborant étroitement avec divers instituts. Parmi ceux-ci, la Faculté des sciences de la Terre de l’Université de Jilin, le Département de biologie et de chimie de l’Université Grenoble-Alpes, l’Université chinoise de Hong Kong, et d’autres. Parmi les co-auteurs de l’étude, un paleontologue a récemment décrit une nouvelle espèce d’hadrosaurien du Crétacé inférieur (Caricocecus bocagei) ainsi que des résultats sur des accouplements tumultueux dans ce groupe de dinosaures.

Les structures tégumentaires de Haolong dongi. Crédit :
Le fossile de cette nouvelle espèce d’iguanodon a été récupéré dans une formation géologique du Crétacé inférieur (125 millions d’années) dans le Nord-Est de la Chine; le nom scientifique Haolong dongi est un hommage à un professeur émérite, pionnier des études paléontologiques en Chine. Ce qui rend ce spécimen d’un jeune individu exceptionnel, c’est la qualité de la conservation, avec la peau “exquisément fossilisée”, comme mentionné dans le résumé de l’étude. Le tégument est si bien préservé que la structure mobile est encore visible, jusqu’au niveau du noyau. Les chercheurs ont observé de grandes écailles sur la queue et tubérulées au niveau du cou et du thorax, très différentes de celles d’autres iguanodontes. Fait surprenant, la présence d’aculei cutanés creux en chératine suggère “une origine évolutive distincte”, expliquent les experts, indiquant que morphologie et répartition “impliquent un rôle clé dans la défense contre les prédateurs, avec des fonctions secondaires potentielles en thermorégulation ou en mécano-réception.”

La structure microscopique des aculei du dinosaure. Crédit :
“Découvrir de la peau conservée au niveau mobile chez un dinosaure est remarquable. Cela nous offre un aperçu de la biologie de ces animaux à un niveau qu’on n’aurait jamais imaginé possible”, a déclaré un responsable de l’étude dans un communiqué. “Cette découverte montre que même des groupes bien connus comme les iguanodontes peuvent encore nous surprendre. La complexité de la peau des dinosaures est bien plus grande que ce que nous imaginions”, a ajouté un autre chercheur du musée géologique.
Contacté par Netcost-security.fr, un des co-auteurs a affirmé que Haolong dongi “bouscule nos idées sur l’apparence de ces dinosaures.” “Seule une espèce plus ancienne du Jurassique moyen, Kulindadromeus, présentait des structures tégumentaires similaires aux plumes, mais la découverte de ces épines change notre vision des iguanodontes auparavant considérés comme ayant uma peau lisse”, a-t-il ajouté, exprimant son enthousiasme pour de futures découvertes dans ce domaine concernant ces animaux fascinants du passé. Les détails de la recherche “Conservation au niveau mobile des épines cutanées d’un dinosaure iguanodontien du Crétacé inférieur” ont été publiés dans la revue scientifique Nature Ecology & Evolution.

Représentation du « drago spinoso ». Crédit : FM
