Alzheimer : une nouvelle cause de démence identifiée. Les scientifiques déclarent : « À reconnaître officiellement »

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Une récente étude révèle un lien crucial entre l’encéphalopathie traumatique chronique et le développement de démences, y compris la forme la plus répandue, la maladie d’Alzheimer. Les chercheurs appellent à reconnaître cette condition comme une cause officielle de démence, ce qui pourrait changer les approches de prévention et de diagnostic.

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Les chercheurs estiment que l’encéphalopathie traumatique chronique ou CTE devrait être reconnue formellement comme une cause de démence, dont la variante la plus courante est la maladie d’Alzheimer. Une étude récente, publiée dans la revue scientifique Alzheimer’s & Dementia, montre que les personnes atteintes de cette condition au stade avancé (III ou IV) courent un risque plus de 4 fois supérieur de développer une démence.

Mais qu’est-ce que la CTE ? Selon la Cleveland Clinic, elle est décrite comme “une maladie cérébrale dégénérative qui survient après des traumatismes crâniens répétés”. Souvent appelée “démence pugilistique”, elle touche particulièrement les boxeurs, mais peut également se développer chez les sportifs pratiquant des sports de contact, comme le football américain et le rugby. Une recherche récente, dirigée par des scientifiques du Centre pour l’immunologie cérébrale et la glie (BIG), a montré qu’un traumatisme crânien léger pouvait entraîner des dommages cérébraux graves liés à la démence, mais qu’une intervention rapide avec un drenage lymphatique des méninges pourrait prévenir ces effets. L’étude actuelle confirme que l’encéphalopathie traumatique chronique devrait être reconnue formellement comme un facteur déclenchant de la démence, en raison de la forte corrélation établit.

Un groupe de recherche américain, composé de scientifiques du Centre CTE de l’Université de Boston, a déterminé la nécessité de classer la CTE parmi les causes de démence, ou plus précisément d’ADRD (acronyme pour les démences liées à la maladie d’Alzheimer). Ils ont analysé les cerveaux de 614 donateurs ayant subi des coups à la tête, parmi lesquels 366 présentaient une CTE confirmée par autopsie et 248 n’avaient pas cette condition.

En corrélant ces données aux dossiers médicaux, aux sintômes rapportés par les proches et à d’autres résultats d’autopsie, l’équipe a observé que les individus atteints de CTE avancée – stades III et IV – avaient un risque plus de 4 fois supérieur de souffrir de démence par rapport à ceux ne présentant pas de CTE. Plus le degré de CTE détecté était élevé, plus les sintômes cognitifs étaient fréquemment observés durant la vie des donateurs. La démence se caractérise par des troubles tels que la perte de mémoire, des difficultés de langage, des problèmes d’orientation, des comportements problématiques et des variations d’humeur, autant de conditions qui peuvent nuire à l’autonomie.

Une déclaration du professeur Alosco dans un communiqué de presse précise : “Cet étude établit un lien solide entre CTE et démence, ainsi que des symptômes cognitifs, renforçant notre conviction que la CTE peut être une cause de démence”. Il ajoute que “reconnaître que des symptômes cognitifs et la démence résultent de la CTE permettrait une détection et un diagnostic précis de la condition durant la vie, un objectif nécessaire.” Le spécialiste souligne souvent que la CTE est perçue comme une maladie bénigne, alors que les données disponibles et l’expérience des patients suggèrent le contraire. Les chercheurs ont également constaté que la démence liée à la CTE est parfois confondue avec la maladie d’Alzheimer, qui est liée à l’accumulation de particules de bêta-amyloïde et de enchevêtrements de protéines tau dans le cerveau, sans que cette accumulation soit présente lors des autopsies de CTE, souvent attribuées à des causes “inconnues”.

Reconnaître la CTE comme une cause de démence pourrait s’avérer utile pour traiter rapidement les conséquences potentielles de la neurodégénérescence. Les études ont montré que les stades I et II de la CTE ne sont pas généralement associés à des symptômes cognitifs ou à de la démence, et qu’aucun problème de comportement ou d’humeur (que l’on trouve dans la maladie d’Alzheimer) n’a été observé. D’où l’importance de parler d’ADRD, un ensemble de démences associées à la maladie d’Alzheimer, comme par exemple la démence vasculaire. Les résultats de la recherche intitulée “CTE neuropathology alone is associated with dementia and cognitive symptoms” ont été publiés dans la revue scientifique Alzheimer’s & Dementia.