Un nouveau foyer du virus Nipah a été signalé en Inde, entraînant des inquiétudes face à un pathogène zoonotique potentiellement mortel. Les autorités de santé sont en alerte après la confirmation de plusieurs cas et la mise en quarantaine de près d’une centaine de personnes exposées.

Tout comme le SARS-CoV-2, le virus Nipah (NiV) est une zoonose qui se transmet des animaux à l’homme. Il est principalement transmis par les chauves-souris frugivores et les porcs. Bien que la transmission interhumaine soit possible, elle reste plus compliquée. Ce virus est particulièrement dangereux, car il peut entraîner des infections asymptomatiques ainsi que des manifestations sévères, y compris une encéphalite fatale. À ce jour, aucun vaccin ou traitement n’est disponible en cas d’infection, et le taux de mortalité varie entre 40 % et 75 %. En 2018, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a classé ce virus parmi les 10 pathogènes les plus dangereux en raison de son potentiel épidémique.
Récemment, une nouvelle épidémie a été signalée en Inde, dans l’État du Bengale occidental, où cinq cas positifs ont été confirmés, entraînant la mise en quarantaine d’une centaine de personnes. Selon outbreaknewstoday.com, le foyer a débuté dans un hôpital à Barasat: la personne considérée comme patient zéro est décédée, tandis que les quatre cas confirmés sont des professionnels de la santé.
Ce n’est pas la première fois que l’Inde fait face à des foyers de virus Nipah. Le virus a été identifié pour la première fois en 1999 lors d’une épidémie parmi les éleveurs de porcs en Malaisie. Aujourd’hui, le virus est considéré comme endémique en Asie du Sud. En 2001, il a été détecté au Bangladesh, où des foyers périodiques apparaissent. L’Inde orientale a également connu des incidents, mais ceux-ci n’ont jamais déclenché de vaste propagation. Entre 1999 et 2018, environ 700 cas d’infection ont été rapportés.
Un expert a expliqué les risques associés à un foyer de ce type.
Les épidémies de virus Nipah en Inde sont-elles rares ? Faut-il considérer cet incident comme exceptionnel ?
Non, ce n’est pas vraiment le cas. Pratiquement chaque année, on observe des cas en Asie depuis la fin du siècle dernier. La première épidémie a été identifiée entre la Malaisie et Singapour, touchant principalement la Malaisie, avec plus de 250 cas. Depuis, le virus a continué à être détecté chaque année, surtout en Asie du Sud-Est, en Inde et au Bangladesh.
Pourquoi le virus est-il présent dans ces régions ?
Le réservoir naturel du virus est constitué de chauves-souris frugivores, qui sont présentes dans ces régions. Les porcs peuvent également jouer le rôle d’hôtes intermédiaires, transmettant l’infection à l’homme.
Comment l’homme peut-il contracter le virus ?
Une infection peut survenir par contact avec les déjections de ces chauves-souris, mais elle peut aussi résulter d’une exposition à des porcs contaminés. La transmission interhumaine, bien que moins efficace, est également possible. Le virus peut se transmettre d’une personne infectée à une personne saine à travers les fluides organiques, ce qui nécessite un contact rapproché. Cela rend la transmission interhumaine envisageable dans des contextes tels que les foyers ou les hôpitaux.
Le taux de létalité atteint jusqu’à 75 % des cas…
Oui, le virus présente un taux de létalité élevé car il peut provoquer des encéphalites graves. De plus, il est probable que des cas moins sévères échappent à l’identification dans certaines régions, ce qui explique que seuls les cas graves soient rapportés, augmentant ainsi le taux de létalité.
Peut-on parler de risque épidémique ?
Non, pour le moment, il ne s’agit que de petits foyers dans des zones où le virus est endémique en raison de la présence de ces animaux.
Pourquoi, bien que la transmission interhumaine soit peu efficace, l’OMS a-t-elle classé le virus parmi les maladies prioritaires pour le développement d’un vaccin ?
Actuellement, le virus ne présente pas un potentiel pandémique fort, sauf s’il subit de nouvelles mutations rendant la transmission entre personnes plus facile, mais il n’est pas certain que cela se produise.
Le virus a-t-il changé depuis sa découverte ?
Depuis 1999, le virus se comporte de manière relativement constante. L’OMS l’a inscrit sur cette liste pour signaler des familles de virus qui pourraient potentiellement avoir un caractère pandémique. Bien qu’un risque pandémique ne puisse être totalement exclu, cela reste une éventualité. Pour qu’il se concrétise, plusieurs mutations seraient nécessaires, mais dans la situation actuelle, l’alerte est plus locale que globale.
