Jusqu’aux racines invisibles de la tumeur, Bello : « Avec notre technique, nous préservons le cerveau sain »

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Une technique innovante en neurochirurgie oncologique offre des résultats prometteurs pour le traitement des gliomes de bas grade, avec un taux de survie impressionnant. Cette approche personnalisée permet d’éliminer non seulement la partie visible de la tumeur, mais aussi celle infiltrée, garantissant ainsi une meilleure qualité de vie pour les patients.

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Lorsque l’on évoque les tumours, l’élimination est souvent perçue comme l’objectif central pour soigner le patient. Bien que cela soit vrai, il est également essentiel d’assurer une bonne qualité de vie après la maladie. Dans le domaine de la neurochirurgie oncologique, réduire les risques de lésions cérébrales qui pourraient affecter les fonctions cognitives, telles que le mouvement, la pensée ou le langage, s’avère crucial.

La resezione chirurgica supratotale est une technique novatrice développée par des chercheurs de l’Université Statale de Milan pour traiter les gliomes de bas grade IDH-mutés, des tumeurs cérébrales rares touchant principalement les jeunes. Les résultats sont prometteurs : après 92 mois, 94 % des patients traités sont exempts de maladie, avec au-dessus de 5 % connaissant une récidive.

Quels sont les types de tumeurs susceptibles de bénéficier de cette nouvelle technique ?

La resezione chirurgicale supratotale a été principalement testée sur des patients atteints de gliomes IDH-mutés, une forme de cancer qui touche en majeure partie les individus âgés de 20 à 40 ans. Ce type de tumeur a une croissance lente, modifiant progressivement les structures cérébrales durant ses étapes initiales.

Comment fonctionne cette technique ?

Des études ont montré que les cellules tumorales, en infiltrant le cerveau, communiquent avec les neurones et les réseaux neuronaux, entraînant leur désactivation progressive. Une caractéristique marquante de ces tumeurs est l’existence d’une partie visible en IRM et d’une partie cachée, cette infiltration dans le cerveau sain étant analogique aux racines d’une plante, invisibles sous terre.

Si la partie est invisible, comment le chirurgien peut-il l’éliminer ?

C’est ce qui distingue cette approche des techniques traditionnelles. La resezione supratotale adopte un procédé personnalisable qui, par le biais des techniques de neurochirurgie oncologique fonctionnelle, parvient à identifier la frontière entre les zones infiltrées et les tissus cérébraux sains. Cela permet de retirer non seulement la portion visible de la tumeur, mais aussi, lorsque cela est possible, l’infiltration invisible.

Quels sont les avantages par rapport à la chirurgie classique ?

Le retrait de la portion invisible de la tumeur vise deux objectifs : d’une part, il prolonge le contrôle de la maladie et, d’autre part, préserve au maximum les fonctions cognitives du patient pour lui offrir une meilleure qualité de vie. Chaque cerveau est unique, façonné par divers facteurs, et cette singularité doit être respectée pour assurer un bien-être optimal.

Que révèlent les données sur l’espérance de vie ?

Les études réalisées jusqu’à présent indiquent des résultats significatifs dans les deux domaines. Les données montrent que les techniques traditionnelles, basées sur la résection de la seule partie visible de la tumeur, permettent un contrôle de la maladie entre 5 et 7 ans. Cela indique qu’au sein de 90 % des cas, une récidive se produit dans ce délai. Avec la resezione supratotale, le risque de récidive chute à 4-5 % sur 15 ans, sans nécessiter souvent de thérapies complémentaires après l’opération.

Aucune thérapie post-opératoire ?

En cas de profil moléculaire favorable, les contrôles habituels des patients se réduisent à des IRM biannuelles, modifiant ainsi la perception de la maladie et la qualité de vie.

Cette technique est-elle encore en phase expérimentale ?

Notre groupe a travaillé sur ces techniques pendant plus de 15 ans. C’est un processus en constante évolution, visant non seulement à préserver les capacités de mouvement, d’écriture ou de langage, mais aussi des fonctions cognitives supérieures, comme la compréhension d’autrui et les relations affectives. La technique est désormais reconnue comme gold-standard dans une récente étude internationale publiée dans Lancet Oncology.

Peut-elle aussi être appliquée à d’autres types de tumeurs ?

Actuellement, la resezione supratotale est considérée comme l’option optimale, applicable non seulement aux gliomes IDH-mutés, mais aussi à d’autres néoplasies cérébrales. Pour des tumeurs plus agressives comme le glioblastome, les données montrent qu’avec une résection classique, la probabilité de survie à trois ans est de 25 %, alors qu’avec la resezione supratotale, elle atteint 45-50 %. Pour les gliomes IDH-mutés, la faisabilité dépasse 45 %, contre 20 % pour ceux de type sauvage.

Combien de patients ont déjà bénéficié de cette technique ?

Les premières études portaient sur environ 180 patients, puis 250, et aujourd’hui, plus de 400 patients ont été opérés grâce à des procédures de resezione supratotale.

Quel est l’état d’avancement de vos études ?

En décembre, nous avons publié une étude dans Nature Communications, où nous avons pour la première fois décrit les circuits cérébraux associés à l’attention visuospatiale. Nous avons aussi détaillé comment les préserver pendant l’intervention pour protéger cette fonction cognitive essentielle.

L'équipe de chercheurs

L’équipe de chercheurs