Une découverte alarmante a été faite dans les égouts de Londres, où un amas de 100 tonnes de graisse et de déchets obstrue le réseau. Cet incident met en lumière un problème croissant, avec des coûts de nettoyage exorbitants et des conséquences environnementales significatives.

Le fatberg de 100 tonnes trouvé dans le quartier Whitechapel à Londres. Crédit : Thames Water
Dans les égouts de Whitechapel, un quartier de l’est de Londres situé dans le borough de Tower Hamlets, un bloc massif de graisse, d’huiles et d’autres déchets a été découvert. Pesant 100 tonnes et mesurant environ 100 mètres, cet amas a obstrué le réseau d’égouts et nécessite une intervention d’urgence de Thames Water, la principale société britannique en charge de la gestion de l’eau potable et des eaux usées au Royaume-Unis. Ces obstructions sont communément appelées fatberg, un jeu de mots inspiré du terme iceberg (fat indique graisse).
Les fatbergs posent un problème majeur en raison des dégâts qu’ils causent (infrastructures et environnement) et des énormes coûts associés à leur élimination, qui s’élèvent à des dizaines de millions de livres sterling chaque année. De manière intéressante, la société a décrit cet amas de 100 tonnes comme le « petit-fils » du bloc notoire de 2017, également découvert dans les égouts de Whitechapel. À l’époque, l’amas mesurait plus de 250 mètres de long et pesait 130 tonnes. Un morceau de ce fatberg a même été exposé dans un musée londonien.
Mais que sont réellement les fatbergs ? Comme l’explique la société britannique, il s’agit de masses de graisses, d’huiles, de lubrifiants, de serviettes et d’autres déchets non biodégradables qui se retrouvent dans les égouts, se solidifient et se compactent comme du béton, formant ces amas. La responsabilité incombe clairement à ceux qui jettent de l’huile de cuisine, des crèmes, des sauces et d’autres produits gras dans l’évier et les toilettes. Ces composés tendent à former des grumes collantes et à se solidifier rapidement dans les canalisations, surtout à basses températures. Il n’est donc pas surprenant que la majorité des fatbergs volumineux soit détectée dans les égouts londoniens entre décembre et janvier. Cela est dû non seulement au froid, mais aussi aux fêtes de fin et de début d’année, période pendant laquelle les repas riches en graisses et en huiles, ingrédients principaux des fatbergs, se multiplient.
Thames Water a indiqué qu’elle dépense 2,1 millions de livres sterling rien que pour ce trimestre afin d’éliminer ces amas (ces déchets ne peuvent être éliminés que par des opérations longues et coûteuses, ce qui pèse sur les clients). « Les graisses, huiles et lubrifiants provoquent chaque année plus de 20 000 obstructions dans le réseau d’égouts de Thames Water, représentant 28 % de toutes les obstructions », a précisé la société.

Un morceau du fatberg. Crédit : Thames Water
Considérant les dommages et coûts engendrés par les fatbergs, les experts recommandent de nettoyer les assiettes avant de les laver pour éviter que les produits incriminés ne finissent dans les égouts. Les déchets alimentaires doivent être éliminés et mis dans le bac de compost, tandis que les graisses et les huiles doivent être éliminées conformément aux normes (en les recueillant dans une bouteille ou un autre récipient hermétique et en les apportant aux points de collecte). Il est également important d’avoir des filtres qui empêche les déchets alimentaires de passer dans les égouts et il ne faut jamais jeter de serviettes, de lingettes ou de cotons-tiges dans les drains. Il est également conseillé de ne pas utiliser de javel ou d’eau bouillante, car cela ne fait que déplacer le problème plus profondément dans les tuyaux sans le résoudre.
« Selon un récent sondage – explique Thames Water – plus de 40 % des personnes ont versé dans l’évier des sauces à base de viande, 39 % de sauce gravy (qui est également à base de viande), 18 % de graisses animales, y compris du saindoux, 28 % de crème, 21 % de crème pâtissière et 10,5 % d’hummus : toutes des substances grasses et huileuses qui peuvent s’accumuler dans les tuyaux et les obstruer. » La société précise que les fatbergs peuvent endommager les systèmes de drainage, mais aussi provoquer des inondations dans les maisons et jardins avec les eaux usées et causer des dégâts environnementaux importants, par exemple à travers la pollution des rivières et des zones protégées.
Les fatbergs ne sont pas seulement un problème londonien, mais touchent tous les réseaux d’égouts, y compris ceux d’Italie. Cependant, les conséquences y sont moins marquées simplement en raison des températures moyennes plus élevées que dans le Royaume-Unis ; cela évite au moins la formation de ces affreux amas géants présents dans les égouts britanniques.
