Une étude récente révèle qu’effectuer au moins 4 000 pas quelques jours par semaine peut réduire le risque de maladies cardiaques, contredisant l’idée reçue des 10 000 pas quotidiens. La recherche met en avant l’importance du volume global d’activité plutôt que la régularité quotidienne.

Marcher quelques jours par semaine peut contribuer à la santé cardiaque : selon l’étude, ce qui compte surtout est le volume total de pas, plutôt que la régularité quotidienne / Photo :
Atteindre un seuil de pas chaque jour n’est pas nécessairement déterminant pour la santé cardiaque. Ce n’est pas forcément le cas pour l’objectif commun des 10 000 pas, largement répandu dans la culture du bien-être sans tenir compte des différences individuelles. Après 60 ans, faire au moins 4 000 pas deux jours par semaine est lié à un risque réduit de maladies cardiovasculaires comparé à ceux qui ne franchissent jamais ce seuil.
Cette conclusion émane d’une recherche menée par des chercheurs de l’Université de Harvard et du Massachusetts General Brigham, qui ont examiné le lien entre activité physique et santé cardiovasculaire chez plus de 13 500 femmes suivies au fil du temps dans l’étude de santé des femmes (WHS). Les résultats, publiés dans le British Journal of Sports Medicine, indiquent que ce qui compte le plus est le volume total de pas, et non le nombre de jours où un certain seuil est atteint.
“Il n’existe pas un modèle unique approprié pour bouger : ce qui est essentiel est la quantité totale d’activité réalisée sur une période”, explique une épidémiologiste de Harvard T.H. Chan School of Public Health et principale auteur de l’étude.
Les chercheurs suggèrent qu’atteindre au moins 4 000 pas un ou deux jours par semaine réduit le risque de maladies cardiaques par rapport à ceux qui ne franchissent pas ce seuil, avec des bénéfices supplémentaires avec un volume de pas accru dans la semaine. Cette étude implique qu’une activité non quotidienne, si elle est suffisante au total sur la semaine, peut être bénéfique pour le cœur.
La validité de cette approche est corroborée par des directives internationales sur l’activité physique, qui ne spécifient pas un nombre fixe de pas, mais plutôt le temps d’activité hebdomadaire. Par exemple, l’Organisation mondiale de la santé recommande aux adultes de faire au moins 150 minutes d’activité d’intensité modérée, ou 75 minutes d’activité intense par semaine, soulignant que “toute activité vaut mieux que rien”, et que des augmentations progressives d’activité sont bénéfiques pour la santé.
Seuls 4 000 pas deux fois par semaine pour préserver le cœur : les résultats de l’étude
L’étude repose sur une analyse prospective à long terme, visant à évaluer comment différents niveaux d’activité physique sont associés à la santé cardiovasculaire au fil du temps. Les participantes portaient des accéléromètres pour mesurer avec précision le nombre de pas effectués en une semaine, tandis que les événements cardiaques et autres problèmes de santé étaient surveillés durant une période de dix ans.
Les données montrent que faire au moins 4 000 pas un ou deux jours par semaine est lié à un risque accru réduit de maladies cardiovasculaires en comparaison avec ceux qui ne franchissent jamais cette limite. En particulier, le risque était inférieur de 27 % pour ceux atteignant 4 000 pas au moins une ou deux fois par semaine.
Des bénéfices supplémentaires ont été observés chez les participantes atteignant ce seuil sur trois jours ou plus, tandis que pour des comptages de pas plus élevés, l’effet tendait à se stabiliser. “Avec l’augmentation des pas, les bénéfices augmentent jusqu’à un certain point, au-delà duquel la réduction du risque ne s’accroît plus”, précisent les auteurs, notant que passé un certain seuil, l’impact additionnel devient moins probant.
Un autre aspect central de l’étude est que la répartition des pas au cours de la semaine ne semble pas être cruciale. Les femmes qui atteignaient un volume total similaire de pas, que ce soit avec une activité régulière ou en se concentrant sur quelques jours, avaient des bénéfices comparables pour la santé cardiovasculaire.
Implications des résultats et influence sur les lignes directrices futures
Les auteurs estiment que ces résultats peuvent aider à repenser les recommandations en matière d’activité physique, en particulier pour les personnes âgées. L’accent sur des objectifs rigides et quotidiens, tels que les 10 000 pas, pourrait rebuter ceux partant de niveaux d’activité très faibles.
“J’espère que nos résultats favoriseront l’intégration de paramètres basés sur le comptage des pas dans les futures recommandations d’activité physique”, déclare un professeur associé à Brigham and Women’s Hospital et auteur principal de l’étude. “Si nous pouvions promouvoir au moins 4 000 pas une ou deux fois par semaine, nous pourrions obtenir des bénéfices significatifs à grande échelle.”
Les recommandations actuelles de l’Organisation mondiale de la santé ne fixent pas d’objectifs en matière de pas quotidiens, mais établissent des niveaux d’activité physique minimale hebdomadaire, laissant une large marge de manœuvre pour les méthodes d’atteinte de ces objectifs. Dans ce contexte, les résultats de l’étude contribuent à rendre ces objectifs plus concrets et mesurables, indiquant que même des volumes d’activité relativement faibles peuvent avoir un impact important sur la santé cardiovasculaire.
“Notre objectif est de fournir des recommandations que les personnes peuvent réellement suivre”, conclut le chercheur. “Même de petits accroissements d’activité physique, s’ils sont durables, peuvent significativement contribuer à la santé cardiaque.”
