L’éruption de Pompéi : une nouvelle analyse des victimes révèle une date inattendue, « Ils portaient des vêtements en laine épaisse »

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Une étude récente remet en question la date de l’éruption du Vésuve qui a enseveli Pompéi. En analysant des restes de victimes, des chercheurs suggèrent que l’événement pourrait avoir eu lieu à l’automne plutôt qu’en août, comme historiquement admis. Les découvertes intrigantes alimentent le débat autour de cette catastrophe.

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L’éruption tragique du Vésuve qui a détruit Pompéi et d’autres villes voisines s’est produite le 24 août de l’année 79 après Jésus-Christ, selon les manuscrits de Pliny le Jeune. Cependant, cette date a été largement contestée par les historiens, en raison de possibles erreurs de transcription par des scribes médiévaux – les textes originaux ne subsistent pas – et certains éléments suggèrent que l’éruption pourrait s’être produite à l’automne. Par exemple, une étude sur les empreintes de quatorze victimes a révélé que ces personnes portaient des vêtements en laine épaisse au moment de leur mort, que ce soit à l’intérieur ou à l’extérieur de leur domicile. Bien que la laine ait été le matériau le plus prisé à l’époque pour les habits, il semble peu probable que des tissus aussi épais soient compatibles avec la chaleur estivale de la région napolitaine. D’autres indices, tels que des fruits d’automne (marrons), du vin en fermentation, et des braises allumées dans les foyers de l’époque, laissent penser que les températures n’étaient pas estivales. Toutefois, aucune preuve concluante n’existe, et il est important de noter que la nouvelle recherche n’a pas encore été validée par des pairs.

Pour mieux comprendre la question de la date de l’éruption ayant détruit Pompéi, Herculanum et d’autres sites environnants, il convient de se concentrer sur l’élément historique considéré comme le plus fiable, à savoir les manuscrits de Pliny le Jeune, notamment ses lettres adressées au politicien Tacite, écrites de nombreuses années après l’événement. Pliny, âgé de 17 ans à l’époque de l’éruption, était chez son oncle à Misène (de l’autre côté du golfe de Naples), d’où il a été témoin du cataclysme (son oncle est mort après avoir atteint Pompéi pour porter secours). Dans les transcriptions médiévales, il est noté « nonum kalendas Septembres », indiquant selon le calendrier romain le 24 août 79 après J.-C. (neuf jours avant les Calendes de septembre). Comme indiqué sur le portail pompeiisites.org, la différence entre les lettres « n » et « v » n’est pas toujours claire dans les transcriptions, ce qui a conduit à des malentendus historiques sur les dates, faisant également émerger le 1er novembre ou le 24 octobre comme datations possibles. Cependant, ces hypothèses seraient infondées et reposeraient sur de fausses interprétations des textes de Pliny le Jeune (ou du moins de leurs transcriptions).

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Au-delà des documents historiques, même si la date précise demeure insaisissable, la saison de l’éruption peut être déterminée par des éléments trouvés lors des excavations archéologiques. Parmi les plus significatifs, on trouve un graffito au charbon de bois mentionnant la date du 17 octobre; certains experts estiment que ce gribouillis n’aurait pu être rédigé qu’une semaine après l’éruption (24 octobre dans ce cas), car il se serait estompé et n’aurait pas été retrouvé. Néanmoins, il s’agit également d’une hypothèse non reconnue par la majorité de la communauté scientifique. Plus intrigante est la présence d’indices ambigus tels que des marrons, du vin fermenté et des chauffages allumés, qui pourraient indiquer une période plus avancée dans l’année, comme suggéré par l’équipe de recherche ÁTROPOS sur la culture de la mort de l’Université de Valence (UV). Les scientifiques, sous la direction de l’archéologue et anthropologue Prof. Llorenç Alapont, enseignant d’histoire ancienne à l’université espagnole, ont analysé 14 empreintes de victimes de l’éruption et ont fait une découverte fascinante sur les vêtements portés. En d’autres termes, ils ont constaté que les personnes portaient des tuniques et des capes en laine épaisse, dans lesquelles la trame des fils était robuste. En effet, ces vêtements étaient destinés à garder au chaud. En porter deux, que ce soit à l’intérieur ou à l’extérieur des habitations, semble étrange en août.

« Grâce à l’étude des empreintes, nous pouvons découvrir comment s’habillaient les personnes à un moment précis de l’histoire. Nous pouvons aussi déterminer le type de tissu qu’ils portaient et la trame des fils, qui, dans ce cas, est épaisse. La plupart des victimes portaient deux pièces : une tunique et une cape, toutes deux en laine », a déclaré le professeur Alapont dans un communiqué. On ne peut pas exclure que ces vêtements, courants à l’époque romaine, aient été utilisés pour se protéger des éléments émis par le Vésuve avant l’éruption. « Nous ne savons pas si ce vêtement spécifique était destiné à les protéger des gaz ou de la chaleur ambiante causée par l’éruption volcanique », a ajouté l’expert. Les chercheurs espagnols, avec leur nouvelle étude, ne cherchent pas à contredire la date « officielle » du 24 août, mais les éléments recueillis, accompagnés d’autres indices automnaux, suggèrent que cette date pourrait ne pas être correcte.