Avi Loeb suggère un essaim d’objets autour de 3I/ATLAS : « L’éclat en goutte est cohérent »

3I/ATLAS observé depuis Rome. Crédit : Fabrizio Montanucci

Les nouvelles observations de l’objet interstellaire 3I/ATLAS révèlent un éclat inhabituel en forme de goutte qui intrigue les scientifiques. Selon certaines hypothèses, ce phénomène pourrait être attribué à une comète, mais d’autres théories suggèrent qu’il pourrait s’agir d’un essaim d’objets plus mystérieux, soulevant des questions fascinantes sur la nature de ce visiteur cosmique.

3I/ATLAS observé depuis Rome. Crédit : Fabrizio Montanucci

3I/ATLAS observé depuis Rome. Crédit : Fabrizio Montanucci

Les dernières images de l’objet interstellaire 3I/ATLAS présentent un éclat particulier en forme de goutte autour du noyau, ressemblant à une gigantesque larme spatiale. La partie étroite de cette goutte constitue une intrigante anti-coda pointant directement vers le Soleil. Bien que la plupart des scientifiques considèrent ces structures – chevelure et anti-coda – comme des caractéristiques communes d’une comète extraterrestre, l’astronome Avi Loeb propose une interprétation alternative. Selon lui, l’anti-coda pourrait correspondre à un grand essaim d’objets dont la nature reste incertaine.

Les objets entourant 3I/ATLAS pourraient être des fragments naturels issus de la sublimation de la glace lors du degazage à son passage au périhélie, la distance minimale au Soleil atteinte le 29 octobre dernier, ou bien des sondes diffusées par une immense astronave voyageant à travers le Système solaire. Loeb soutient depuis quelque temps que 3I/ATLAS pourrait être un objet artificiel avec une trajectoire singulière et diverses anomalies ; celles-ci auraient facilité le lâcher de sondes pour explorer les planètes de notre système. Selon lui, l’anti-coda (s’étendant sur environ une minute d’arc vers le Soleil) et le motif en goutte seraient également explicables par l’hypothèse technologique.

3I/ATLAS observé depuis Rome. Crédit : Fabrizio Montanucci

3I/ATLAS observé depuis Rome. Crédit : Fabrizio Montanucci

Avi Loeb a exposé ses réflexions dans un article détaillé publié sur Medium, mentionnant divers paramètres physiques tels que la vitesse non gravitationnelle, la magnitude (la luminosité apparente d’un corps céleste), la distance au Soleil, etc. “La vitesse non gravitationnelle est inversement proportionnelle au carré de la distance héliocentrique (distance entre l’objet et le Soleil), de la même manière que la gravitation du Soleil. Cela implique que le rapport entre ces deux vitesses reste constant tout au long de l’orbite de 3I/ATLAS”, a précisé le scientifique, se référant aux données du JPL Horizons de la NASA, un système de calcul des éphémérides développé par le groupe de dynamique du Système solaire du Jet Propulsion Laboratory (JPL). Les éphémérides, en termes simples, sont des tableaux de données astronomiques permettant de déterminer la position des corps célestes (des planètes aux satellites, en passant par astéroïdes, comètes et autres objets) à un moment donné.

Le premier point abordé par Loeb concerne que la composante dominante de la vitesse non gravitationnelle de l’objet “est dirigée radialement, opposée au Soleil”, comme si 3I/ATLAS “accélérait en raison d’une masse solaire légèrement réduite”. En effet, la poussée supplémentaire du dégazage – ou des moteurs supposés par l’expert – diminue avec le carré de la distance au Soleil, et le rapport entre cette vitesse non gravitationnelle et celle du Soleil demeure constant, permettant à 3I/ATLAS de s’éloigner de l’étoile comme si celle-ci avait une masse inférieure.

Le professeur Loeb présente ici la notion d’un essaim d’objets : “Si 3I/ATLAS est entouré par un essaim d’objets qui ne partagent pas sa vitesse non gravitationnelle, alors ces objets seront plus proches du Soleil que 3I/ATLAS, car ce dernier est poussé loin du Soleil par sa vitesse non gravitationnelle”. “À la distance actuelle de 270 millions de kilomètres entre 3I/ATLAS et le Soleil – poursuit l’astronome – cette séparation impliquerait que les objets sont environ 54 000 kilomètres plus près du Soleil que 3I/ATLAS, ce qui correspond à une distance angulaire de 0,7 minute d’arc dans le ciel. Cette séparation est comparable à la prolongation vers le Soleil de l’éclat en goutte autour de 3I/ATLAS.”

L’astrophysicien explique que l’essaim d’objets resterait structuré à l’intérieur de l’anti-coda dirigée vers le Soleil jusqu’à ce qu’une accélération non gravitationnelle soit causée par le réchauffement de l’étoile. Cet essaim disposerait d’une superficie bien plus importante que celle de 3I/ATLAS tout en ayant une masse considérablement inférieure, créant ainsi une chevelure semblable à celle observée sur les images du visiteur interstellaire.

Les informations fournies ne sont qu’un aperçu de la réflexion d’Avi Loeb, beaucoup plus technique dans l’explication de l’hypothèse de cet essaim d’objets en goutte autour de 3I/ATLAS, tant avant qu’après le passage au périhélie. “Si l’anti-coda est effectivement associée à un essaim d’objets non évaporants autour de 3I/ATLAS, la question captivante reste : quelle est la nature de ces objets ? S’agit-il de fragments rocheux ou d’autres matières ?”, a noté Avi Loeb dans son article, signalant l’hypothèse des sondes dont il parle depuis longtemps. À l’heure actuelle, comme l’a indiqué à Netcost-security.fr l’astrophysicien de l’Université La Sapienza de Rome, Paulo de Bernardis, les anomalies observées concernant 3I/ATLAS pourraient toutes être interprétées par des phénomènes naturels. La grande majorité de la communauté scientifique internationale s’accorde à dire qu’il s’agit d’une comète naturelle et qu’il n’existe pas de preuve soutenant l’hypothèse technologique.