Une gigantesque et inquiétante tache solaire observée sur le Soleil : si massive qu’un rover de la NASA l’a photographiée depuis Mars

L’énorme macchia sola AR 4294 ripresa dal rover Perseverance su Marte. Ora sta ruotando verso la Terra. Crédit : JPL/NASA/Spaceweather.com

Une gigantesque macchie solaire, AR 4294, se dirige vers la Terre, avec des implications potentielles pour notre atmosphère et des aurores boréales à l’horizon. Cette structure colossale a récemment émergé sur le soleil, captivant l’attention et laissant présager des événements fascinants à venir.

L’énorme macchia sola AR 4294 ripresa dal rover Perseverance su Marte. Ora sta ruotando verso la Terra. Crédit : JPL/NASA/Spaceweather.com

L’énorme macchia sola AR 4294 a été capturée par le rover Perseverance sur Mars. Elle est maintenant en rotation vers la Terre. Crédit : JPL/NASA/Spaceweather.com

Une immense macchia solare a fait son apparition sur le bord gauche du soleil, représentant une potentielle menace et une source possible d’aurores boréales dans les jours à venir, alors qu’elle se rapproche du centre du disque solaire et vise directement la Terre. Cette structure, nommée AR 4294, est des dizaines de fois plus grande que notre planète et est déjà très active. À 22h22 UTC (23h22 en France) le 28 novembre, elle a émis un puissant brillamento de classe M 6.0, comme le montrent les images prises par la sonde Solar Dynamics Observatory (SDO) de la NASA. Selon le physicien Tony Phillips, qui gère le site spécialisé Spaceweather.com, l’éruption solaire pourrait avoir été encore plus intense, pouvant même atteindre une classe X. Cette incertitude provient du fait que lorsque la macchia solaire a « explosé », elle était presque invisible côté soleil, ce qui a pu fausser les mesures.

Ce qui rend particulièrement notable la macchia solare AR 4294, c’est sa taille, si immense qu’elle a même été photographiée par le rover Perseverance de la NASA, qui explore le cratère Jezero sur Mars, un vaste cratère d’impact au cœur de l’Isidis Planitia qui abritait autrefois un grand lac et peut-être même une vie extraterrestre. Le robot analyse périodiquement le soleil dans le cadre de recherches sur le météo martien et les tempêtes de poussière, nuisibles pour les instruments. Pour ce faire, il utilise l’instrument Mastcam-Z, qui se compose d’une double caméra installée sur le « mât » principal du rover. Cet outil n’est pas spécifiquement conçu pour étudier la star, donc il produit des images de basse résolution. Le 25 novembre, comme indiqué par le Jet Propulsion Laboratory (JPL) de la NASA, il a réussi à capturer l’énorme macchia solare AR 4294. Les chercheurs savaient que cette grande et instable structure se déplacerait jusqu’à apparaître de l’autre côté, pour ensuite viser la Terre. Elle commence désormais à apparaître sur la face visible du disque solaire, avec des manifestations spectaculaires telles que le brillamento de classe M.

Les macchie solari, explique la NASA, sont des régions plus froides que les zones environnantes de la photosphère, la surface visible du soleil. Leur température est d’environ 4.000-4.500 °C, contre 5.500 °C dans les zones adjacentes. Elles sont plus froides – et apparaissent donc sombres à la lumière visible – à cause des turbulents champs magnétiques qui retiennent la chaleur des réactions nucléaires dans les couches sous-jacentes du soleil. Les lignes de champ peuvent se rompre et se reconnecter rapidement, libérant une énorme quantité d’énergie, équivalente à celle de 1 million de bombes atomiques à hydrogène explosant simultanément. Ces événements déclenchent des brillaments solaires qui peuvent aboutir à des tempêtes de radiations et géomagnétiques sur Terre, si les flux de particules, plasma et champs magnétiques sont dirigés vers notre planète. Récemment, des milliers d’avions Airbus de la famille A320 ont été immobilisés, leurs systèmes de contrôle de vol étant menacés par ces éruptions solaires (le 30 octobre 2025, un aéronef aurait piqué dangereusement du nez pour cette raison).

Les brillaments peuvent engendrer des expulsions de masse coronale (CME), responsables de tempêtes solaires potentiellement dévastatrices. La macchia solare AR 4294 est déjà très active et pourrait provoquer d’intenses brillaments de classe X dirigés vers la Terre; dans ce cas, l’aurore boreale pourrait réapparaître en Italie (comme cela s’est produit le 11 novembre) et, dans le pire des scénarios, causer des dommages étendus aux satellites, réseaux électriques et communications radio en cas de tempête solaire extrême (G5), similaire à l’illustre événement de Carrington de 1859.