« Il faut continuer à faire attention et ne pas penser que tout est fini« . Ainsi, le professeur Silvio Garattini, président et fondateur de l’Institut de recherche pharmacologique « Mario Negri » de Milan, met en garde contre Variante delta et donner des signaux « trop rassurant« De ces derniers jours. « Nous savons – dit à Netcost-security.fr – qui peut se propager rapidement, on l’a vu au Royaume-Uni, où ils voulaient tout libéraliser, mais en réalité ils sont encore très prudents« . Outre-Manche, l’ancienne variante indienne représente désormais 96% des cas, et l’augmentation exponentielle des infections a conduit le gouvernement de Boris Johnson à reporter la réouverture.
Faut-il aussi s’inquiéter en Italie ?
La variante Delta peut représenter une menace même si, heureusement, nous sommes dans une phase d’amélioration lente mais continue, il faudra donc voir comment cette variante, déjà présente dans certaines régions d’Italie, va se répandre. Il y a cette inconnue, mais savoir qu’elle circule dans des pays comme l’Angleterre et aussi au Portugal n’est pas exactement le meilleur scénario.
Est-il destiné à devenir dominant ?
Il a des caractéristiques de plus grande prise de greffe, avec un pourcentage de contagiosité plus élevé, il a donc tendance à avoir le dessus et à se propager plus facilement que la variante virale précédente.
Les vaccins nous protègent-ils de cette variante ?
D’après ce qui a été vu en Angleterre, ils nous protègent lorsque la vaccination est complète, c’est-à-dire après le rappel dans le cas des vaccins à deux doses. A tel point qu’en Angleterre ils accélèrent l’administration des rappels qu’ils avaient retardé pour essayer de couvrir le plus grand nombre de personnes avec au moins une dose, précisément parce que ce sont les deux doses qui protègent plus que l’injection unique.
Qu’en est-il d’un vaccin différent pour la deuxième dose? Quelle est l’efficacité du mélange hétérologue?
Les données disponibles sont de deux types : il existe des données de terrain, qui ont été obtenues en Allemagne et dans d’autres pays. Et puis il y a les données d’une étude qui a été menée en Espagne qui implique un total d’environ 600 personnes. Dans ces cas, on a vu sensiblement que le mélange confère une protection égale voire supérieure à celle des deux doses d’un même vaccin.

Que savons-nous plutôt de la sécurité du mélange ?
Les données disponibles portent encore sur un petit nombre de personnes, nous n’avons donc aucune idée de la présence éventuelle d’effets secondaires. Il se peut qu’elles soient absolument comparables à celles de deux doses du même vaccin, mais il faudra beaucoup de données pour savoir exactement quelle est la toxicité de ce mélange.
Faites-vous référence aux événements indésirables les plus rares?
Oui, sur la base de ces données, qui sont relativement peu nombreuses mais indicatives, on sait que l’efficacité est là, mais sur de grands nombres on ne connaît pas les effets toxiques possibles du mélange hétérologue.
Droit de laisser la liberté de choix?
Si la possibilité de choisir augmente les vaccinations, d’un point de vue pragmatique c’est utile, car le but est de vacciner tout le monde le plus tôt possible, pour diminuer la circulation virale. Il est également vrai que les gens sont très confus, et cela doit être pris en compte. Il y a eu beaucoup d’annonces différentes et peu d’explications, il faudrait que derrière chaque annonce il y ait aussi une communication adéquate à l’appui.
Il y a beaucoup de gens qui craignent le mélange et beaucoup d’autres qui ont peur de la deuxième dose d’Astrazeneca. Sont-ils des peurs non motivées ?
Ce sont des craintes en partie injustifiées, car les vaccins ont un facteur de risque très faible par rapport à beaucoup de choses que nous faisons tous les jours sans même y penser. Par exemple, circuler en voiture est beaucoup plus dangereux que la deuxième dose… Il y a des gens qui fument et qui s’inquiètent ensuite pour le vaccin.
Ces effets secondaires graves que l’on craint se produisent dans moins d’un cas pour cent mille doses, ce que nous ne voyons pour aucun autre médicament. Voulant faire une comparaison, il suffit de dire que l’aspirine, dans un cas sur mille, provoque des saignements gastro-intestinaux. Mais les gens ne prennent pas la peine de prendre de l’aspirine mais ont peur du vaccin parce qu’ils n’ont évidemment pas les informations adéquates.
Pour en revenir à la variante Delta, de combien devons-nous nous inquiéter ?
Je serais très prudent et éviterais de donner des signaux trop rassurants. Cette idée d’enlever le masque en extérieur est aussi géniale quand on est seul ou avec quelques personnes vaccinées. Mais les foules que nous avons vues ces derniers jours, de personnes sans masques, ne sont pas ce qui est bon pour nous protéger. Nous devons continuer à être prudents et ne pas penser que tout est fini. Bref, il faut être un peu plus prudent, car il est rapide à rechuter.
