Une récente étude met en lumière les dangers des aliments ultraprocessés, établissant un lien entre leur consommation élevée et un risque accru de polypes adénomateux, des lésions précancéreuses. Cette recherche souligne l’importance d’adopter des choix alimentaires plus sains pour prévenir les problèmes de santé intestinale.

Une étude récente sur les aliments ultraprocessés tels que les collations emballées, les sucreries, les viandes transformées, les boissons sucrées et les sodas révèle qu’une consommation élevée de ces produits est liée à un risque accru de développer des polypes adénomateux, considérés comme des lésions précancéreuses pouvant mener au cancer colorectal.
Cette recherche, parue dans la revue médicale Jama Oncology, repose sur les données de 29 105 infirmières de moins de 50 ans, participant à l’étude de santé des infirmières II et suivies pendant plus de 24 ans. Les participantes ayant une consommation élevée d’aliments ultraprocessés – environ 10 portions par jour, représentant environ 35 % de leur apport calorique – ont montré une augmentation de 45 % du risque de développer des polypes adénomateux comparé à celles qui en consommaient environ trois par jour.
“Nos résultats soulignent l’importance de réduire la consommation d’aliments ultraprocessés pour atténuer l’augmentation des cas de cancer colorectal à apparition précoce,” a affirmé l’auteur principal de l’étude. Le risque semble linéaire : plus on consomme d’aliments ultraprocessés, plus le risque de polypes précancéreux dans l’intestin augmente.
Une relation similaire a été observée dans une autre étude majeure publiée dans l’American Journal of Preventive Medicine, estimant l’impact de ces aliments sur la santé des consommateurs. Cette nouvelle analyse a pris en compte divers facteurs de risque connus – comme l’indice de masse corporelle, le diabète de type 2, la faible consommation de fibres, de calcium, de vitamine D et le score diététique global – et même après ces ajustements, l’association est restée significative.
Les aliments ultraprocessés sous le feu des critiques : résultats de l’étude et recommandations internationales
Le travail publié dans JAMA Oncology a révélé une association robuste entre un haut niveau de consommation d’aliments ultraprocessés et une augmentation du risque de polypes adénomateux, considérés comme des précurseurs potentiels du cancer colorectal, avec un effet dose-réponse : ceux consommant plus d’aliments ultraprocessés avaient un risque supérieur de 45 % par rapport à ceux en consommaient moins.
À l’échelle mondiale, l’intérêt des autorités sanitaires grandit : l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a initié un processus visant à développer des directives spécifiques concernant la consommation d’aliments ultraprocessés, précisant que les preuves relient ces produits à de nombreux dommages pour la santé et qu’il faut des recommandations fondées sur des données probantes pour les politiques publiques.
En France, un rapport récent de l’Institut National de la Santé publique a signalé une hausse de la consommation d’aliments ultraprocessés – atteignant près de 23 % des apports énergétiques totaux – indiquant la nécessité d’initiatives ciblées pour protéger la qualité de l’alimentation nationale. Ces données illustrent que le schéma de consommation en France reflète celui observé dans la nouvelle étude, avec une consommation d’aliments ultraprocessés de plus en plus importante.
Les auteurs de la recherche notent que, bien qu’ils aient contrôlé plusieurs facteurs confondants (IMC, diabète, apport en fibres, calcium, vitamine D, score diététique), l’association entre la consommation d’aliments ultraprocessés et l’augmentation du risque de lésions précancéreuses est demeurée significative. Toutefois, d’autres études sont nécessaires pour clarifier si le risque est dû à l’ajout d’ingrédients, y compris des arômes, des sucres, des graisses saturées, du sel, ou à des effets sur le microbiote et l’inflammation.
“La diète n’explique pas complètement pourquoi nous assistons à cette tendance : dans notre clinique, nous voyons de nombreux patients atteints de cancer colorectal à apparition précoce qui adoptent un régime alimentaire très sain,” a ajouté l’auteur, qui a conduit cette recherche dans le cadre de l’équipe PROSPECT des Cancer Grand Challenges. Identifier d’autres facteurs de risque pour le cancer colorectal à apparition précoce est l’un des principaux objectifs de notre travail ici à l’Institut du cancer Mass General Brigham.
