Le déclin cognitif touche de plus en plus de personnes, avec des prévisions alarmantes pour l’avenir. Plusieurs études mettent en lumière les facteurs pouvant contribuer à sa prévention, tout en soulignant l’importance de la « réserve cognitive » et des habitudes bénéfiques pour préserver notre cerveau au fil du temps.

Avec le vieillissement progressif d’une grande partie de la population mondiale, de plus en plus de personnes, y compris les personnes âgées, doivent faire face aux conséquences du déclin cognitif. Rien qu’en France, environ 1,5 million de personnes sont touchées par la démence, un nombre qui, selon les experts, est amené à augmenter au niveau mondial dans les années à venir. D’ici 2050, on estime qu’il y aura plus de 150 millions de cas de démence dans le monde, soit près de trois fois plus qu’actuellement.
Face à cet impact croissant des problèmes liés au déclin cognitif, comme les troubles de la mémoire, les difficultés de concentration et, dans les cas les plus graves, les troubles du langage, plusieurs études ont tenté d’identifier les facteurs qui en sont responsables, dans le but de les prévenir ou au moins de les retarder. Dans cet article scientifique publié sur The Conversation, un expert en neurosciences cognitives a expliqué les facteurs connus pouvant influencer, au moins en partie, la capacité de notre cerveau à nous protéger des effets du temps.
Qu’est-ce que la réserve cognitive
Les recherches menées jusqu’à présent sur les causes du déclin cognitif ont conduit à l’élaboration d’un concept central dans le domaine des neurosciences, celui de la « réserve cognitive », qui décrit « la capacité du cerveau – selon l’expert – à résister aux effets du vieillissement ou des maladies neurodégénératives sans subir un déclin fonctionnel significatif ». Selon les chercheurs, cette réserve peut être préservée au fil du temps grâce à une série de bonnes habitudes.
Les chercheurs ne considèrent pas la réserve cognitive comme un élément immuable, mais comme une qualité dynamique de notre cerveau fortement influencée par les stimulis externes, tant positifs que négatifs. Par exemple, il y a un an, une étude majeure menée par la Commission de recherche scientifique Lancet sur la prévention, l’intervention et les soins de la démence a élaboré une liste de 14 facteurs modifiables associés à la démence, notamment la dépression, l’isolement social, le tabagisme et un faible niveau d’éducation.
La recherche sur la troisième âge
Cela a également amené les chercheurs à suggérer que la réserve cognitive pourrait être développée et améliorée au fil du temps, quel que soit l’âge. Bien qu’un faible niveau d’éducation soit toujours considéré comme l’un des principaux facteurs de risque, la croyance populaire voulait que cette réserve soit principalement formée durant l’enfance et l’adolescence, en fonction des années d’études. Aujourd’hui, la recherche indique que certaines habitudes peuvent continuer à renforcer et à améliorer la réserve cognitive même à l’âge adulte et à un âge avancé.
Quelles sont les activités conseillées
Il s’agit de habitudes ou d’activités assez simples qui favorisent cependant l’apprentissage continu et les interactions sociales. Parmi les activités spécifiques proposées par l’expert figurent, par exemple, jouer d’un instrument de musique, participer à des jeux de société complexes comme les échecs, ou s’engager dans des activités bénévoles nécessitant des compétences en planification et en résolution de problèmes.
D’autres études ont montré que des exercices pour développer la mémoire pourraient contribuer à la réserve cognitive, laquelle permet au cerveau d’activer des réseaux neuraux alternatifs pour compenser les dommages causés par le vieillissement dans d’autres régions cérébrales. Diverses recherches visant à comprendre ce mécanisme ont révélé, par exemple, les avantages d’apprendre une nouvelle langue à un âge avancé. Une étude du Consortium canadien sur le vieillissement et la neurodégénérescence examine actuellement les effets comportementaux et neurophysiologiques des activités récréatives cognitivement stimulantes pour les personnes âgées, telles qu’apprendre à jouer d’un instrument, jouer à des jeux vidéo et même apprendre une seconde langue.
