Comment des cerveaux différents amènent-ils les personnes à percevoir le monde de manière similaire ?

Comment des cerveaux différents amènent-ils les personnes à percevoir le monde de manière similaire ?

Des découvertes récentes révèlent comment nos cerveaux, malgré leurs connexions uniques, partagent des mécanismes communs de perception. Une étude sur l’activité neuronale met en lumière la manière dont des cerveaux différents peuvent produire des expériences similaires face au monde qui nous entoure.

Les cerveaux de chaque individu sont des univers uniques, remplis de milliards de neurones interconnectés, pourtant, nous percevons le monde d’une manière très semblable. Pour comprendre cette similarité, une équipe de recherche de l’Université Reichman et de l’Institut Weizmann a examiné comment des cerveaux connectés différemment font face à des stimuli communs.

Selon une simplification de neurosciencenews.com, chaque image ou son que nous percevons est traité par des neurones, des cellules nerveuses bien plus petites qu’un cheveu humain. Le cerveau humain, comptant 85 milliards de neurones, permet à chacun de vivre et répondre au monde qui l’entoure.

Les chercheurs ont trouvé intrigant de comprendre comment, malgré la variation dans la codification neuronale, deux personnes peuvent développer des perceptions similaires.

Dirigée par Ofer Lipman, étudiant en doctorat à l’Université Reichman, l’équipe a étudié l’activité neuronale en temps réel. En utilisant des patients épileptiques portant des électrodes implantées à des fins médicales, ils ont pu enregistrer l’activité neuronale en direct pendant que les patients observaient des images.

Ils ont remarqué que, tout comme dans les réseaux neuronaux artificiels qui constituent l’intelligence artificielle, les schémas d’activité cérébrale varient d’une personne à l’autre. Par exemple, des neurones distincts peuvent s’activer dans le cerveau d’un individu lorsqu’il observe un chat par rapport à un autre.

En revanche, après avoir analysé l’activité globale des neurones et en comparant la réponse du cerveau face à différents animaux, les chercheurs ont découvert une structure relationnelle partagée parmi tous les participants. Si l’activité générale d’un cerveau face à un chat est plus semblable à sa réponse à un chien qu’à celle d’un éléphant, cette relation semble consistent à travers différents cerveaux. Cela suggère que, bien que les réponses neuronales spécifiques varient, la relation entre celles-ci demeure constante.

Cette représentation relationnelle pourrait être la manière dont le cerveau organise les informations, permettant ainsi aux humains de comprendre le monde d’une façon similaire, malgré les différences dans la codification neuronale.

Cette recherche nous rapproche d’une meilleure compréhension du « code représentatif » du cerveau, la langue dans laquelle nous stockons et organisons l’information.

Selon Lipman, cette compréhension contribue non seulement à l’avancement des neurosciences, mais aussi à celui de l’intelligence artificielle. Les aperçus sur la représentation de l’information dans le cerveau pourraient inspirer la conception de réseaux artificiels plus efficaces, et inversement, ces réseaux pourraient également enrichir notre compréhension du cerveau.