Une découverte récente met en lumière une satellite supplémentaire autour d’Urano, enrichissant la connaissance sur ce géant glacé. L’exploration à l’aide d’un télescope de pointe permet d’approfondir notre compréhension des mystères qui l’entourent et d’explorer des aspects inattendus de notre système solaire.

Des chercheurs ont identifié une nouvelle lune en orbite autour d’Urano, septième planète du Système solaire. C’est le 29e satellite naturel répertorié de ce géant glacé, qui conserve encore de nombreux secrets. Urano se situe à environ 3,0 milliards de kilomètres du Soleil, soit une distance environ vingt fois supérieure à celle entre la Terre et notre étoile (19 UA). Une unité astronomique équivaut à environ 150 millions de kilomètres.
En raison de cette distance considérable, Urano est difficile à étudier, même avec les télescopes les plus puissants. La planète n’a été « explorée » qu’une seule fois, en 1986, grâce à la sonde Voyager 2 de la NASA, qui a observé Urano à une distance de plus de 80 000 kilomètres. Cette mission a révélé le système d’anneaux et une grande partie des 29 lunes répertoriées jusqu’à présent, mais il reste encore beaucoup à apprendre sur ce géant glacé et sur son « frère » Nettuno.

La nouvelle lune d’Urano. Crédit : NASA, ESA, CSA, STScI, M. El Moutamid (SwRI), M. Hedman (Université de l’Idaho)
La découverte de la 29e lune de la planète a été réalisée par une équipe de chercheurs internationaux du Southwest Research Institute (SwRI), utilisant le Télescope Spatial James Webb, lancé en orbite à Noël 2021. Cet instrument a déjà été le témoin de découvertes remarquables, offrant des images impressionnantes, y compris d’Urano. En analysant des clichés pris le 2 février de cette année avec la caméra Near-Infrared Camera, les scientifiques ont identifié la nouvelle lune à proximité des anneaux internes. Avec une orbite circulaire de 56 000 kilomètres, les astronomes estiment qu’elle est demeurée inchangée depuis sa formation. Cette lune est également la plus petite jamais identifiée autour d’Urano, avec un diamètre estimé à seulement une dizaine de kilomètres.
Les chercheurs ont attribué un nom temporaire à la nouvelle lune : S/2025 U1, un nom qui sera sûrement modifié par un choix plus approprié. La majorité des satellites naturels d’Urano portent des noms issus des œuvres de Shakespeare, tandis que d’autres proviennent d’Alexander Pope. Il est donc prévisible que les chercheurs opteront pour un autre nom dans cette thématique, en lien avec des personnages tels qu’Ariel, Miranda ou Umbriel. « Avec tant de lunes d’Urano portant des noms de personnages shakespeariens, notre équipe s’active pour trouver un nom convenable pour notre nouvelle découverte », a expliqué une chercheuse dans un communiqué.

La position de la lune d’Urano
Bien que 29 lunes puissent paraître nombreuses, cela reste dérisoire comparé aux satellites qui gravitent autour de Saturne, le champion en la matière. En mars 2025, le Minor Planet Center (MPC) de l’Union Astronomique Internationale (IAU) a formellement reconnu 128 nouvelles lunes autour de ce « Seigneur des Anneaux », portant le total à 274. Ces découvertes ont permis à Saturne de surpasser Jupiter, qui reste à 95 lunes. Les experts estiment qu’aucune autre planète du Système solaire ne pourra atteindre ce chiffre, car les technologies modernes sont suffisamment avancées pour avoir détecté la majorité de ces objets.
La découverte de nouvelles lunes n’est pas simplement anecdotique ; elle offre un aperçu sur l’évolution d’Urano, dont l’axe de rotation est incliné d’environ 100 degrés. Cela entraîne une exposition des pôles au Soleil, plutôt que l’équateur, engendrant des saisons longues et extrêmes (les pôles sont exposés durant plus de quarante ans). On pense qu’Urano a pris cette position singulière après une collision massive avec un autre corps céleste dans le Système solaire primitif, il y a des milliards d’années.
