La Terre compte plus d’une Lune, au moins six « mini-lunes » l’accompagnent en permanence

Illustration des mini-lunes de la Terre, petits corps célestes temporairement capturés par la gravité terrestre en orbite autour de notre planète / Crédit : iStock

Une étude récente met en lumière l’existence de plusieurs mini-lunes autour de la Terre, des petits corps célestes capturés par notre planète. Ces objets, souvent d’origine lunaire, présentent des caractéristiques intrigantes qui suscitent l’intérêt des astronomes.

Illustration des mini-lunes de la Terre, petits corps célestes temporairement capturés par la gravité terrestre en orbite autour de notre planète

Illustration des mini-lunes de la Terre, petits corps célestes temporairement capturés par la gravité terrestre en orbite autour de notre planète / Crédit :

Autour de la Terre gravitent au moins 6 « mini-lunes », de petits corps célestes attirés par la gravité de notre planète, également appelés objets temporairement liés (temporarily bound object, TBO). Les astronomes estiment que beaucoup de ces mini-lunes sont des fragments de la Lune, créés par des impacts d’astéroïdes sur la surface lunaire, qui tournent autour de la Terre pendant un certain temps avant de se déplacer vers le Soleil.

Dans une étude récente, une équipe internationale de scientifiques a mesuré que ces petits satellites naturels possèdent généralement un diamètre d’environ deux mètres et peuvent rester liés à notre planète pendant plusieurs mois voire des années avant de s’en éloigner. Leur petite taille et la rapidité avec laquelle ils réalisent au moins une orbite autour de la Terre compliquent leur détection.

Étude sur les mini-lunes de la Terre

Un groupe de chercheurs issus des États-Unis, d’Italie, d’Allemagne, de Finlande et de Suède a mené une étude approfondie concernant l’origine et la population de mini-lunes en orbite autour de la Terre.

Les experts ont évalué la possibilité d’une origine lunaire de ces corps célestes et ont calculé la fréquence ainsi que les dimensions de la population liée à notre planète, en s’appuyant sur des données telles que le taux d’impacts d’astéroïdes sur la Lune, l’énergie des impacts, les relations de taille des cratères et la corrélation entre masse et vitesse du matériel projeté dans l’espace. L’analyse, acceptée pour publication dans la revue scientifique Icarus et anticipée en preprint sur ArXiv, a permis d’estimer que 18 pour cent d’objets temporairement capturés par la gravité terrestre peuvent être classés comme mini-lunes.

Nos résultats suggèrent que, dans le système Terre-Lune, il devrait y avoir environ 6,5 mini-lunes de plus d’un mètre de diamètre à tout moment”, indiquent les chercheurs dans leur rapport. “C’est comme une danse où les partenaires changent régulièrement et parfois quittent la piste de danse pendant un certain temps”, a mentionné l’astrophysicien Robert Jedicke de l’Institut d’Astronomie de l’Université de Hawaï, premier auteur de l’étude.

Qu’est-ce que les mini-lunes : fragments lunaires et visiteurs du Système solaire

Les mini-lunes sont de petits corps célestes temporairement liés à la Terre, réalisant au moins une orbite autour de notre planète et, à un moment donné de cette orbite, se trouvant à une distance inférieure à environ quatre fois celle séparant la Terre de la Lune : elles peuvent provenir de n’importe où dans le Système solaire, surtout de la ceinture d’astéroïdes, entre les orbites de Mars et de Jupiter, bien que la récente découverte de mini-lunes d’origine d’impacts d’astéroïdes sur la Lune remet en question cette hypothèse.

Un exemple récent est celui de Kamo’oalewa (469219 Kamo’oalewa), un objet proche de la Terre (NEO) découvert par le télescope Pan-STARRS1 à Hawaï en 2016, dont les observations ont amené à penser qu’il s’agit d’un fragment lunaire expulsé entre un et dix millions d’années durant l’impact qui a formé le cratère Giordano Bruno. Récemment, un autre objet temporaire, l’astéroïde 2024 PT5 découvert en 2024, a été signalé par des astronomes comme un possible second satellite de la Terre d’origine lunaire, renforçant l’idée que les mini-lunes peuvent aussi être des débris issus de notre unique grande lune.