Une étude récente a révélé un lien alarmant entre les cauchemars fréquents et des risques accrus pour la santé, notamment un vieillissement biologique accéléré et une mortalité prématurée. Ces résultats soulèvent des questions sur les impacts des rêves négatifs sur le bien-être physique et mental.
Des chercheurs britanniques ont établi une association statistique significative entre la fréquence des cauchemars, un vieillissement biologique accéléré et un risque accru (environ trois fois) de mortalité prématurée. Des investigations plus approfondies seront nécessaires pour confirmer ces résultats.

Avoir fréquemment des cauchemars est lié à un vieillissement biologique plus rapide et même à un risque significativement plus élevé de mortalité prématurée. Ce constat provient d’une nouvelle étude récemment présentée à un congrès de l’European Academy of Neurology (EAN) qui se tient à Helsinki, en Finlande. Ce lien mérite d’être approfondi, car la corrélation entre les cauchemars et la mortalité précoce, définie dans l’étude comme survenant avant 75 ans, semble plus forte que celle avec des facteurs de risque bien connus comme l’obésité, le tabagisme et la sedentarité.
De nombreuses recherches ont déjà indiqué que les mauvais rêves ne sont pas uniquement un souci de bien-être mental, mais impactent aussi le bien-être physique. Ils perturbent le somnolence, interrompant le processus naturel de récupération généré par le repos. Ces expériences mènent également à des niveaux élevés de cortisol, l’hormone du stress, pouvant affecter la santé en aggravant des problèmes cardiovasculaires, en affaiblissant le système immunitaire et en facilitant la prise de poids, entre autres. Une étude récente de scientifiques britanniques de l’Université de Birmingham a également trouvé une corrélation « linéaire et statistiquement significative » entre les cauchemars et un risque accru de déclin cognitif et de démence, particulièrement chez les individus d’âge moyen. La recherche actuelle a approfondi cette relation en explorant l’association entre les signaux d’âge biologique, la mortalité précoce et les cauchemars.
Le professeur Abidemi I. Otaiku, du Dementia Research Institute du Royaume-Unis, a dirigé cette enquête, collaborant étroitement avec des chercheurs de l’Imperial College de Londres. Les résultats proviennent d’une comparaison entre la fréquence des cauchemars et des indicateurs d’âge biologique (tels que la longueur des téloémères et des horloges épigénétiques) ainsi que la mortalité prématurée. Environ 4 200 adultes âgés de 26 à 74 ans et 2 500 enfants entre 8 et 10 ans ont été étudiés. Le professeur Otaiku et ses collègues ont suivi la fréquence des cauchemars sur une période de 18 ans, pendant laquelle environ 230 décés prématurés ont été enregistrés.
L’analyse des données a révéla une forte association indépendante entre les cauchemars récurrents et un vieillissement biologique accéléré, ainsi qu’avec la mortalité prématurée. Les individus souffrant de cauchemars hebdomadaires avaient des téloémères plus courts et des valeurs anormales sur les trois horloges épigénétiques qui déterminent l’âge biologique (DunedinPACE, GrimAge, PhenoAge). Ils avaient aussi un risque triplement accru de mourir avant 75 ans, comparativement à ceux n’ayant pas de cauchemars récurrents. « L’analyse de médiation a révélé que le vieillissement biologique accéléré explique environ 39 % de la relation entre les cauchemars et la mortalité précoce, ce qui suggère que le stress et l’interruption du sommeil dues aux mauvais rêves peuvent affecter directement les processus de vieillissement mobile », ont expliqué les professeurs Otaiku et ses collègues dans le résumé de leur étude.
Il est important de souligner qu’il s’agit d’une étude d’association, donc aucun lien de cause à effet entre les cauchemars, la mortalité prématurée et le vieillissement biologique acceleré n’a été établi. Malgré cela, l’association statistique est significative et nécessite donc des études supplémentaires. Si les cauchemars ont un impact aussi conséquent sur la santé – déjà associés à des maladies neurodégénératives –, les atténuer pourrait avoir des effets très bénéfiques. Plusieurs méthodes existent pour y remédier, que ce soit par des thérapies auprès de spécialistes ou en éliminant les sources de déclenchement, comme les films d’horreur ou une alimentation déséquilibrée. Les détails de la recherche « Les cauchemars accélèrent le vieillissement biologique et prédisent la mortalité prématurée chez l’humain » ont été présentés lors du congrès de l’EAN.
