Pourquoi l’avion d’Air India s’est écrasé après le décollage : les révélations du commandant Recine sur l’accident

Image

Un incident aérien sur le vol Air India AI171 a suscité l’inquiétude suite à son accident juste après le décollage. L’analyse du commandant et vice-président de l’ANPAC, Danilo Recine, soulève des questions sur les causes possibles, laissant entrevoir des erreurs humaines ou des soucis techniques.

Le commandant Danilo Recine a commenté l’incident du vol Air India AI171, qui s’est écrasé après le décollage d’Ahmedabad : « Aucune hypothèse ne peut encore être écartée, mais si l’on prouve que l’appareil a décollé depuis le milieu de la piste, ce serait une grave erreur de la part des pilotes et de la tour de contrôle ».

Interview de Danilo Recine

Commandant et Vice-président de l’ANPAC, l’Association Nationale Professionnelle de l’Aviation Civile

Image

L’incident aérien en Inde pourrait résulter de « n’importe quelle situation« . Selon les premiers éléments relevés par le commandant Danilo Recine, il est encore impossible d’exclure toute hypothèse, allant de l’erreur humaine à un problème technique après le décollage. D’après les données de circulation aérienne, il semble que le vol Air India AI171, un Boeing 787-8 Dreamliner, ait commencé sa course à partir du milieu de la piste.

Si tel est le cas, ce serait une grave erreur de la part des pilotes et du contrôle aérien”, admet Recine, qui, en attendant les résultats des enquêtes officielles, a analysé la vidéo de l’incident diffusée sur internet. Il explique comment l’utilisation possible d’une partie réduite de la piste pourrait avoir compromis la capacité de l’appareil à voler.

Que peut-il s’être passé ?
À partir de la vidéo mise en circulation, il est difficile de tirer des conclusions fermes : la situation semble anormale, laissant penser à une perte de puissance sur les deux moteurs, ou à un incident lié à des oiseaux, ou à d’autres causes, sans qu’aucune n’émerge comme étant la cause réelle. Pour l’heure, seules des images montrent un appareil qui, après le décollage, perd de l’altitude et s’écrase au sol. Malgré la gravité de l’accident, ces images ne révèlent pas suffisamment d’informations.

L’avion semble cependant lent, presque lourd…
Évaluer cela à partir de ces quelques images est compliqué, même pour un professionnel. On peut dire que les vitesses de décollage, comme celles d’atterrissage, sont relativement basses, en raison de la délicatesse de ces phases.

Concernant le poids, les systèmes de sécurité interdisent le décollage si le poids maximal autorisé est dépassé. Même le train d’atterrissage, visible dans les images, n’apporte pas d’indices probants. On ne sait pas s’il n’a pas été rétracté intentionnellement ou si, en cas de problème, il n’a pas pu l’être.

Quelles hypothèses peuvent être émises pour l’instant ?
Actuellement, il s’agit d’un incident grave qui n’indique apparemment aucune cause spécifique. L’appareil s’est écrasé peu après le décollage avec 242 personnes à bord. Les données recueillies par des applications fiables comme FlightRadar24 montrent que l’avion a atteint environ 400 mètres d’altitude avant de commencer sa descente.

On évoque également un appel à l’aide, un Mayday envoyé au contrôle de la circulation aérienne juste après le décollage. Pour comprendre ce qu’ont rapporté les pilotes, s’il y a eu un problème avec les systèmes, le recueil des boîtes noires, notamment le voice recorder, qui enregistre les échanges en cabine et celui qui stocke les données de vol, sera déterminant.

Les positions des volets pourraient également être examinées.
Cette vidéo, sans outils d’agrandissement, ne permet pas de vérifier si les surfaces de contrôle étaient dans la position correcte pour le décollage, chaque décollage ayant une configuration optimale. Leur réglage est calculé par les ordinateurs de bord, en fonction de divers paramètres définissant la vitesse de décollage, comme la longueur de la piste, la température extérieure et le poids de l’avion.

Même si l’on suppose que les volets n’étaient pas correctement positionnés, les systèmes de sécurité seraient intervenus immédiatement : si l’appareil est configuré pour décoller avec les volets en position spécifique et qu’ils ne le sont pas, un signal sonore et visuel s’active, impossible à négliger.

Les données des sites de surveillance suggèrent que l’appareil a commencé sa course à mi-piste
Si cela est confirmé, il s’agirait d’une erreur humaine, une grave erreur que l’on ne peut écarter. Il est essentiel de comprendre pourquoi cela s’est produit et surtout comment. On peut s’interroger sur les raisons pour lesquelles l’avion s’est aligné à un autre point de la piste, si les pilotes ont commis une erreur et pourquoi la tour de contrôle n’a pas réagi.

Manifestement, si l’avion avait décollé avec une courte distance, on pourrait envisager une situation où les pilotes, à une certaine vitesse, ont été contraints de s’envoler sans que l’appareil ait l’énergie nécessaire pour rester en vol. Cependant, sans éléments concrets, aucune hypothèse ne peut être avancée, même pas l’erreur humaine, comme cause de l’accident.