Une gigantesque activité solaire, composée de plus de 25 noyaux obscurs, est observée sur la photosphère du Soleil. Mesurant plus de 500 000 kilomètres, elle pourrait entraîner des éruptions solaires de classe X, générant des tempêtes geomagnétiques inédites sur Terre, notamment à l’approche de son pic d’activité magnétique.
Sur la photosphère du Soleil est apparu un gigantesque complexe de taches solaires caractérisé par plus de 25 noyaux obscurs et un diamètre qui dépasse le demi-million de kilomètres. Ce phénomène, orienté vers la Terre, risque de provoquer des éruptions de Classe X, capables de déclencher de violentes tempêtes geomagnétiques dans les prochains jours. Notre étoile est particulièrement agitée car elle atteint le pic maximal de son activité magnétique dans son cycle de 11 ans.

Crédit : NASA / SDO / spaceweather.com
Au centre du Soleil, légèrement au-dessus de l’équateur, est apparu un immense complexe de taches solaires s’étendant sur plus de 500 000 kilomètres sur la photosphère, la surface visible de l’étoile. Comme expliqué par le portail spécialisé en météo spatiale Spaceweather.com, ce géant est composé de plus de trente noyaux obscurs, formant une vaste zone active instable et orientée vers la Terre. La plus grande et la plus turbulente des taches solaires de ce complexe, AR 3981, a donné naissance le matin du 3 février à une forte éruption solaire de Classe M 8.8. Cette région se caractérise par un champ magnétique de type « beta-gamma-delta » et a toutes les potentialités pour libérer une éruption solaire de Classe X, la plus puissante qui soit, risquant de provoquer de violentes expulsions de masse coronale (CME) et de possibles tempêtes geomagnétiques intenses sur Terre.
Ce complexe de taches solaires, comme le montrent les images capturées par le télescope spatial Solar Dynamics Observatory (SDO) de la NASA, est constitué de cinq régions distinctes s’étendant sur plus de 500 000 kilomètres sur la photosphère solaire. La plus grande est la déjà mentionnée AR 3981, suivie d’ouest en est par AR 3982, AR 3978, AR 3976 et AR 3977. Les taches solaires apparaissent plus obscures en raison de leurs champs magnétiques turbulents, qui piègent la chaleur et la radiation générées par les réactions nucléaires dans les couches sous-jacentes de l’étoile. En conséquence, la température des taches solaires, visibles dans la lumière blanche ou visible, est d’environ 3 700 °C, tandis que celle des zones de la soi-disant photosphère calme avoisine 5 500 °C. C’est pourquoi elles apparaissent plus sombres dans les images capturées par les télescopes spatiaux, mais également dans celles de simples appareils photo sur Terre (à condition qu’elles soient protégées par des filtres appropriés pour l’observation de l’étoile). Les taches solaires se déplacent sur le disque solaire pour diverses raisons et sont extrêmement dynamiques ; elles peuvent apparaître et croître en un temps record, comme la tache solaire AR 3964, qui est apparue à la mi-janvier et a doublé de taille par rapport à la Terre en seulement 24 heures. En ce qui concerne le complexe actuellement au centre du Soleil, nous parlons d’un « monstre » capable de contenir environ 40 planètes Terre côte à côte.

Malgré ses dimensions impressionnantes, il n’est cependant pas comparable au trou coronale de 800 000 kilomètres qui est apparu quelques jours auparavant sur la couronne de l’étoile, c’est-à-dire la partie la plus externe de son atmosphère. La physicienne solaire Valentina Penza du groupe solaire de l’Université de Tor Vergata à Rome a expliqué à Netcost-security.fr ce que sont ces trous coronaux et quelles sont les différences avec les taches solaires. L’une des distinctions les plus significatives réside dans le fait que les taches solaires peuvent déclencher des phénomènes « explosifs » bien plus violents que l’émission de vent solaire rapide des trous coronaux. Parlons précisément des éruptions solaires, qui libèrent instantanément des quantités d’énergie comparables à des millions de bombes atomiques explosant simultanément. Ces éruptions solaires sont liées au phénomène de reconnexion des lignes de champs magnétiques des taches solaires, qui se brisent et se reconnectent rapidement, laissant échapper radiation et particules de manière explosive. Les éruptions peuvent être accompagnées de CME, qui sont des expulsions de matériau solaire (plasma, particules électriquement chargées ou ionisées) pouvant engendrer des flux de vent solaire extrêmement rapides et intenses.
Un gigantesque “trou” est apparu sur le Soleil : il est grand comme 60 terres et orienté vers notre planète
C’est précisément ces flux qui peuvent déclencher les tempêtes solaires sur Terre. Lorsque les taches solaires sont orientées vers la Terre et que de violentes CME se produisent, le vent solaire peut atteindre la magnétosphère terrestre, provoquant divers problèmes en fonction de son intensité. Les tempêtes geomagnétiques vont des mineures (G1) aux extrêmes (G5). Ces dernières, comme le célèbre événement de Carrington survenu en 1859, peuvent avoir un impact catastrophique sur notre monde hyper-technologique et hyper-connecté, par exemple en détruisant les infrastructures électriques et les satellites, et en perturbant les communications radio, les connexions Internet et la navigation GPS. Un événement extrême pourrait nous ramener à un moyen âge technologique pendant des semaines ou des mois, selon les experts. C’est pourquoi un gigantesque et instable complexe de taches solaires, tel que celui de plus d’un demi-million de kilomètres actuellement présent sur le Soleil, doit être étroitement surveillé par les scientifiques.
