La santé sexuelle masculine, souvent négligée, suscite des interrogations essentielles. La prosthèse pénienne, comme dans le cas de Juan Bernabé, s’avère être un ultime recours pour traiter la dysfonction érectile, un problème touchant plus d’un homme sur dix. Un expert dévoile les enjeux et le fonctionnement de cette intervention marquante.
L’implantation d’une prothèse pénienne, à laquelle s’est soumis le fauconnier de la Lazio, Juan Bernabé, est la dernière option de traitement de la dysfonction érectile sévère. Bien que le sujet soit toujours un tabou, cette condition concerne plus d’un homme sur dix, mais seulement 10 % d’entre eux consultent un médecin. L’expert explique comment se déroule l’intervention et pour quels patients elle est indiquée.

Depuis que Juan Bernabé, le fauconnier de la Lazio, a posté sur ses réseaux sociaux une photo après s’être soumis à un implantation de prothèse pénienne, l’attention du public s’est particulièrement concentrée sur son comportement et les conséquences qui en ont découlé : Bernabé, qui a révélé avoir subi l’intervention après divers problèmes de santé, a été en effet licencié par sa société sportive, malgré ses excuses.
En dehors de ce cas spécifique, la santé sexuelle des hommes reste aujourd’hui un tabou plutôt pesant, malgré l’impact que des problèmes éventuels dans ce domaine peuvent avoir sur le bien-être psychologique et la qualité de vie en général. La dysfonction érectile – dont la prothèse pénienne constitue l’une des options de traitement – est l’un des problèmes les plus fréquents. En France, elle touche 13 % de la population totale, environ 40 % des plus de 50 ans et la moitié des plus de 70 ans. Pourtant, il est encore difficile d’en parler sans que cela ne devienne une simple conversation de bar.
Netcost-security.fr a demandé à Dimitrios Choussos, responsable de l’Unité opérative d’Urologie à l’Institut de Soins Ville de Pavie, d’expliquer en quoi consiste l’intervenue de prothèse pénienne et qui peut y avoir recours, à partir de la cause du problème, à savoir la dysfonction érectile.
Qu’est-ce que la dysfonction érectile ?
La dysfonction érectile désigne l’incapacité persistante ou récurrente à obtenir ou maintenir une érection suffisante pour mener à bien un rapport sexuel satisfaisant ou une autre activité sexuelle.
Quelle est sa prévalence ?
La dysfonction érectile est un problème très courant : elle concerne un homme sur dix, une fréquence qui augmente à partir de 40 ans et avec l’âge, touchant la majorité des hommes de plus de 50 ans. De plus, avec l’avancée en âge, la sévérité de la condition augmente également. Malheureusement, peu d’entre eux, seulement 10 %, vont consulter un médecin pour traiter le problème.
Quelles sont les causes ?
Il y a vingt ans, on pensait que les facteurs psychologiques étaient responsables de la majorité des cas de dysfonction érectile, mais aujourd’hui, nous savons que les facteurs organiques sont à l’origine de 75 % des cas, bien que les causes psychologiques demeurent une co-cause fréquente, surtout chez les jeunes patients.
Quelles sont les causes organiques ?
Les causes organiques de la dysfonction érectile sont principalement liées à la composante vasculaire de la fonction érectile : un défaut d’afflux ou un écoulement excessif de sang du pénis. Divers facteurs de risque peuvent causer la dysfonction érectile. Les plus courants sont les maladies cardiovasculaires, le diabète, l’hypertension, les troubles endocriniens, les déséquilibres hormonaux ou les problèmes neurologiques. Par ailleurs, la dysfonction érectile peut également survenir après des traitements médicaux ou des interventions chirurgicales pelviennes, comme la prostatectomie radicale. Toutes ces conditions peuvent gravement compromettre la fonction érectile.
Quand recourir à la prothèse pénienne ?
Indépendamment de la cause, la dysfonction érectile a souvent des effets négatifs sur l’estime de soi du patient, sur ses relations et plus généralement sur sa qualité de vie. Il est donc important de consulter un médecin, tant pour gérer la pathologie dont la dysfonction peut être un symptôme que pour améliorer la fonction érectile. À cet égard, la prothèse pénienne est la dernière option de traitement, utilisée lorsque les autres options n’ont pas résolu le problème. Les prothèses peuvent également être utilisées pour corriger des anomalies congénitales ou acquises du pénis. Certaines maladies peuvent en effet provoquer de la douleur, des déformations et une déviation du pénis avec dysfonction érectile.
Quels sont les traitements tentés avant la prothèse pénienne ?
En général, la dysfonction érectile est une manifestation d’une maladie vasculaire généralisée. Des changements de style de vie visant à améliorer la santé cardiovasculaire peuvent avoir un impact positif sur la fonction érectile. Cela inclut le maintien d’un poids sain, une activité physique régulière, ainsi que l’éviction du tabagisme et de l’alcoolisme. Si les changements de style de vie ne résolvent pas le problème, il existe d’autres traitements, tels que des médicaments oraux, des thérapies injectables intracaverneuses, des dispositifs de vide pour l’érection et des thérapies régénératives (ondes de choc à basse intensité). Si aucune de ces thérapies n’est efficace, une intervention chirurgicale d’insertion de prothèse pénienne peut être envisagée, après avoir pris en compte les préférences du patient dûment informé.
Qui peut se soumettre à l’insertion d’une prothèse ?
Comme mentionné précédemment, c’est la dernière solution envisagée, donc elle est proposée aux patients souffrant de graves déficits érectiles qui ne répondent pas de manière satisfaisante aux autres options de traitement. Cela peut également être indiqué pour ceux qui ont subi des interventions chirurgicales pelviennes ayant causé des dommages importants aux structures neurovasculaires compromettant leur fonction érectile.
Quels types de prothèses existent ? Pouvez-vous nous expliquer la différence ?
Il existe deux catégories principales de prothèses, les hydrauliques et les non hydrauliques, appelées aussi malléables. Les malléables sont des dispositifs sans système de gonflage : il s’agit d’un implant prothétique composé de deux cylindres implantés chacun dans un corps caverneux via une incision à la base du pénis. Avec ce type de prothèse, le pénis reste en état d’érection constant avec la possibilité d’être fléchi, mais cela n’indique pas que le patient est dans un état d’excitation permanent.
Et pour les prothèses hydrauliques ?
Les prothèses hydrauliques, quant à elles, sont des dispositifs plus sophistiqués et élaborés, et à la différence des précédentes, elles sont gonflables. Ces implants sont également composés de deux cylindres insérés dans les corps caverneux, puis reliés par des tubes à un réservoir d’eau stérile placé près de la vessie et à une pompe logée dans le scrotum.
Chaque fois que le patient souhaite avoir une érection, il doit actionner l’activateur de la pompe située dans le scrotum pour activer le mécanisme : l’eau du réservoir passera aux cylindres, augmentant le volume du pénis et provoquant ainsi une érection qui se dissipe lorsque l’eau retourne dans le réservoir.
Recommandez-vous cette intervention ?
Dans les cas que nous avons évoqués, absolument oui. La présence d’une prothèse pénienne n’affecte ni la fonction urinaire ni la sensibilité ou le plaisir. De plus, l’intervention est la seule solution efficace à 100 % pour résoudre la dysfonction érectile, en plus d’être la dernière option de traitement. Ceci est un intervention sûre, également grâce aux progrès technologiques qui ont permis de rendre disponibles des matériaux sûrs ne nécessitant pas d’entretien au fil du temps : les complications postopératoires sont limitées, ne dépassant pas 10 % des interventions réalisées dans le monde, tandis que le taux de satisfaction est très élevé : la plupart des patients retrouvent une vie sexuelle satisfaisante et une relation sereine après l’intervention.
Les informations fournies sur www.Netcost-security.fr sont conçues pour compléter, et non remplacer, la relation entre un patient et son médecin.
