Des scientifiques ont transformé l’activité solaire des trois dernières années en musique électronique, créant des sons variés selon l’intensité des éruptions solaires. Ce projet innovant révèle les dynamiques du cycle solaire, alors que notre étoile atteint un pic d’activité, promettant potentiellement des aurores scintillantes dans nos cieux.
Les scientifiques de l’Agence Spatiale Européenne (ESA) en collaboration avec l’artiste Klaus Nielsen ont sonifié l’activité solaire enregistrée au cours des trois dernières années. En termes simples, ils ont transformé en musique et en sons les éruptions solaires, créant une sonorité différente en fonction de la puissance des explosions solaires. Ces immenses explosions de radiations, souvent dues au phénomène de reconnexion des lignes des turbulents champs magnétiques associés aux tâches solaires, sont parfois accompagnées par le phénomène des expulsions de masse coronale (CME), qui sont à l’origine des tempêtes géomagnétiques et des aurores boréales. Cette sonification n’a évidemment rien à voir avec le véritable son émis par l’étoile ou celui des tempêtes solaires, mais ce n’est pas un simple exercice de style. Les variations sonores que l’on peut écouter dans la vidéo ci-dessous reflètent en réalité l’approche du Soleil vers le pic maximum d’activité magnétique, atteint cette année, comme annoncé par une équipe internationale composée de scientifiques de diverses institutions (NASA, Solar Cycle Prediction Panel et Space Weather Prediction Center de la NOAA).
Pour mieux comprendre la signification de cette vidéo et de ses sons, il est important de savoir comment “fonctionne” le Soleil. Notre étoile a un cycle d’activité magnétique d’une durée de 11 ans, au cours duquel elle atteint un pic maximum et un minimum. Comme indiqué, nous sommes dans ce pic. Cela indique que l’activité magnétique est beaucoup plus intense et que le Soleil est parsemé de tâches solaires plus grandes et plus fréquentes. Leur présence se reflète dans le nombre d’éruptions et dans la force des tempêtes géomagnétiques sur Terre. Si nous avons vu des aurores boréales et des phénomènes SAR en Italie plusieurs fois l’année dernière, y compris au Nouvel An 2025, c’est précisément en raison de cette intense activité magnétique, qui, selon les experts, devrait se poursuivre tout au long de l’année. En somme, il ne serait pas surprenant que parmi les spectacles astronomiques de 2025, il y ait également de magnifiques phénomènes auroraux dans les cieux italiens.
Comme spécifié, la vidéo de l’ESA est un time-lapse des trois dernières années, au cours desquelles, en raison de l’approche du pic maximum, le nombre d’éruptions a considérablement augmenté, tout comme la fréquence de celles plus puissantes de Classe X. La vidéo reflète clairement cette tendance de l’activité magnétique, avec des sonorités généralement plus faibles dans la première partie et plus fortes dans la seconde. Le film a été réalisé grâce à la combinaison des images capturées par deux instruments installés sur la sonde Solar Orbiter: le premier est le Spectromètre/Télescope pour l’Imagerie des Rayons X (STIX), qui capture les rayons X émis par les éruptions; le deuxième est l’Imageur Ultraviolet Extrême (EUI), qui surveille la couronne, l’atmosphère solaire extérieure. Dans la vidéo, les éruptions sont présentées sous forme de cercles bleus: plus ils sont grands, plus la puissance de l’éruption (et du son associé) est grande.
Les zooms sur le Soleil visibles dans le film sont liés au fait que la sonde Solar Orbiter a une orbite elliptique autour de l’étoile et s’en approche tous les six mois. Les scientifiques ont également sonifié l’approche et l’éloignement de la sonde du Soleil, représentant les différents passages comme des variations d’un bourdonnement métallique. La combinaison de ce mouvement avec les tonalités des éruptions solaires donne naissance à une musique électronique lo-fi au goût rétro. C’est un moyen curieux mais aussi artistique et élégant de représenter les dynamiques du cycle solaire, qui s’intensifie sensiblement à l’approche du pic maximum d’activité magnétique. L’ESA indique que ceux qui souhaitent écouter d’autres morceaux réalisés par Klaus Nielsen peuvent les trouver à l’adresse suivante.
