Un collectif de chercheurs a élaboré une méthode précise pour réaliser un plat emblématique, souvent jugé compliqué à préparer. Grâce à une approche scientifique, ils révèlent les secrets d’une sauce onctueuse et homogène, tout en évitant les pièges classiques pouvant ruiner la recette. Découvrez cette méthode infaillible.
Bien que la pasta cacio e pepe repose sur trois ingrédients simples (poivre noir, pecorino romano et pasta), sa préparation peut se révéler complexe. La qualité de la sauce dépend de sa crémeux et de son homogénéité, qui peuvent facilement se détériorer, entraînant des grumeaux peu attrayants ou des séprations indésirables. Pour aider ceux qui manquent d’expérience, un groupe de chercheurs a mis au point une recette « scientifique » qui garantit un rendu digne d’un chef étoilé. En combinant formules mathématiques et expérimentations, ils identifient les étapes clés de la préparation pour obtenir une sauce parfaitement crémeuse. Le secret réside dans un détail essentiel : l’amidon. Un équilibre judicieux entre l’amidon et le fromage est crucial pour le succès du plat.
Qu’est-ce que l’amidon et quelle quantité en faut-il pour la cacio e pepe ?
L’amidon est un carbohydrate présent dans de nombreux aliments, comme la pasta et le pain, formé par la combinaison de deux polymères, l’amylopectine et l’amylose. Pendant la cuisson, l’amidon de la pasta se gélifie et crée un revêtement collant. L’eau de cuisson riche en amidon est souvent indispensable pour rendre les plats plus crémeux et mieux enrober les assaisonnements. Il joue un rôle majeur dans la préparation de la cacio e pepe. L’utilisation inadéquate de cette eau, combinée à la quantité de pecorino, peut transformer le plat en un flops culinaire.
Pour surmonter ce défi, les chercheurs, composés de physiciens de divers instituts, ont élaboré une recette pour les novices. Ils admettent que les véritables chefs n’ont pas besoin de instructions, car ils se fient à leur expérience et leur instinct ; néanmoins, ils ont conçu un guide pour les autres.
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Le problème majeur, comme mentionné, repose sur l’amidon et son interaction avec le pecorino. Les physiciens Giacomo Bartolucci, Vincenzo Maria Schimmenti et leurs collègues soulignent que la concentration d’amidon ne doit pas être inférieure à 1 pour cent ou supérieure à 4 pour cent par rapport à la masse de fromage. En dessous de 1 pour cent, cela engendre des grumeaux, ce que les scientifiques appellent « la phase mozzarella« , aboutissant à une sauce “déplaisante et séparée”. Au-delà de 4 pour cent, la sauce devient rigide et peu appétissante en refroidissant. Pour un plat onctueux, il faut donc viser une quantité d’amidon de 2 à 3 pour cent par rapport au fromage, assurant stabilité, homogénéité et une texture agréable à la sauce.

La « Phase mozzarella » d’une pasta cacio e pepe non idéale. Crédit : ArXiv
La recette parfaite de la pasta cacio e pepe, crémeuse et savoureuse
Pour deux personnes, les chercheurs recommandent 240 grammes de pasta (tonnarelli, spaghetti ou rigatoni) et 160 grammes de pecorino romano. Sur cette base, ils précisent que 4 grammes d’amidon sont l’idéal. En général, on utiliserait l’eau de la pasta “risottée”, mais les physiciens suggèrent que cette méthode offre peu de contrôle sur la quantité finale d’amidon. Que faire ? Ils conseillent de dissoudre 4 grammes d’amidon en poudre dans 40 grammes d’eau, à chauffer jusqu’à ce que le mélange devienne presque clair. Après un léger refroidissement (ou en ajoutant un peu d’eau froide), le pecorino, de préférence mixé avec la solution d’amidon, doit être ajouté pour assurer l’uniformité de la sauce. Enfin, le poivre noir frais moulu peut être ajouté « à discrétion » (en général, pour 240 grammes de pasta, on recommande quelques grammes, sans quantité précise).
La pasta doit être cuite dans de l’eau “légèrement salée” jusqu’à obtenir une texture al dente; après égouttage, elle doit reposer pendant 1 minute (ou plus pour 1 kilogramme) pour ne pas déstabiliser la sauce. Ensuite, la sauce « stabilisée » et la pasta sont mélangées uniformément, avec éventuellement un peu d’eau de cuisson pour réguler la consistance. Les scientifiques notent que cette préparation résiste mieux au réchauffement, évitant ainsi les désagréments liés aux grumeaux, la rigidification et les séparations des méthodes moins « scientifiques ».
Les auteurs de l’étude précisent que la recette traditionnelle utilise exclusivement du pecorino romano, bien qu’un ajout de 30 pour cent de parmesan soit jugé acceptable par certains (une hérésie pour d’autres). Ils mentionnent également qu’ils se sont inspirés d’une recette de chef Luciano Monosilio publiée sur YouTube, tout en omettant l’huile d’olive qui fait partie de sa préparation. Les détails de la recherche “Phase behavior of Cacio and Pepe sauce” pour une cacio e pepe parfaite sont disponibles sur ArXiv (non encore soumis à la révision par les pairs).

