Découverte du point faible des bactéries résistantes aux antibiotiques : comment l’exploiter pour les éliminer

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Une équipe de chercheurs a mis au jour un point faible chez des bactéries résistantes aux antibiotiques, révélant que leur survie à cette résistance entraîne un coût physiologique élevé. Cette découverte ouvre de nouvelles perspectives pour les éliminer sans recourir à de nouveaux traitements, offrant un espoir dans la lutte contre une menace croissante.

Un groupe de chercheurs a découvert que la capacité que certains bactéries ont développée de résister aux antibiotiques a un prix physiologique très élevé. Cette limite à leur survie pourrait être exploitée pour les éliminer sans le besoin de développer de nouveaux antibiotiques.

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Les bactéries résistantes aux antibiotiques représentent une menace pour la santé mondiale, présente et future : déjà aujourd’hui, elles causent environ 10 000 décès par an en France, et d’ici 2050, selon l’, cela pourrait devenir la principale cause de décès dans le pays, dépassant même les décès dus au cancer. Voici notre analyse sur les sources d’exposition aux antibiotiques dont nous ne sommes souvent pas conscients.

L’urgence sanitaire liée à la résistance aux antibiotiques ne concerne pas seulement la France, mais le monde entier, c’est pourquoi il est essentiel de trouver des stratégies capables de lutter contre ce problème. L’une d’elles pourrait avoir été récemment découvert par un groupe de chercheurs espagnols et américains dirigés par l’Université de Californie à San Diego, qui, en étudiant la prolifération des bactéries résistantes, pourraient avoir identifié leur talon d’Achille.

Comment fonctionne la résistance aux antibiotiques

Les chercheurs ont commencé à travailler sur les mécanismes de survie des bactéries résistantes pour tenter de répondre à une question : comment se fait-il qu’en dépit de cet avantage, les bactéries mutantes ne prévalent pas sur les autres non résistantes ? Logiquement, en raison de leur privilège, les bactéries résistantes devraient dominer celles qui n’ont pas développé cette caractéristique, et pourtant cela ne se produit pas.

Trouver la réponse à cette question a permis aux chercheurs de comprendre également un mécanisme clé de la résistance aux antibiotiques : en effet, cette résistance entraîne un coût physiologique important qui pourrait être utilisé comme cible dans une future stratégie pour les vaincre, malgré leur résistance aux antibiotiques.

Découverte d’une limite physiologique à leur survie

Les chercheurs se sont concentrés sur le fonctionnement des ribosomes, ces particules qui jouent un rôle fondamental dans la vie mobile en lisant les informations sur la chaîne d’ARN messager et en construisant des protéines en fonction de celles-ci. Il faut savoir que toutes les cellules ont besoin d’ions chargés pour survivre, en particulier les ribosomes utilisent des ions magnésium pour stabiliser leur structure.

Cependant, les chercheurs ont découvert que chez les bactéries ayant développé une résistance aux antibiotiques, les ribosomes ont plus de difficultés à survivre en présence de faibles niveaux de magnésium. En étudiant le ribosome L22 qui, dans certains souches de la bactérie Bacillus subtilis, les protège des antibiotiques, les chercheurs ont également observé que ce ribosome pour exercer sa fonction s’attache à des atomes de magnésium, mais ce faisant, il prive la bactérie de l’énergie nécessaire pour survivre. En clair, le besoin supplémentaire en magnésium est le prix que paient les bactéries résistantes pour survivre aux antibiotiques.

Comment cela pourrait aider à lutter contre la résistance aux antibiotiques

Cependant, cette caractéristique – suggèrent les chercheurs – laisse entendre que « la capacité à faire face à la limitation du magnésium dans l’environnement où elles vivent est plus importante pour la prolifération bactérienne que la résistance aux antibiotiques ».

En substance, cette découverte laisse à penser que priver les environnements de magnésium pourrait représenter un obstacle majeur à la prolifération des bactéries résistantes, sans avoir le même impact négatif sur les bactéries « bénéfiques » non mutantes qui n’ont pas cette limite physiologique.

Cependant, ce résultat doit être approfondi : d’après les tests réalisés dans le cadre de cette étude, les chercheurs n’ont pas retrouvé le même défaut physiologique dans tous les ribosomes mutés, ils ont donc réaffirmé l’importance de continuer à étudier la résistance aux antibiotiques dans le but d’identifier les conditions qui entravent la survie des souches résistantes sans nécessiter le développement de nouveaux antibiotiques.