En Amérique du Sud, découvrez un « loup » aux pattes incroyablement longues que peu connaissent : qui est le crisocione ?

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Découvrez un animal mystérieux et fascinant du Sud-Amérique, au physique singulier et à l’écologie surprenante. Ce prédateur agile, bien que timide, joue un rôle crucial dans son habitat, mais fait face à de nombreuses menaces. Une exploration de son mode de vie ravira les amateurs de nature!

Parmi les animaux les plus fascinants et moins connus de l’Amérique du Sud se trouve le crisocione, un canidé connu sous le nom de « loup à crinière » ou « renard aux pattes longues ». Sa caractéristique distinctive est en fait ses longues pattes fines, une adaptation à l’habitat naturel particulier dans lequel il a évolué.

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On l’appelle “loup à crinière” et parfois “renard aux pattes longues”, mais sur le plan taxonomique, ce n’est ni un loup ni un renard, n’étant pas étroitement lié à ces animaux. Nous parlons du magnifique et mystérieux crisocione (Chrysocyon brachyurus), un canidé endémique de l’Amérique du Sud, unique représentant de son genre et survivant de la faune préhistorique du Pleistocène (2,58 – 11 700 ans). Sa caractéristique la plus fascinante est sans aucun doute ses longues et fines pattes, qu’il a évoluées comme adaptation à son habitat naturel, la savane tropicale du Cerrado où pousse l’herbe haute.

Le crisocione “se dresse” au-dessus de la végétation et grâce à son ouïe très sensible, il est capable de détecter les bruits et mouvements des petites proies dont il se nourrit, qu’il attaque en un saut semblable à celui des renards (avec lesquels il partage également l’aspect du museau). Il a une épaisse fourrure rouille avec de longs « chaussettes » noires, une couleur également présente sur la partie antérieure du dos. Sa queue fournie – jusqu’à 40 centimètres – se termine par un blanc éclatant. Son démarche est également curieuse : elle est qualifiée d’ambio car tandis qu’il marche, il repose son poids sur les deux pattes d’un côté tout en levant celles de l’autre, au lieu de répartir le poids sur deux membres en diagonale. D’autres animaux quadrupèdes tels que les girafes, les éléphants et les ours utilisent également cette méthode.

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Bien que ses dimensions soient similaires à celles d’un vrai loup – une hauteur au garrot légèrement inférieure à 90 cm, une longueur maximale de 115 cm et un poids d’une trentaine de kilogrammes – le crisocione attaque généralement seulement de petites proies, comme des tatou, des rongeurs et d’autres petits mammifères, ainsi que des oiseaux, des reptiles, des escargots et d’autres invertébrés. C’est un animal aux habitudes crépusculaires et nocturnes, extrêmement farouche et timide, donc les rencontres avec les humains sont extrêmement rares. Il n’y a pas de signalements documentés d’attaques sur des personnes, tandis que certaines agressions sur des troupeaux de moutons sont connues. Évidemment, des animaux domestiques aussi dociles et faciles à capturer deviennent intéressants même pour un prédateur habitué à des proies beaucoup plus petites et difficiles à attraper (il effectue souvent de grands sauts dans les airs pour tenter d’attraper des oiseaux en vol).

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Le crisocione, un « loup » qui aime les fruits

Mais le régime alimentaire du crisocione n’est pas exclusivement carnivore. En fait, plus de 50 pour cent de son apport calorique provient du Solanum lycocarpum ou “pomme de loup”, une espèce apparentée à la tomate particulièrement répandue dans la savane brésilienne du Cerrado où vit le crisocione. Les noms communs de cette plante – pomme de loup, plante du loup (lobeira) ou fruit du loup (fruta do lobo) – sont liés au fait qu’elle représente un élément principal dans le régime alimentaire du crisocione. Le canidé s’en nourrit pour ses propriétés antiparasitaires (notamment contre les nématodes) ainsi que pour ses bienfaits sur la fonction rénale, le protégeant des calculs et des néphrites. Grâce à une consommation abondante, avec ses excréments, le « loup à crinière » est l’un des principaux diffuseurs de la plante dans son environnement naturel, opération qu’il accomplit également avec l’aide de certaines fourmis. En effet, les petits insectes hyménoptères recueillent les graines des excréments du crisocione et les accumulent à l’extérieur des fourmilières, favorisant la germination des nouvelles plants.

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La menace de l’homme

Le crisocione est un animal farouche et timide, mais il doit néanmoins faire face à de multiples menaces d’origine anthropique, c’est-à-dire humaine. Parmi ces menaces figurent la fragmentation de l’habitat naturel causée par l’agriculture et l’élevage ; la présence de routes et de chemins de fer traversant son environnement (il est souvent victime d’accidents) ; l’exposition à maladies infectieuses – en particulier prioniques et virales – liées à l’introduction de spèces étrangères et aux chiens domestiques ; et, enfin, la persécution et la chasse par l’homme.

Selon le dernier monitoring effectué en 2015 par l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN), environ 17 000 individus adultes de crisocione vivent en Amérique du Sud, répartis entre le Brésil, l’Argentine, la Bolivie, le Paraguay et le Pérou. L’espèce est considérée comme probablement éteinte en Uruguay, tandis qu’elle est classée globalement comme “préoccupante pour sa survie” (code NT, près du danger) dans la liste rouge de l’UICN, à la lumière des menaces mentionnées.