Une récente étude américaine a révélé que le paracétamol pourrait influencer les comportements des individus en diminuant leur niveau d’anxiété et en rendant certains actes jugés risqués plus acceptables. Ces découvertes pourraient ouvrir un débat novateur sur les effets inattendus de ce médicament largement utilisé.
Une étude réalisée aux États-Unis a suggéré que la prise de paracétamol, l’un des principes actifs les plus utilisés au monde, pourrait réduire les niveaux d’anxiété et les émotions négatives associées à certaines actions, rendant ainsi les personnes plus enclines à adopter des comportements jugés risqués.

Le paracétamol est l’un des médicaments les plus utilisés au monde pour ses propriétés antipyrétiques et analgésiques: par exemple, en France, ce principe actif se retrouve dans plus de 100 médicaments disponibles en vente libre ou sur ordonnance. Il est principalement utilisé en cas de fièvre ou pour soulager des douleurs telles que les maux de tête ou les douleurs dentaires.
Bien qu’ils ne remettent pas en cause sa sécurité, des études récentes mettent en lumière, ou du moins suggèrent, la possibilité d’effets psychologiques inattendus associés à l’utilisation de ce principe actif courant. L’une des études les plus surprenantes a été réalisée par un groupe de chercheurs de l’Ohio State University : publiée en 2020, cette étude suggère que ceux sous l’effet du paracétamol pourraient adopter plus facilement des comportements risqués.
Étude sur les comportements à risque
Les chercheurs ont administré une dose de 1000 mg – le dosage le plus souvent pris par les adultes – à un groupe de 189 étudiants universitaires : certains ont reçu le médicament, d’autres un placebo, sans en être informés. Après le temps nécessaire pour que le médicament fasse effet, les participants ont rempli un questionnaire où ils devaient attribuer une note de 1 à 7 pour évaluer le degré de risque associé à différents comportements, tels que exprimer leur opinion sur un sujet impopulaire lors d’une réunion de travail ou faire du saut à l’élastique.
Les résultats ont montré que les participants ayant pris du paracétamol étaient moins enclins à juger les activités comme risquées par rapport à ceux ayant pris le placebo. « Le paracétamol semble réduire les émotions négatives ressenties lors de l’évaluation des activités risquées ou simplement rendre les individus moins effrayés », a expliqué le professeur Baldwin Way, responsable de l’étude.
Ce que d’autres recherches avaient suggéré
La même équipe de chercheurs avait mené d’autres études sur ce thème, et les résultats avaient déjà indiqué que la prise de paracétamol pouvait avoir des effets psychologiques inattendus. Dans l’une de ces études, 545 autres étudiants universitaires avaient été invités à réaliser un test élaboré en 2002 pour mesurer la perception du risque d’un certain acte. Le test consiste en un jeu sur ordinateur associé à un gain financier. Les participants devaient cliquer sur un ballon pour le gonfler ; plus ils cliquent, plus la récompense financière augmente, mais il y a un risque : si le ballon est trop gonflé, il éclate, faisant perdre tout l’argent aux participants.
Les recherches antérieures avaient montré que prendre plus de risques dans ce test prédit des comportements risqués dans la vie réelle, comme conduire sans ceinture de sécurité, consommer de l’alcool et des drogues.
L’hypothèse de l’effet sur l’anxiété
Dans ce cas particulier – expliquent les chercheurs – les résultats étaient assez clairs : les participants ayant pris du paracétamol avaient gonflé le ballon davantage, montrant ainsi qu’ils étaient moins effrayés par le risque de le faire éclater et de perdre tout l’argent en jeu. Peut-être – avancent les chercheurs – que la prise de paracétamol a réduit les niveaux d’anxiété et de peur liés à ce comportement autrement jugé risqué.
Il convient de préciser une fois de plus qu’il s’agit d’une étude exploratoire dont l’objectif n’est pas de décourager l’utilisation du médicament, mais de suggérer l’importance de poursuivre des études plus systématiques sur ses effets psychologiques potentiels jusqu’à présent inexplorés.
