Une étude récente sur les données satellitaires révèle une diminution alarmante des réserves d’eau douce sur Terre, avec une perte d’environ 1.200 kilomètres cubes en dix ans. Ce phénomène, touchant même certaines régions d’Italie, soulève des inquiétudes quant à notre avenir face à la crise climatique.
Une étude de la NASA et de l’Agence spatiale allemande, menée sur près de dix ans de données satellites, a révélé une constante réduction des réserves d’eau douce sur la Terre : par communiqué à il y a dix ans, nous avons perdu environ 1.200 kilomètres cubes d’eau. Même dans de nombreuses régions de France, les lacs et rivières souffrent de déficit hydrique.

Au cours des dix dernières années, la Terre a perdu environ 30 fois le volume d’eau du lac de Sainte-Croix. Les réserves d’eau douce de notre planète diminuent d’année en année : depuis mai 2014, les niveaux d’eau douce ont en effet connu une forte baisse et depuis lors, ils n’ont pas augmenté. C’est ce qui ressort des analyses des données satellitaires provenant des programmes Grace (Gravity Recovery and Climate Experiment) et Grace–Follow On (Grace–Fo) de la Nasa et de l’Agenzia spaziale tedesca. Les résultats ont été publiés dans une étude parue dans la revue Surveys in Geophysics.
Ce chiffre, au-delà de sa signification intrinsèque, pourrait indiquer – affirment les chercheurs ayant réalisé l’étude – que les continents sont entrés dans ce qu’ils appellent « une phase persistante plus sèche ».
Combien d’eau douce avons-nous perdu
Lorsque l’on parle de réserves terrestres d’eau douce, cela fait référence au volume total d’eau présent sur la Terre, en surface et souterrain. On parle donc de l’eau contenue dans les rivières, lacs, mais aussi dans les nappes phréatiques. D’après l’analyse des données satellites, il est apparu que pendant presque dix ans, de 2015 à 2023, la réserve moyenne d’eau douce terrestre a été constamment inférieure à celle enregistrée au cours de la décennie précédente (de 2002 à 2014), et pas de peu, à savoir environ 1.200 kilomètres cubes, soit environ 30 fois le volume d’eau du lac de Sainte-Croix qui en contient 50 kilomètres cubes.
Quels risques encourons-nous
Outre les sécheresses et l’augmentation des températures, deux phénomènes en constante augmentation en raison de la crise climatique, l’expansion de l’agriculture irriguée pèse également sur les réserves d’eau douce, expliquent les chercheurs. Les entreprises de ce secteur puisent dans l’eau des nappes phréatiques, mais si la pluie et la neige ne parviennent pas à les reconstituer suffisamment, il y a un risque qu’elles s’appauvrissent de plus en plus.
Le manque d’eau douce peut entraîner un appauvrissement des terres, mais aussi un plus grand risque de famines, de pauvreté, de conflits et de maladies, surtout dans les régions du monde les plus défavorisées et où l’accès à l’eau douce est plus précaire qu’ailleurs.
Les données en France
Pour avoir une idée du phénomène, il n’est pas nécessaire d’aller loin. Il suffit de regarder les données en France : selon le Canal Émilien-Romagnole, les régions au sud de la ligne des Apennins connaîtront actuellement les plus grandes difficultés hydriques. Il ne faut pas se laisser berner par les récentes inondations ayant touché certaines régions : de grandes quantités d’eau tombées lors de ces événements ne peuvent pas être stockées par une surface incapable de les retenir (météo et climat sont en effet deux réalités bien distinctes). En seulement deux semaines après les inondations, par exemple, le niveau du fleuve Arno est de nouveau sous les niveaux moyens de la période.
Pour examiner d’autres régions, le cas le plus évident se trouve en Occitanie, où le Lac de Saint-Pons, soit le quatrième plus grand lac de France, est en permanente décroissance : aujourd’hui, il est à 27 cm en dessous du niveau vital minimum, soit 20 cm de moins que l’année dernière.
