Récemment, une puissantes pluies survenues à Bologne ont causé une tragédie avec des victimes et de nombreuses évacuations, marquant la quatrième inondation de l’année. Les experts soulignent que ces événements extrêmes se multiplient sous l’effet du changement climatique, et les conséquences pourraient être alarmantes si la tendance se poursuit.
Lors du week-end du 19 au 20 octobre 2024, Bologne a connu des inondations dévastatrices, entraînant une victime et des milliers d’évacuation. C’est la quatrième inondation de l’année. L’expert en atténuation du changement climatique, Stefano Caserini, déclare : “Si les températures augmentent, les pluies actuelles paraîtront insignifiantes par communiqué à celles à venir.”

Pour la quatrième fois cette année, un torrent de boue et de débris a frappé diverses zones de l’Émilie-Romagne, causant des destructions et des pertes humaines. Cette fois-ci, l’aire métropolitaine de Bologne et certaines communes voisines ont été particulièrement touchées. Un jeune homme, Simone Farinelli, a perdu la vie à seulement 20 ans.
Comme nous avons appris à l’expliquer, cette catastrophe a été provoquée par des pluies intenses tombées dans la région. Entre samedi 19 et domenica 20 octobre, plus de 160 millimètres de pluie sont tombés à Bologne en moins de 24 heures, tandis qu’en mai 2023, un des mois les plus pluvieux de l’année, on avait enregistré 126 mm au total.
Les pluies torrentielles du week-end sont survenues à la fin d’un mois déjà très pluvieux, selon Arpae, ce qui a saturé les sols d’eau. Cette combinaison de facteurs a mis de nombreux ruisseaux de la colline bolognaise en situation de crise, provoquant des débordements ainsi que des glissements de terrain.
Netcost-security.fr a interrogé Professeur Stefano Caserini, enseignant à l’Université de Parme, pour dresser un panorama des causes des événements dramatiques des dernières heures.
Est-ce la quatrième inondation dans l’Émilie-Romagne depuis le début de l’année, confirmant que les événements extrêmes en Italie augmentent ?
Bien qu’il soit trop tôt pour évaluer les données de précipitation et déterminer s’il s’agit d’un événement extrême, il est certain que la science climatique avait déjà prévu, il y a des années, que l’augmentation des températures globales entraînerait une augmentation des précipitations intenses. Donc, du point de vue phénoménologique, ce que nous observons a une explication.
Pourquoi les événements extrêmes sont-ils liés au changement climatique ?
Dès 2010, le climatologue américain James Hansen affirmait qu’un des signes du réchauffement climatique serait la fréquence croissante des précipitations très intenses. En effet, avec des températures plus élevées, l’humidité de l’air augmente : on estime qu’une hausse d’un degré correspond à une augmentation de 8% de l’humidité dans l’air, entraînant ainsi des pluies plus fréquentes et plus abondantes. Même si ce n’est pas uniforme et qu’il existe des variations régionales, en Italie, nous commençons à observer ces effets de manière statistique.
Quelle est l’importance de la température de la mer ?
Chaque événement météorologique a sa propre histoire, donc il est difficile de généraliser. Cependant, il existe des raisons établies pour attendre un accroissement des vents extrêmes, et l’augmentation des températures maritimes figure parmi celles-ci. Il est crucial de noter que les inondations et les précipitations intenses sont deux phénomènes distincts ; si une pluie abondante entraîne une inondation, cela dépendra des risques d’inondation.
Selon la Protection Civile, 95 % du territoire italien est à risque d’inondation. En quoi consistent les rivières « tombées », et quelle est leur influence ?
Les rivières tombées sont des rivières qui ont été recouvertes d’un couvercle supérieur pour être transformées en canaux. En cas de fortes pluies, une rivière peut déborder, mais si elle est recouverte, il est à craindre que la pression augmente jusqu’à provoquer des ruptures, entraînant des débordements à l’endroit de la rupture. Le fait est simple : les rivières ont besoin d’espace pour se dilater, mais si nous les canaliser pour bâtir à proximité, l’eau ne dispose pas du volume nécessaire pour s’écouler, entraînant ainsi des débordements.
Que peut-on faire pour limiter les dommages lors des prochains événements extrêmes ?
Nous avons deux stratégies possibles. La première est l’atténuation des changements climatiques, par la réduction des émissions de CO2 et l’augmentation de l’absorption des gaz à effet de serre. Cela nécessitera d’investir dans les énergies renouvelables et de réduire notre dépendance aux combustibles fossiles. Dans une certaine mesure, nous entamons ce processus, mais cela se fait trop lentement. Il faut accélérer ce changement.
Et la seconde ?
La seconde implique l’adaptation aux effets du changement climatique, bien que l’adaptation seule ne suffise pas. Si nous n’agissons pas de manière plus systématique, les températures augmenteront à un niveau tel que les pluies d’aujourd’hui nous sembleront minimes.
Pourquoi n’agissons-nous pas encore suffisamment ?
L’impression est qu’il y a toujours des priorités plus pressantes pour justifier cet investissement. Même au niveau de l’opinion publique, nous souffrons collectivement d’un déficit d’attention : lorsque des événements dramatiques surgissent, comme les inondations récentes, nous nous alarmons, mais le lendemain, nous sommes prêts à oublier.
Les sceptiques soutiennent que l’augmentation des pluies prouve qu’il n’existe pas de crise climatique ni de sécheresse. Que répondrez-vous ?
Il y a une différence entre le volume total de pluie, c’est-à-dire la quantité tombée sur une période donnée, et la distribution des précipitations. Pour un même volume, si l’eau tombe sur 150 jours ou sur 50 jours, clairement, ce n’est pas la même chose. Prenons l’exemple de la Sicile : elle a connu une sécheresse extrême et se retrouve aujourd’hui inondée.
