Les incendies de forêt de 2023 au Canada ont eu un impact alarmant sur l’environnement, libérant une quantité de dioxyde de carbone équivalente à dix ans d’émissions provenant des incendies. Ce phénomène met en lumière le lien croissant entre la crise climatique et la fréquence des incendies destructeurs, soulevant des questions cruciales pour l’avenir.
Dans le nouveau communiqué « État des feux de forêt 2023–2024 », les scientifiques ont déterminé que les incendies catastrophiques de l’année dernière au Canada ont libéré dans l’atmosphère une quantité énorme de gaz à effet de serre, équivalente à la CO2 émise en 10 ans d’incendies. Quel est l’impact de ce phénomène et pourquoi la crise climatique augmente-t-elle le risque de feux dévastateurs.

Parmi les principales conséquences du changement climatique, on trouve les incendies plus désastreux, capables de dévorer des zones boisées (et non) de plus en plus vastes et de catalyser à leur tour le réchauffement climatique, en plus de provoquer une pollution de l’air significative, dangereuse pour la santé. Ce qui s’est produit au Canada l’année dernière est une nouvelle preuve de la manière dont la crise climatique peut exacerber des événements déjà destructeurs comme les grands incendies. Selon une étude récente, il a été déterminé que les incendies ayant frappé le pays nord-américain en 2023 ont libéré dans l’atmosphère pas moins de 2 milliards de tonnes de dioxide de carbone (CO2), ce qui équivaut à dix ans d’émissions provoquées en moyenne par les incendies. De plus, la zone forestière détruite par les flammes était six fois plus grande que la moyenne enregistrée chaque année au Canada, obligeant les autorités à évacuer plus de 230 000 personnes. Les experts ont également déterminé que la crise climatique avait rendu 300 % plus probable le déclenchement d’incendies aussi dévastateurs dans le pays de la feuille d’érable.

C’est une équipe de recherche internationale dirigée par des scientifiques britanniques de l’École des Sciences de l’Environnement de l’Université d’East Anglia qui a calculé l’ampleur monstrueuse des incendies qui ont touché le Canada en 2023 (et d’autres pays). Ils ont collaboré étroitement avec des collègues de nombreux instituts. Parmi ceux impliqués, le Centre britannique pour l’Hydrologie et l’Écologie, l’European Centre for Medium-range Weather Forecasts, le Met Office, l’Institute of Mediterranean Forest Ecosystems – Hellenic Agricultural Organization (DIMITRA) et bien d’autres. Les chercheurs, coordonnés par le professeur Matthew W. Jones, enseignant au Tyndall Centre for Climate Change Research de l’université anglaise, sont arrivés à leurs conclusions après avoir analysé les données provenant de jeux mondiaux de multiples sources. Il a été déterminé que, d’ici la fin du siècle, des événements d’une gravité similaire à celui de l’année dernière au Canada se produiront avec une fréquence de 6,3 à 10,8 fois supérieure, dans un scénario d’émissions de CO2 et d’autres gaz à effet de serre de niveau moyen à élevé. Et les émissions continuent d’augmenter d’année en année, malgré les assurances des nations concernant la transition écologique en cours.
Que les incendies ayant touché le Canada en 2023 soient exceptionnels, cela s’était déjà compris en cours de phénomène ; non seulement à cause du nombre énorme de personnes obligées d’abandonner leurs maisons, mais aussi à cause des effets dans les cieux – teintés d’un rouge et d’un jaune inquiétants – même dans les États-Unis voisins. On se rappelle par exemple de la ligne d’horizon surréaliste à New York, remplie de fumée et de cendres dégagées par la végétation brûlée par les flammes et transportées par le vent. Pendant ces jours-là, la qualité de l’air a chuté, mettant en grave danger la santé des gens, en particulier ceux atteints d’asthme et d’autres maladies respiratoires. Par la suite, la fumée est arrivée jusqu’en Europe, comme le montrent des images satellites.
De tels incendies, en plus d’être beaucoup plus probables à cause de la crise climatique, qui appauvrit les ressources en eau et rend la végétation sèche et fragile, favorisant ainsi le déclenchement et la propagation des flammes, contribuent aussi à exacerber le réchauffement climatique. Les feux brûlent un nombre incalculable de trois, qui sont parmi les principaux biodépots de carbone ; leur destruction libère des émissions significatives et parfois effroyables, comme dans le cas des incendies canadiens de 2023. Comme indiqué, ce sont bien 2 milliards de tonnes de CO2 qui ont fini dans l’atmosphère. Le dioxyde de carbone est le principal gaz à effet de serre qui « piège » la chaleur dans la basse atmosphère et augmente la fièvre de la planète.
Les émissions mondiales provoquées par les incendies en 2023 ont augmenté de neuf fois à l’échelle mondiale en raison des incendies canadiens, malgré une diminution des incendies dans la savane africaine. Pour comprendre l’impact des incendies de forêt sur les émissions, il suffit de penser qu’à l’échelle mondiale, elles dépassent les 8,5 milliards de tonnes par an, presque le double des émissions annuelles totales des États-Unis (4,8 milliards de tonnes, comme rapporté par le Guardian).

Parmi les autres événements significatifs de l’année dernière, les auteurs du nouveau communiqué ont indiqué le plus grand incendie de forêt jamais enregistré dans l’Union Européenne, qui a eu lieu en Grèce. La perte a été de pas moins de 900 kilomètres carrés de végétation (ce pays est également aux prises avec des incendies dévastateurs cette année). Particulièrement dramatiques ont également été les incendies survenues aux Hawaï et au Chili, qui ont respectivement causé la mort de 100 et 131 personnes.
En tout, en 2023, 12 millions d’hectares de forêts et de maquis méditerranéens ont été perdus, une surface comparable à l’ensemble du Nicaragua et environ 25 pour cent supérieure au record enregistré en 2016. Comme indiqué, la crise climatique est le moteur de ces incendies catastrophiques et aujourd’hui, en moyenne, environ 6 millions d’hectares perdus en plus chaque année par communiqué à ce qui se produisait au début du millénaire. Selon une récente étude menée par des scientifiques italiens et espagnols, d’ici 2100, les incendies dévoreront de 40 à 100 pour cent de végétation en plus dans les pays méditerranéens. Ainsi, même en Italie, nous devons nous préparer à des phénomènes de plus en plus dangereux, nuisibles pour l’environnement et la santé. Les détails du nouveau communiqué « État des feux de forêt 2023–2024 » ont été publiés dans Earth System Science Data de la mission Copernicus.
