Pourquoi on verra tant d’étoiles filantes cette semaine, même si la nuit de San Lorenzo est passée

Crédit : NASA/MSFC Bureau de l'environnement des météoroïdes

Alors que le phénomène des Perseïdes touche à sa fin après son apogée, le ciel continue de nous offrir de magnifiques spectacles stellaires. Une période propice pour admirer ces fameuses étoiles filantes, issues des débris laissés par la comète 109P/Swift-Tuttle. Les raisons de cette splendeur céleste méritent d’être explorées plus en détail.

Bien que le pic des Perséides et la nuit de Saint Laurent soient passés, tout au long de la semaine en cours (et au-delà), nous aurons la possibilité d’admirer dans le ciel de nombreuses belles étoiles filantes, les soi-disant « larmes ». Voici pourquoi et comment les voir.

Crédit : NASA/MSFC Bureau de l'environnement des météoroïdes

Crédit : NASA/MSFC Bureau de l’environnement des météoroïdes

Au mois d’août, on observe le pic du essaim météorique le plus connu et aimé de l’année, celui des Perséides, dont les « étoiles filantes » sont communément appelées Larmes de Saint Laurent. La raison réside dans le fait que le martyre de Laurent, diacre de Rome condamné à mort par un édit de l’Empereur Valérien avec d’autres membres de l’Église, s’est produit le 10 août 258 après Jésus-Christ, période à laquelle les Perséides atteignent leur maximum éclat dans le ciel. La tradition a donc associé l’épilogue tragique et la souffrance de Saint Laurent, brûlé vif sur une grille, avec le passage des magnifiques traînées lumineuses dans le ciel.

Crédit : NASA

Crédit : NASA

Aujourd’hui, le pic maximal des Perséides se produit généralement entre le 11 et le 13 août ; pour cette année, comme l’explique l’Union des astrophiles italiens (UAI), le sommet du phénomène astronomique a été atteint pendant la journée d’aujourd’hui, lundi 12 août 2024, c’est pourquoi plusieurs experts ont recommandé d’essayer d’observer les étoiles filantes – techniquement appelées météores – dans la seconde partie de la nuit de dimanche à dimanche. D’autres suggèrent de le faire cette nuit, entre le 12 et le 13. Pas étonnant que le Virtual Telescope Project (VTP) dirigé par l’astrophysicien italien Gianluca Masi ait programmé deux événements pour l’observation en ligne en direct. Le second se tiendra cette nuit, à partir de 03h00 heure française (01h00 Temps Universel Coordonné – UTC) de mardi 13.

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Bien que le pic maximal des Perséides et la Nuit de Saint Laurent soient passés, pourquoi pouvons-nous nous attendre à voir tant de belles étoiles filantes tout au long de cette semaine? La raison est liée au fait que nous sommes face à un essaim météorique, une “pluie” de météores qui dure plus ou moins longtemps en fonction des déblais qui le déclenchent. Dans ce cas particulier, cela continuera jusqu’à la fin du mois d’août. Il convient de rappeler que les étoiles filantes n’ont rien à voir avec les astres qui brillent dans le firmament, mais sont des traînées lumineuses générées par l’impact de minuscules fragments et poussières (laissés par des comètes et astéroïdes) qui se heurtent à l’atmosphère terrestre. Dans le cas des Perséides, la source est la traîne de débris de la comète périodique 109P/Swift-Tuttle, qui nous rend visite tous les 133 ans. La dernière fois, c’était en 1992, la prochaine sera dans le lointain 2126.

Quand voir les étoiles filantes la nuit de Saint Laurent 2024 : dates et horaires du pic

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À chaque passage, la comète fournit de nouveau matériel à ce nuage, rendant l’essaim météorique plus vif, intense et riche, offrant un nombre toujours croissant et spectaculaire de météores. Cela se produit lorsque la Terre, dans sa trajectoire annuelle autour du Soleil, se heurte – littéralement – à la nuée laissée par le passage de la comète. Lorsque les petits fragments entrent en collision avec l’atmosphère terrestre à des vitesses impressionnantes – de dizaines de kilomètres par seconde – en raison de la friction, ils subissent un phénomène appelé ablation, qui les détruit et les « enflamme ». L’intensité, la durée et la couleur des traînées lumineuses dépendent de divers facteurs, allant de la taille du fragment impliqué à la composition chimique, en passant par l’angle d’entrée et la vitesse.

Les Perséides capturées le 12 août 2018 depuis Castel Santa Maria (PG). Crédit : Gianluca Masi / Virtual Telescope Project

Les Perséides capturées le 12 août 2018 depuis Castel Santa Maria (PG). Crédit : Gianluca Masi / Virtual Telescope Project

L’“incident spatial” entre la Terre et la nuée laissée par la comète 109P/Swift-Tuttle n’est pas un événement d’un jour. Les essaims météoritiques ont en effet une durée qui peut atteindre plusieurs semaines. Dans le cas des Perséides, en général, les étoiles filantes sont visibles entre la mi-juillet et la fin août, avec le pic maximal concentré entre le 11 et le 13. “Les Perséides devraient être bien visibles un ou deux jours avant et après, les conditions météorologiques et d’éclairage local étant probablement des facteurs plus significatifs que le pic mathématique précis”, a expliqué au Guardian le docteur Ed Bloomer, astronome au Royal Observatory de Greenwich.

La position du radiant des Perséides dans la nuit entre le 11 et le 12 août 2024. Crédit : Stellarium

La position du radiant des Perséides dans la nuit entre le 11 et le 12 août 2024. Crédit : Stellarium

La référence concerne précisément les jours qui précèdent le pic maximal, que nous rappelons être aujourd’hui, donc yeux au ciel car nous sommes encore dans le meilleur moment pour tenter l’observation, facilitée également par l’absence de Lune dans la seconde partie de la nuit. À cet égard, rappelons que le nom des essaims météoritiques est lié au radiant, c’est-à-dire la zone du ciel d’où semblent provenir les météores, qui lui-même est associé à une constellation. Dans ce cas, il s’agit de celle de Pégase, qui ces jours-ci est bien visible entre le Nord-Est et l’Est au cœur de la nuit. Les étoiles filantes peuvent traverser une grande partie du firmament, donc il n’est pas conseillé de se concentrer uniquement sur le radiant, qu’il convient de garder sous l’œil, comme l’a expliqué le docteur Bloomer.