Un groupe de chercheurs de l’Université Aberystwyth, au Pays de Galles, a découvert qu’en étudiant les « régions actives du soleil », il est possible de calculer la vitesse d’éjection de matière solaire à l’origine d’une tempête géomagnétique. Cela pourrait nous aider à prévenir les effets potentiellement catastrophiques sur la technologie terrestre et satellitaire.

NASA Goddard Space Flight Center | Une éjection de masse coronale en juin 2015
Le chaos provoqué par la panne informatique du vendredi 19 juillet a mis en évidence le rôle fondamental qu’internet et la technologie jouent dans notre monde. Au point qu’à la suite de ces jours de panique, un groupe de scientifiques a voulu lancer un appel pour avertir des conséquences catastrophiques qu’une tempête géomagnétique particulièrement forte pourrait engendrer, comme celle qui frappa la Terre entre le 1er et le 2 septembre 1859, connue dans l’histoire sous le nom de « Événement de Carrington ». Marco Casolino, directeur de recherche à l’Institut National de Physique Nucléaire (INFN) à l’Université de Rome Tor Vergata, a expliqué à Netcost-security.fr ce qu’est une tempête géomagnétique et comment elle se forme.
Conscients des effets que pourrait avoir une nouvelle tempête solaire sur nos vies, les chercheurs tentent de trouver un moyen de les prévenir, surtout face au rythme avec lequel les tempêtes géomagnétiques frappent notre planète, en augmentation constante depuis le début de l’année 2023. Un groupe de chercheurs de l’Université Aberystwyth, au Pays de Galles, semble avoir trouvé la solution.
Pourquoi il est essentiel de prévenir les tempêtes solaires
Les tempêtes solaires ou géomagnétiques sont causées par des périodes de forte activité solaire qui provoquent une perturbation du champ magnétique de la Terre. Elles représentent potentiellement un risque pour nos vies et notre sécurité, car à des intensités élevées, elles peuvent perturber les services et infrastructures essentiels à notre survie, du moins dans le monde tel que nous le connaissons aujourd’hui.
Le chaos global du 19 juillet n’est qu’un aperçu des effets d’une tempête solaire extrême
Dans le cas de tempêtes particulièrement intenses, le risque – écrivent les auteurs de l’étude – est qu’elles parviennent à « dévaster la technologie terrestre » présente sur la Terre et en orbite terrestre, y compris celle des satellites.
Concrètement, une tempête solaire se manifeste par une éjection de masse coronale (CME) du Soleil, c’est-à-dire un nuage de plasma solaire composé d’électrons, de protons et de champs magnétiques. Les chercheurs soutiennent qu’il pourrait être possible de prévoir la vitesse précise à laquelle l’éjection se déplace et combien de temps il lui faudra pour atteindre la Terre.
La solution proposée par les chercheurs
Ce qui a donné un tournant au travail des chercheurs gallois est l’étude du comportement des dites « régions actives » du soleil, c’est-à-dire celles d’où partent les éjections de CME. Ils ont procédé en monitorant le champ magnétique correspondant et en observant comment celui-ci se modifie avant, pendant et après une éruption.
Ils ont ainsi découvert qu’il existe un point limite, que les chercheurs ont appelé « hauteur critique », à partir duquel le champ magnétique devient très instable, pouvant provoquer une éruption de CME. En étudiant cette hauteur critique, il serait possible, selon les chercheurs, de calculer la vitesse de l’éjection de matière et donc le temps qu’il faudra pour atteindre notre planète.
« Comprendre et utiliser la hauteur critique dans nos prévisions améliore notre capacité à détecter les CME imminentes, contribuant ainsi à protéger la technologie sur laquelle reposent nos vies modernes », ont déclaré les chercheurs.
