Se peser sur la balance, surtout dans le contexte d’un régime amaigrissant, est un geste important qui peut avoir un impact psychologique significatif et conduire également à des comportements malsains et contre-productifs. Voici combien de fois et quand vous devriez le faire selon un scientifique expert en perte de poids.

La balance est un dispositif extrêmement utile pour contrôler le poids corporel et, plus généralement, notre santé; par exemple, elle peut nous aider à comprendre quand il est approprié d’intervenir sur la alimentation (toujours sous conseil d’un expert en nutrition), ou elle peut nous envoyer des signaux mystérieux sur d’éventuelles conditions médicales « cachées ». Une perte de poids sans explication, c’est-à-dire en suivant toujours la même routine alimentaire et d’activité physique, peut en effet être le signe d’une maladie sous-jacente et il est donc nécessaire de consulter un médecin. La balance est donc une précieuse alliée non seulement lorsque l’on suit un régime dans le but de perdre du poids, mais aussi pour le bien-être général. Parmi les questions que l’on se pose souvent en s’approchant de l’objet en question, parfois avec une certaine appréhension, se trouvent combien de fois, quand, à quelle heure et dans quelles conditions monter sur la balance et se peser.
Il y a des experts qui conseillent de le faire chaque jour, mais selon d’autres ce n’est pas le choix le plus sage, car, comme l’a souligné l’étude « Self-Weighing: Helpful or Harmful for Psychological Well-Being? A Test of the Literature » publiée dans la revue Current Obesity Reports, ce petit chiffre qui apparaît sur l’écran peut avoir un impact psychologique significatif si nous ne le comprenons pas en profondeur et s’il ne correspond pas à celui attendu. Le risque est qu’il pourrait favoriser des comportements malsains et même contre-productifs dans le contexte d’un régime amaigrissant, en plus de catalyser un fort malaise psychologique. Donc, combien de fois est-il opportun de monter sur l’outil?

Comme expliqué dans un article sur The Conversation par le professeur Nick Fuller, chef de la recherche au Charles Perkins Centre de l’Université de Sydney et fondateur du programme Interval Poids Loss, le conseil est de se peser une fois par semaine. Mais pas seulement. Il faudrait le faire toujours à la même heure et le même jour, « avant de prendre une douche, après être allé aux toilettes, mais avant d’avoir bu ou mangé quoi que ce soit », explique le scientifique, spécialiste de l’obésité, du diabète et des maladies cardiovasculaires. Fuller souligne que se peser à intervalles réguliers aide à perdre et à gérer mieux son poids corporel, en augmentant la conscience de sa situation et de tout changement éventuel.
Le scientifique cite l’étude « The Impact of Regular Self-weighing on Poids Management: A Systematic Literature Test » publiée dans la revue spécialisée International Journal of Behavioral Nutrition and Physical Activity, dans laquelle les scientifiques de la Minneapolis Heart Institute Foundation ont souligné que se peser régulièrement est un comportement associé à une perte de 1 à 3 unités de l’indice de masse corporelle (IMC) de plus chaque mois par communiqué à ceux qui ne le faisaient pas. De plus, moins de poids était repris dans les phases suivantes. Le bénéfice dans la perte de poids était évident en se pesant une fois par semaine, mais pas en le faisant une fois par jour, a expliqué le professeur Fuller.

Il y a plusieurs raisons pour lesquelles se peser chaque jour peut être contre-productif. Tout d’abord, notre poids corporel peut varier de 0,35 pour cent dans une semaine et donc montrer des fluctuations significatives jour après jour. Souvent, le poids le plus élevé apparaît après le week-end, sans besoin de festins avec des repas somptueux. Après un dîner riche en glucides, comme par exemple la pizza classique du samedi soir accompagnée d’arancini, croquettes, bruschette et autres produits similaires, notre organisme retient entre 3 et 4 grammes d’eau en plus pour chaque gramme de glucide consommé. Le lundi, nous pesons plus (aussi) car notre organisme retient plus d’eau.
Si les aliments que nous consommons sont également particulièrement salés, l’effet sur le poids est encore plus important. Pour maintenir les équilibres électrolytiques dans le sang, en effet, nous retenons plus d’eau pour diluer l’excès de sel, souligne le professeur Fuller. Il faut également tenir compte d’autres facteurs. Pendant la seconde phase du cycle menstruel (la phase lutéale), les femmes peuvent faire face à une rétention d’eau et leur poids peut augmenter jusqu’à 2 kilogrammes, en raison du « transfert de liquides du plasma sanguin aux cellules », qui peut être associé à des gonflements.
Bref, se peser chaque jour n’est pas une bonne idée, surtout à la lumière de ces fluctuations et de l’impact que peuvent avoir sur nos attentes les valeurs qui ne nous plaisent pas; le faire une fois par semaine, en suivant les conseils de l’expert sur les moments et les modalités, peut en revanche apporter les meilleurs avantages en termes de perte de poids, de récupération des kilos superflus dans une phase ultérieure et d’impact psychologique.
