Qu’est-ce que ce graphique partagé par la Protection Civile et pourquoi cela devrait vous préoccuper

Le strisce colorate mostrano il riscaldamento in Italia a partire dal 1850. Credit: Professor Ed Hawkins (University of Reading)/showyourstripes.info

Dans un post sur X, la Protection Civile a partagé un graphique curieux composé de bandes colorées. Qu’indique-t-il et pourquoi devrait-il vous faire réfléchir.

Le strisce colorate mostrano il riscaldamento in Italia a partire dal 1850. Credit: Professor Ed Hawkins (University of Reading)/showyourstripes.info

Les bandes colorées montrent le réchauffement en Italie à partir de 1850. Crédit : Professeur Ed Hawkins (Université de Reading)/showyourstripes.info

La Protection Civile a partagé sur X (le regretté Twitter) une curieuse image montrant une série de bandes colorées allant du bleu au rouge. En termes simples, c’est une représentation graphique de l’augmentation des températures en Italie à partir de 1850. « La journée ‘ShowYourStripes’ n’est pas seulement un jeu, mais un moyen de prendre conscience des changements climatiques », explique la Protection Civile. Aujourd’hui, en effet, les utilisateurs des réseaux sociaux sont invités à partager sur leurs pages le graphique à bandes relatif à leur lieu d’origine, une façon originale de sensibiliser les autres au thème du réchauffement climatique et de souligner que c’est un problème qui concerne l’ensemble de l’humanité. Voici comment le faire et ce que sont exactement ces bandes colorées.

Il faut souligner que parmi les méthodes les plus efficaces pour faire comprendre l’impact du changement climatique, il y a justement les graphiques. Plus simples, clairs et directs, plus grand est l’effet instructif – et de sensibilisation – chez ceux qui les consultent, même s’ils ne sont pas familiers des chiffres et des courbes. Parmi ceux les plus adaptés à cet effet, il y a sans aucun doute les « bandes de réchauffement » (warming stripes) développées par le professeur Ed Hawkins, jeune enseignant en sciences climatiques à l’Université de Reading, au Royaume-Unis. En termes simples, ce sont une sorte de code-barres constitué d’une séquence de bandes allant du bleu au rouge (en différentes nuances). Chaque bande est relative à la température moyenne d’une année donnée à un endroit donné, allant des villes individuelles au monde entier. La couleur bleue représente une température plus fraîche que la moyenne, le rouge une plus chaude. Plus intense est la couleur, plus grande est la divergence par communiqué à la température moyenne.

Placées les unes à côté des autres, ces bandes donnent naissance à une image colorée rappelant vaguement les barres de chargement du vieux Commodore 64, mais qui montre en réalité de manière progressive – et extrêmement intuitive – l’augmentation du réchauffement climatique à partir de 1850 jusqu’à nos jours, c’est-à-dire depuis la Révolution industrielle. Depuis lors, en effet, les activités humaines ont rejeté dans l’atmosphère d’énormes quantités de dioxyde de carbone (CO2) et d’autres gaz à effet de serre, à des concentrations de plus en plus élevées qui se sont traduites par des températures moyennes nettement plus élevées.

Les bandes colorées du professeur Hawkins montrent de manière indiscutable le passage du bleu au rouge, avec un réchauffement de plus en plus intense à partir des années ’90, lorsque l’émission de ces gaz a commencé à devenir de plus en plus importante. Le CO2, le méthane (CH4) et d’autres composés chimiques sont en effet responsables de l’effet de serre lorsqu’ils s’accumulent dans l’atmosphère, retenant la chaleur du rayonnement solaire dans les couches les plus basses et l’empêchant de se dissiper dans l’espace. Un phénomène similaire se produit de manière beaucoup plus dramatique sur Vénus, où l’atmosphère tourbillonnante et corrosive de dioxyde de carbone (à 96,4 pour cent) bloque tellement le rayonnement solaire qu’elle entraîne une température monstrueuse de 464 °C à la surface de la planète, suffisante pour fondre le plomb.

À travers le site showyourstripes.info, il est possible de générer rapidement le graphique avec les bandes colorées pour des villes individuelles, des nations entières, des continents et le monde entier. Il suffit d’entrer les données de la région géographique qui vous intéresse dans le menu déroulant pratique sur la gauche. Pour la plupart des pays, les données utilisées pour générer les bandes – et donc montrer les températures moyennes – proviennent de l’Université de Berkley et de l’ensemble ERA5-Land. Pour certains pays, les données des agences météorologiques respectives sont intégrées (comme le NOAA pour les États-Unis), tandis qu’une combinaison de données de l’ensemble HadCRUT5.0 avec celles du Met Office du Royaume-Unis a été utilisée pour la moyenne mondiale.

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Comme indiqué, le graphique à bandes colorées pour l’Italie a été partagé par le Département de la Protection Civile et montre de manière indéniable comment même dans notre pays, les températures moyennes se sont réchauffées de manière significative à partir des années ’90, avec le bleu devenant subitement rouge et devenant de plus en plus sombre ces dernières années. Certaines bandes orange sont également visibles autour des années ’40; elles sont liées aux émissions de l’industrie de la guerre pendant la Seconde Guerre mondiale.

Si à l’échelle mondiale, à l’heure actuelle, la température moyenne est de 1,2 °C plus chaude qu’à l’époque préindustrielle, selon les données du CNR-ISAC en Italie, nous sommes déjà 1,7 °C au-dessus, donc au-delà du seuil de sécurité de 1,5 °C (pour la température globale) établi par les scientifiques. Au cours des 12 derniers mois, la température moyenne mondiale a été de 1,63 °C au-dessus de la moyenne préindustrielle, mais il faudra encore quelques années avant qu’elle ne se stabilise effectivement au-dessus de 1,5 °C. Au-delà de ce seuil, les conséquences les plus dramatiques et irréversibles de la crise climatique nous attendent; la seule arme dont nous disposons est de réduire drastiquement les émissions de CO2 et d’autres gaz à effet de serre, en adoptant pleinement la transition écologique.