Aujourd’hui, mardi 18 juin 2024, il y a trois grands complexes de taches solaires dirigés vers notre planète. L’un d’eux peut déclencher des éruptions de classe X : car ils représentent un danger potentiel.

Crédit : NASA SDO/HMI
Sur la surface du Soleil, la photosphère, il y a trois grands complexes de taches solaires qui pointent actuellement directement vers notre planète. L’un d’eux, appelé AR 3712, est étroitement surveillé par les scientifiques car il pourrait donner naissance à une éruption de classe X, la plus puissante de toutes. Ces phénomènes d’éruptions solaires peuvent s’accompagner de violentes expulsions de masse coronale (CME), capables de déclencher les redoutables tempêtes géomagnétiques ou solaires sur Terre. Plus la vitesse et l’énergie du vent solaire, composé de particules chargées électriquement appelées plasma, sont élevées, plus les chances de tempêtes géomagnétiques de grande intensité augmentent. Une de classe G5 (la plus élevée) comparable à l’Événement de Carrington de 1859, au cours duquel les télégraphes ont pris feu et les batteries se sont enclenchées sans être connectées, aurait des conséquences catastrophiques dans notre monde totalement façonné par la technologie. Réseaux électriques, internet, communications radio, satellites : tout cela pourrait subir des dommages dévastateurs avec des effets pouvant durer des mois.
Comme le montre une image sur le portail spécialisé en météo spatiale spaceweather.com, les trois taches solaires sous la loupe des experts se trouvent presque au centre du Soleil, légèrement déplacées vers la droite. AR 3712, potentiellement plus dangereuse, est la plus basse du trio ; juste au-dessus se trouve AR 3713, toujours en dessous de l’équateur solaire, tandis qu’un peu au-dessus se trouve le complexe AR 3716. Les deux dernières, selon les données recueillies par la sonde Solar Dynamics Observatory de la NASA qui surveille le Soleil, sont caractérisées par des champs magnétiques bêta-gamma et peuvent déclencher des éruptions de classe M. Il s’agit de l’avant-dernière des quatre catégories prévues, à savoir B, C, M et X ; plus on monte en grade, plus l’énergie libérée par l’éruption ou le flash solaire est importante. Les classes de B à M sont divisées en sous-catégories de 1 à 9 (même avec des décimales) ; par exemple, la dernière éruption signalée, rapportée par spaceweatherlive, a été d’une classe M 1.38 (modérée) à 22h57 heure française le lundi 17 juin.

Au cours des dernières semaines, la Terre a été « dans le viseur » du grand complexe de taches solaires AR 3664, ensuite renommé en AR 3697 après avoir disparu d’un côté et réapparu de l’autre côté du Soleil. Cet ensemble de régions froides et sombres de l’étoile – par communiqué aux régions environnantes – a joué un rôle essentiel dans la spectaculaire aurore boréale qui s’est manifestée dans le ciel italien entre le 10 et le 11 mai 2024. Une série d’expulsions de masse coronale (CME) a donné lieu à des tempêtes géomagnétiques de classe G4 (avant-dernière classe de puissance) se traduisant par de magnifiques arcs colorés.
