En Valtellina, des tiques porteurs du virus responsable de la méningo-encéphalite ont été retrouvés sur la carcasse d’un chamois mort. Les parasites peuvent transmettre la maladie à différentes espèces de mammifères, y compris les humains. Quels sont les risques et les symptômes de l’infection.

La tique Ixodes ricinus, l’une des espèces pouvant transmettre le virus responsable de l’encéphalite. Crédit : James Lindsey / Wikipédia
Le 13 avril dernier, la carcasse d’un chamois a été trouvée dans une zone boisée de Rasura, une commune de la province de Sondrio, au cœur des Alpes Orobie, en Valtellina. Par mesure de routine, les restes de l’animal ont été soumis à des analyses en laboratoire, dont les résultats ont été communiqués ces derniers jours par les autorités compétentes. La présence de parasites porteurs du virus responsable de la méningo-encéphalite à tiques ou TBE (acronyme de Tick Borne Encephalitis), une maladie potentiellement mortelle également connue sous le nom d’encéphalite à tiques ou de méningo-encéphalite printemps-été, a été détectée sur le corps.
À la suite de la publication de certains articles trompeurs, l’ATS della Montagna a précisé que les tests étaient encore en cours et que la positivité avait été constatée uniquement chez les arthropodes présents sur le chamois, et non sur l’animal sauvage. En d’autres termes, nous ne savons pas encore si le chamois est mort de l’infection ou non. Néanmoins, la nouvelle a suscité des inquiétudes dans la région car la maladie peut être transmise à l’homme. Récemment, plusieurs cas d’infection ont été signalés chez des animaux sauvages et domestiques (chèvres) dans les provinces de Lecco et Bergamo, non loin de Rasura.
Où se trouve la méningo-encéphalite à tiques
La méningo-encéphalite à tiques, comme l’a expliqué l’Istituto Superiore di Sanità (ISS), a été détectée pour la première fois en Italie en 1994 dans la province de Belluno, et depuis lors, quelques dizaines de cas ont été recensés dans notre pays. La maladie est régulièrement présente dans différentes zones d’Asie, de Russie, d’Europe centrale, septentrionale et orientale. En avril 2023, l’agence de sécurité sanitaire publique du Royaume-Unis (UK Health Security Agency – UKHSA) avait annoncé le premier cas en Grande-Bretagne. Selon les experts, le virus responsable de la maladie, un arbovirus à simple brin d’ARN appartenant au genre Flavivirus, s’est propagé le long de l’arc alpin grâce aux vecteurs, donc le risque pour l’homme, bien que faible, n’est désormais plus concentré uniquement dans le nord-est, comme le montrent d’ailleurs les cas récents enregistrés chez la faune.

Quelles tiques peuvent transmettre la méningo-encéphalite
Parmi les espèces de tiques capables de transmettre le virus par leur piqûre, on trouve principalement Ixodes ricinus et Ixodes persulcatus, mais comme l’a souligné l’ISS, celles des genres Dermacentor et Haemaphysalis sont également des vecteurs compétents, c’est-à-dire qu’elles sont capables de transmettre l’infection. Quelques cas de la maladie ont également été signalés suite à la consommation de lait non pasteurisé prélevé sur des animaux positifs. Le virus peut être transmis à différentes espèces de mammifères, qui, en se déplaçant sur le territoire, transfèrent les tiques infectées sur une aire de plus en plus étendue, augmentant ainsi également le risque pour les personnes.
Comment se protéger des piqûres de tiques
Pour ceux qui font des excursions dans des zones où se trouvent des tiques porteuses de maladies, il est recommandé de rester sur les sentiers battus ; de porter des vêtements longs (pantalons et chemises) de couleur claire pour repérer rapidement d’éventuels hôtes indésirables ; de rentrer les extrémités du pantalon dans les bottes ou les chaussettes ; et d’utiliser des répulsifs spécifiques contre les arthropodes. Un contrôle attentif du corps après avoir été dans des zones à risque est également important. Les tiques se glissent souvent dans les zones les plus délicates et intimes. Dans le cas où l’on serait piqué par une tique porteuse du virus responsable de la méningo-encéphalite à tiques, il n’est cependant pas automatique que l’infection se déclenche ; plus le parasite reste accroché pour sucer le sang, plus le risque de contracter la maladie est élevé.
Les symptômes de l’infection
Dans la grande majorité des cas, comme l’indique l’ISS, l’infection est asymptomatique ou paucisymptomatique (symptômes légers), mais dans les 30 pour cent restants, des symptômes similaires à ceux d’un syndrome grippal et non spécifiques peuvent apparaître, tels que des maux de tête, une forte fièvre, des douleurs musculaires, de la fatigue, etc. La période d’incubation (temps d’apparition après exposition au virus) varie de quelques jours à un mois après la piqûre de la tique infectée. En général, les symptômes disparaissent en une semaine. Cependant, chez un certain pourcentage de personnes développant des symptômes, les complications les plus graves peuvent survenir, car le pathogène peut atteindre le système nerveux central, entraînant une encéphalite, une méningo-encéphalite ou une méningo-encéphalomyélite, c’est-à-dire des inflammations du cerveau, des méninges et de la moelle épinière (combinées ou non), en fonction du type. Des convulsions et des paralysies sont également possibles. Les adultes sont généralement plus touchés que les enfants. Il n’existe aucun traitement pour la maladie transmise par les tiques, donc on peut procéder avec des anti-inflammatoires, des corticostéroïdes et une assistance respiratoire si nécessaire. Cependant, un vaccin basé sur un cycle de trois doses et des rappels tous les trois ans est disponible.
