Les cachalots parlent comme les êtres humains : les secrets du système phonétique des cétacés révélés

WIKIMEDIA | Découverte de l'alphabet phonétique avec lequel les cachalots communiquent entre eux

Selon les scientifiques du MIT et du projet CETI, les animaux marins utilisent une structure discursive similaire à celle des êtres humains. Le modèle de communication a été découvert grâce à l’apprentissage automatique, mais le contenu des « phrases » reste encore un mystère.

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WIKIMEDIA | Découverte de l’alphabet phonétique avec lequel les cachalots communiquent entre eux.

Clic. Clicclic. Clic. Cela ressemble juste à une série de claquements, mais en réalité, il s’agit d’une véritable conversation qui ressemble à celle des êtres humains. Pendant longtemps, les scientifiques ont étudié la communication des cachalots, sans jamais décrypter la signification spécifique des sons enregistrés dans l’eau. Selon une récente étude publiée dans Nature Communications, la série de clics que les cachalots produisent a en réalité une structure similaire à celle d’un alphabet phonétique, qui jusqu’à présent n’était attribué qu’aux humains. Et la combinaison de sons forme de véritables mots, comme dans notre langage.

Que ont découvert les scientifiques sur la communication des cétacés ?

Ils s’appellent « code » et sont les unités de base de la communication entre cachalots. Une série de claquements émis sous l’eau, à un volume de 170 décibels (un tir à un mètre de distance produit un son de 140 décibels). Les codes sont les fondations d’un discours qui est resté longtemps un mystère pour les scientifiques. Tout comme le langage humain combine des voyelles et des consonnes pour former les mots qui, une fois combinés, donnent un sens à une phrase, les codes fonctionnent de la même manière. Les clics des cachalots ne sont pas émis au hasard mais suivent des règles spécifiques, selon l’étude menée par le Massachusetts Institute of Technology (MIT) et le projet CETI.

Dans l’étude, 18 types de rythmes différents ont été identifiés, c’est-à-dire les intervalles entre le son et le silence, ainsi que cinq types de durée des phrases. De plus, entre une conversation marine et une autre, les scientifiques ont trouvé des éléments de discours qui n’avaient jamais été identifiés auparavant. Tout d’abord, des clics supplémentaires, appelés « ornements », qui ne sont pas distribués au hasard, mais à la fin de conversations particulièrement longues.

Deuxièmement, ce qui est appelé « volé », c’est-à-dire la variation de la durée des codes en réponse à ce que l’interlocuteur a « dit ». La combinaison de ces structures de base donne vie à la conversation, qui dépend également du contexte du discours.

Comment a été étudiée la structure des « codes » ?

La découverte d’un schéma dans le discours des cachalots a été trouvée grâce à un algorithme qui a réussi à « lire » et à systématiser les conversations de 60 individus d’un clan de cétacés qui nage dans les Caraïbes orientales. Ainsi, la structure fondamentale du discours a été trouvée, mais elle doit encore être interprétée. Ce qui manque, en effet, c’est un « vocabulaire » des codes qui aiderait les chercheurs à comprendre le contenu exact de la combinaison des sons.

Jusqu’à présent, pour les scientifiques, les codes représentaient seulement un moyen de communiquer la position des proies et de révéler l’identité du cachalot lui-même, mais avec cette nouvelle découverte, de nouveaux scénarios de communication animale pourraient s’ouvrir. « Les systèmes de vocalisation par combinaison sont rares dans la nature, cependant, l’utilisation par les cachalots montre que ceux-ci ne sont pas uniquement humains et qu’ils peuvent naître de différentes pressions physiologiques, écologiques et sociales », conclut l’étude. Bref, ce ne sont pas seulement les êtres humains qui ont inventé l’alphabet phonétique.