Les chercheurs de l’Université Duke à Durham, New York, ont développé un nouveau modèle d’IA, appelé AsymMirai, qui s’est avéré capable de prévenir l’apparition du cancer du sein en lisant les différences dans les tissus mammaires entre un sein et l’autre.

Un groupe de chercheurs du département d’informatique de l’Université Duke à Durham, dans l’État de New York, a développé un nouveau modèle d’intelligence artificielle qui pourrait faire la différence dans le traitement du cancer du sein, en prédisant avec une anticipation allant d’un à cinq ans l’apparition de la tumeur à partir de la lecture des mammographies.
Médecine et intelligence artificielle : comme le démontre cette dernière recherche, il est clair qu’au cours des prochaines années, l’IA jouera un rôle décisif dans la conception d’outils de diagnostic de pointe dans différents domaines de la médecine, en particulier dans la prévention des cancers.
Comment fonctionne AsymMirai, l’intelligence artificielle pour prédire les cancers du sein
Comme le rapporte un récent article de l’Radiological Society of North America (RSNA), le nouveau modèle s’appelle AsymMirai et est la version actualisée et plus fiable de Mirai, un modèle d’intelligence artificielle sur lequel les chercheurs du MIT (Massachusetts Institute of Technology) travaillent depuis des années. Ce dernier avait déjà montré qu’il pouvait prédire les cas de cancer du sein en exploitant les données fournies par les mammographies, mais avec des limitations importantes, à savoir la possibilité de produire des diagnostics erronés et le fait de fonctionner d’une manière encore peu claire. Il repose en effet sur un schéma neural complexe dont les mécanismes de fonctionnement sont encore inconnus.
Par communiqué à son prédécesseur, AsymMirai utilise un mécanisme de fonctionnement plus linéaire : les chercheurs qui l’ont créé ont en effet conservé la structure d’apprentissage profond de Mirai, mais ont remplacé la partie complexe par un module interprétable qui lit la différence bilatérale locale, c’est-à-dire les différences structurelles du tissu mammaire entre le sein gauche et le sein droit.
Les données utilisées par l’intelligence artificielle pour les diagnostics du cancer
En étudiant le mécanisme de raisonnement complexe de Mirai, les chercheurs ont compris que l’intelligence artificielle formulait ses diagnostics en comparant également les deux seins. À partir de cette information, ils ont ensuite construit un réseau neuronal « plus simple » capable de faire des comparaisons.
Pour parvenir à ce résultat, plus de 210 000 mammographies de 81 824 patients réalisées entre 2013 et 2020 ont été utilisées. Les chercheurs les ont fait analyser à la fois par Mirai et par AsymMirai et ont découvert que leur modèle d’apprentissage profond fonctionnait presque aussi bien que Mirai, qui représente actuellement l’état de l’art dans le domaine, et donc l’outil le meilleur actuellement disponible. Cependant, contrairement à ce dernier, le nouveau système est plus facilement interprétable. Cette qualité pourrait en faire un outil important entre les mains des radiologues pour la prévention du cancer du sein.
