Le ciel de ce soir, 11 avril, sera embelli par une magnifique conjonction astrale entre les Pléiades et la planète Vénus. Comment les reconnaître et les voir à l’œil nu.

Dès aujourd’hui, mardi 11 avril 2023, vers 20h30, nous pourrons admirer dans le ciel une magnifique conjonction astrale entre Vénus et l’amas d’étoiles ouvert des Pléiades, l’un des objets du ciel profond les plus spectaculaires du firmament. La rencontre entre les deux objets fascinants sera facilement visible à l’œil nu (à condition d’avoir un ciel sombre et étoilé au-dessus de votre tête), mais elle donnera son meilleur lorsqu’elle sera utilisée avec de petites jumelles. En effet, grâce à cet instrument d’optique, il sera possible de faire ressortir bien plus d’étoiles que celles visibles à l’œil nu dans M45, le nom technique du catalogue Messier des Pléiades, également connu sous le nom de « Seven Sisters » ou « Chioccetta « . Voici tout ce que vous devez savoir pour ne pas manquer le merveilleux spectacle céleste de ce soir.
A quelle heure voir la rencontre entre Vénus et les Pléiades
La « Planète de l’Amour » Vénus sera la première des deux protagonistes à apparaître au firmament, étant le troisième objet le plus brillant de la voûte céleste après le Soleil et la Lune (le quatrième est Jupiter). Vénus apparaîtra juste avant 20 (heure de Nice) exactement à l’Ouest, nichée dans la constellation du Taureau, ce qui deviendra évident à la tombée de la nuit. Les Pléiades apparaîtront dans le ciel environ une heure plus tard, avec une luminosité apparente (magnitude) nettement inférieure à celle de la planète. Rappelons que la lumière de Vénus est réfléchie par le Soleil, tandis que les « Sept Sœurs » émettent la leur, puisque ce sont des étoiles qui produisent de la lumière par des réactions nucléaires.

Crédit : Stellarium
La planète est particulièrement lumineuse grâce à sa proximité avec la Terre et à l’atmosphère dense et corrosive, qui réfléchit la plupart des rayons solaires qu’elle reçoit. Ceux qui parviennent à filtrer se retrouvent « piégés » dans l’enfer vénusien, provoquant l’effet de serre le plus dévastateur du système solaire (il provoque des températures de surface sur la planète rocheuse de 464°C, suffisantes pour faire fondre le plomb). Tout cela fait de Vénus le « projecteur » très brillant et clairement visible tôt le matin et le soir, parfois en compagnie d’autres objets comme aujourd’hui. Les Pléiades seront situées à quelques degrés à droite de la planète. Les reconnaître est très facile; il s’agit en fait d’un petit groupe d’étoiles à l’apparence incomparable. Aussi, moins il y a de pollution lumineuse, plus les étoiles sont visibles à l’œil nu. Dans un ciel très sombre, jusqu’à une douzaine peuvent être stockées (alors qu’une poignée seulement de la ville). En réalité, comme l’explique l’astrophysicien Gianluca Masi, directeur scientifique du Virtual Telescope Project, « il existe des centaines d’étoiles jeunes et chaudes, comme le révélerait un télescope ». La conjonction astrale sera également embellie par la belle étoile d’Aldebaran à gauche des deux protagonistes, déplacée plus haut au cœur du Taureau.

Vénus avec les Pléiades sur une photo prise le 10 avril 2023. Crédit : Gianluca Masi
Parmi les caractéristiques les plus intéressantes de l’amas d’étoiles ouvert des Pléiades se trouve le merveilleux voile bleu qui l’entoure, clairement visible sur les photographies à longue exposition. C’est de la poussière cosmique illuminée par les mêmes étoiles, comme l’explique le Dr Masi. Le scientifique conseille de profiter de la conjonction astrale également pour admirer la planète Mercure, qui apparaîtra plus bas dans le ciel occidental après le coucher du soleil. « Pour rendre l’occasion encore plus précieuse, Mercure, le plus insaisissable et le plus proche du Soleil, il se trouvera ce soir à la distance angulaire maximale de l’astre diurne, plus bas que Vénus, toujours vers l’ouest. Il va donc se coucher assez tôt, mais il devrait être facile de le retrouver à l’œil nu, une fois que la lumière résiduelle du crépuscule s’est suffisamment éteinte », précise Masi. L’astrophysicien ajoute qu’étant bas sur l’horizon, l’admirer nécessitera un horizon exempt « d’obstacles importants qui pourraient gêner la vision », tels que des immeubles, des arbres et des montagnes.

Les Pléiades. Crédit : Andrea Centini
Le temps (et pas seulement la météo) jouera également un rôle fondamental dans la jouissance de la conjonction astrale. Vénus et les Pléiades se réuniront vers 23 heures (heure de Nice), il ne restera donc que deux heures et demie avant qu’elles ne disparaissent à l’horizon. Comme spécifié, ils peuvent être admirés à l’œil nu, mais avec des instruments optiques et une photographie à longue exposition, de beaux détails peuvent apparaître autrement invisibles.
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