Des médias rapportent que les services internet par satellite Starlink et Starshield ont été ralentis pour l’Ukraine, perturbant des opérations militaires. La Maison Blanche et Elon Musk sont pointés du doigt, mais les démentis officiels laissent planer un doute sur l’origine réelle de cette décision.
Selon des sources anonymes, les agences NET, The Telegraph et The Wall Street Journal évoquent la Maison Blanche et Elon Musk, mais le président des États-Unis ainsi que certains membres de l’administration nient avoir donné un tel ordre. Pour cette raison, l’origine de la limitation reste à déterminer.

Vers le 14 octobre, les forces ukrainiennes ont constaté des limitations soudaines de leurs services internet par satellite SpaceX, à la fois sur Starlink, la version commerciale, et sur Starshield, la version militaire destinée aux gouvernements. À ce moment, le conseiller du président Volodymyr Zelensky pour les technologies de défense, Serhii Beskrestnov, a écrit sur Facebook que l’entreprise avait imposé des restrictions sans préavis, perturbant plusieurs missions militaires.
Le ralentissement du service a été rapporté par des responsables ukrainiens et des médias d’information, qui citent des militaires affectés, et les États-Unis ont commenté l’affaire. Étant donné ces faits, et sans raison de douter de leur survenue, la question de savoir qui a donné l’ordre demeure.
Les versions avancées par la presse
Selon Beskrestnov, les terminaux en mouvement ont désormais une limite d’environ 160 km/h, au-delà de laquelle la connexion est perdue, et Newsweek indique que Starshield n’avait auparavant aucune limite en Ukraine. Les valeurs rapportées varient cependant selon les sources. CBS News cite des unités ukrainiennes ayant signalé des coupures de connexion à partir de 90 km/h.
Cette mesure a un impact considérable car de nombreux drones ukrainiens volent au-dessus de cette vitesse et, d’après Associated Press, les drones Shahed russes dépassent les 400 km/h, ce qui empêche les intercepteurs ukrainiens de les poursuivre. Effectivement, le 16 octobre, Zelensky a expliqué que Starlink est utilisé pour intercepter les Shahed, pour des frappes à moyenne portée en territoire occupé et pour livrer de la nourriture et de l’eau par drone.
We don’t use Starlink for our responses inside Russia. We use Starlink to intercept jet-powered “shaheds” that attack our civilians and kill families.
Starlink wasn’t turned off – its speed was reduced. And when the speed was reduced, we were unable to intercept a certain number of jet-powered “shaheds.” We couldn’t use a tool that helps protect people. That’s very painful and frustrating.
We also use Starlink for mid-range strikes against enemy military targets in our temporarily occupied territories. We couldn’t do that when the restrictions were in place. And third, what matters most is people. Our warriors, who spend weeks and months on the front line, receive food and water delivered by drones using Starlink.
Has the speed been fully restored to what it was before? No. Is it being restored now? Yes.
From a conversation with media representatives in Brussels. (2/3)
— Volodymyr Zelenskyy / Володимир Зеленський (@ZelenskyyUa) October 16, 2026
Le 15 octobre, NET a rapporté que l’ordre de limiter Starshield est parvenu au Pentagone « depuis l’intérieur de la Maison Blanche », sans que les sources consultées, deux responsables américains et un responsable occidental, n’identifient la personne à l’origine de la demande.
Un haut responsable américain a répondu que le président n’avait jamais fait une telle demande, et la Maison Blanche n’a pas précisé si un autre membre de l’administration aurait pu le faire. Dans tous les cas, un haut responsable ukrainien a déclaré que Kyiv avait reçu la même information en contactant la Maison Blanche, le Département d’État et le Pentagone.
Le 16 octobre, le britannique The Telegraph a écrit que c’est Musk qui aurait approché Trump avec l’idée de ralentir le service, et qu’une source aurait indiqué que Trump avait donné son accord, ouvrant la voie à l’imposition des limites par le Pentagone.
Par la suite, le 20 octobre, The Wall Street Journal a également rapporté, sur la base d’une source anonyme, que les deux hommes auraient discuté du sujet avant que Musk n’ordonne apparemment les restrictions.
De son côté, Donald Trump a affirmé le 16 octobre qu’il n’était pas à l’origine de la décision et qu’il ne pensait pas qu’Elon Musk le soit non plus. Le secrétaire d’État, Marco Rubio, a déclaré le samedi 17 octobre que personne n’avait ordonné le ralentissement et que les États-Unis n’avaient rien à voir avec cette affaire. Il a expliqué que le problème venait de Starlink, un produit commercial, et que Starshield est un produit militaire auquel l’Ukraine n’a pas accès actuellement.
D’après CBS, le secrétaire à la Défense, Pete Hegseth, a affirmé que le Pentagone n’a pas manipulé le service et que Starlink peut prendre des décisions conformément à ses conditions d’utilisation. Cependant, selon Musk, via le réseau X, Starshield est la propriété du gouvernement américain et sous son contrôle, et toute limitation de vitesse ou d’usage est décidée par l’armée et, en dernier ressort, par le président.
Starshield systems are owned and controlled by the US government. Any limits on speed or usage are decided by the US military and ultimately POTUS.
Starlink is a commercial service owned and controlled by SpaceX. Usage of Starlink is limited to civilian or defensive activities and cannot be used for offensive military action, as doing so would be inappropriate for a commercial company.
— Elon Musk (@elonmusk) October 14, 2026
Le 18 octobre, Zelensky a affirmé à NBC que le message provenait du gouvernement américain et que, techniquement, c’est SpaceX qui l’a appliqué. Selon la presse ukrainienne, il a également indiqué que des terminaux dépassant les 160 km/h en dehors de l’Ukraine avaient maintenu leur connexion.
Pour le moment, aucune de ces versions n’a été officiellement confirmée, ce qui soulève de nombreuses interrogations sur l’identité réelle de l’auteur des limitations des services Starlink en Ukraine.
