La Commission Européenne ouvre une enquête sur Booking voici les informations en notre possession

La Commission Européenne ouvre une enquête sur Booking voici les informations en notre possession

La Commission européenne ouvre une enquête formelle pour vérifier si Booking.com respecte la loi DSA, notamment en matière de lutte contre les annonces frauduleuses et de clarté de la publicité. La plateforme risque de lourdes amendes si des manquements sont confirmés.

La Commission européenne a ouvert une procédure formelle pour vérifier si Booking.com respecte la Loi sur les Services Numériques (DSA) concernant la lutte contre les annonces frauduleuses, les escroqueries par hameçonnage (phishing), et l’identification claire de la publicité présentée aux utilisateurs.

Illustration représentant la plateforme Booking.com sous enquête

La Commission européenne a annoncé l’ouverture d’une procédure pour évaluer si Booking.com a enfreint la DSA, la réglementation européenne qui impose aux grandes plateformes de gérer les contenus illégaux et préjudiciables. Les soupçons portent sur l’évaluation et l’atténuation des risques liés aux annonces frauduleuses et au phishing, ainsi que sur la transparence concernant les annonces sponsorisées dans les résultats de recherche. Booking.com a été désignée comme une très grande plateforme en ligne en avril 2023.

Les Européens doivent pouvoir réserver leurs vacances sans craindre les escroqueries. [La DSA] établit des responsabilités claires pour les plateformes concernant la gestion de ces risques, et nous devons nous assurer que la principale plateforme de réservation en Europe prenne ces responsabilités au sérieux.

– Henna Virkkunen, vice-présidente exécutive pour la Souveraineté Technologique, la Sécurité et la Démocratie

Raisons de l’enquête

Selon un communiqué officiel, cette décision fait suite à une enquête préliminaire basée sur plusieurs éléments :

  • L’analyse des rapports d’évaluation des risques fournis par Booking.com en 2026 et les trois années précédentes ;
  • Les informations contenues dans les rapports de transparence de l’entreprise ;
  • Les réponses aux demandes formelles d’information envoyées les 23 septembre 2025 et 26 mai 2026.

La supervision de la plateforme se fait en coopération avec l’Autorité néerlandaise des Consommateurs et des Marchés, qui coordonne les services numériques dans le pays où Booking.com a son siège.

Trois domaines sous le feu des projecteurs

  • Le premier domaine concerne les annonces frauduleuses ou non conformes, comme celles pour des logements inexistants, les cas d’usurpation d’identité ou les offres qui ne respectent pas les règles.

La Commission cherche à savoir si Booking.com a correctement identifié et évalué les risques systémiques liés à ce type de contenu et si elle dispose de mesures efficaces pour les atténuer, y compris la suppression de ces annonces.

  • Le second domaine vise les escroqueries par phishing exploitant les données de réservation et des voyageurs.

L’analyse se concentrera sur la manière dont ces données sont partagées avec les hébergements, ainsi que sur la conception et le fonctionnement du service de messagerie de la plateforme. L’objectif est de vérifier si des garde-fous suffisants empêchent une utilisation frauduleuse des informations pour du phishing et des demandes de paiement illégitimes.

  • Le troisième domaine porte sur les annonces promues contre rémunération.

Les hébergements peuvent augmenter leur visibilité dans les résultats de recherche en payant une commission plus élevée. La Commission va évaluer si les utilisateurs peuvent clairement reconnaître ces annonces comme de la publicité. Elle examinera également s’il est possible, pour chaque annonce, de savoir qui est derrière elle, qui l’a payée, pourquoi elle est affichée et comment modifier les paramètres influençant les annonces vues. Sans ces informations, l’utilisateur ne peut pas savoir si un logement est mis en avant parce qu’il correspond à sa recherche ou parce qu’il a payé pour cette visibilité.

Quels articles de la DSA sont concernés

Si les soupçons se confirment, la Commission européenne considérera que Booking.com a enfreint les articles 34 et 35 de la DSA, qui obligent les très grandes plateformes à identifier, analyser, évaluer et atténuer les risques systémiques, ainsi que l’article 26, paragraphe 1, qui exige que les utilisateurs puissent clairement identifier la publicité et ses informations associées.

Ces violations pourraient entraîner des amendes pouvant atteindre 6% du chiffre d’affaires annuel mondial de l’entreprise.

Étapes suivantes

La Commission européenne indique qu’elle va conduire une enquête approfondie en priorité. Elle pourra envoyer de nouvelles demandes d’information, réaliser des entretiens ou des inspections, adopter des mesures provisoires et émettre des décisions de non-conformité. Elle pourra aussi accepter des engagements proposés par Booking.com pour corriger les problèmes identifiés. L’ouverture de la procédure ne préjuge pas du résultat final.

Cité par NET, un porte-parole de Booking.com a déclaré que l’entreprise collaborait de manière constructive avec la Commission européenne et que la sécurité, la confiance et la protection des données personnelles étaient des priorités.