Meta accusée d’utiliser des photos d’Instagram pour entraîner sa technologie de reconnaissance faciale

Meta accusée d'utiliser des photos d'Instagram pour entraîner sa technologie de reconnaissance faciale

La Meta est accusée d’utiliser des photos Instagram et Facebook sans consentement pour alimenter ses projets de reconnaissance faciale et d’IA. Une plainte déposée aux États-Unis met en cause le développement de fonctionnalités pour ses lunettes connectées et soulève des questions cruciales sur l’exploitation des données biométriques.

Et si Meta utilisait vos photos publiées sur Instagram ou Facebook pour développer des technologies de reconnaissance faciale ? Cette menace semble prendre forme. Meta est accusée d’exploiter des photos provenant d’Instagram.

Illustration représentant Meta accusée d'utiliser des photos Instagram.

La société est mise en cause pour avoir utilisé, sans l’autorisation requise, des images provenant de Facebook et d’Instagram afin de développer des technologies de reconnaissance faciale et d’intelligence artificielle. Ses lunettes intelligentes constituent l’un des éléments de cette controverse.

La plainte a été déposée le 4 septembre devant un tribunal fédéral de l’Illinois, aux États-Unis. Les plaignants accusent Meta de collecter et d’exploiter les données biométriques des utilisateurs et des personnes apparaissant sur les photos publiées sur ses plateformes.

Selon NET Law, cette utilisation présumée comprend le développement de fonctionnalités pour les lunettes Ray-Ban et Oakley de l’entreprise.

1789506499 415 Meta accusee dutiliser des photos dInstagram pour entrainer sa technologie

Des photos des réseaux sociaux aux lunettes intelligentes

Le système NameTag, une technologie de reconnaissance faciale liée aux lunettes de Meta, est au cœur de la plainte. Les plaignants affirment que la société a utilisé les images de leurs réseaux sociaux pour entraîner cette technologie et générer des identifiants biométriques.

L’action en justice vise également les modèles de génération d’images Emu et Muse Image. Les plaignants soutiennent que l’utilisation de photographies dans ces systèmes a permis de collecter des informations biométriques sans l’information préalable et le consentement exigés par la législation en vigueur. Ces accusations figurent dans la requête initiale déposée au tribunal.

Une incertitude demeure cependant : la plainte elle-même reconnaît que Meta n’a pas révélé quelles images, si elles existent, ont été utilisées pour générer les données biométriques de NameTag. Le lien entre les photographies et ce système relève d’une allégation des plaignants, et non d’une conclusion judiciaire.

1789506500 710 Meta accusee dutiliser des photos dInstagram pour entrainer sa technologie

Meta rejette ces accusations

En réponse à WIRED, Meta a jugé l’action non fondée et a déclaré qu’elle déformait son travail. La société défend avoir été transparente concernant l’utilisation des informations pour développer ses produits d’IA.

Concernant NameTag, elle garantit que cette fonctionnalité n’a pas été mise à la disposition des consommateurs et qu’aucune décision finale n’a été prise sur son lancement. Meta affirme également qu’elle ne construit pas une base de données universelle de visages.

Facebook avait déjà fermé un système de reconnaissance faciale

Cette affaire ravive un sujet sensible pour l’entreprise. En novembre 2021, Meta avait annoncé la fermeture du système de reconnaissance faciale de Facebook et la suppression des modèles biométriques de plus d’un milliard de personnes.

Ce système permettait de reconnaître automatiquement les utilisateurs dans les photos et vidéos, facilitant des fonctionnalités comme les suggestions d’identification.

Cependant, cette annonce ne signifiait pas l’abandon de toute recherche dans ce domaine. Dans son communiqué, Meta avait laissé ouverte la possibilité d’utiliser la reconnaissance faciale pour vérifier des identités, lutter contre la fraude et développer des fonctionnalités sur des appareils personnels.

L’entreprise avait alors souligné l’importance de la transparence et du contrôle utilisateur.

1635927845 524 Meta fermera le programme de reconnaissance faciale de Facebook et

Qui décide de l’utilisation de notre visage ?

Cette nouvelle action remet en débat les limites de l’utilisation des photographies personnelles. Pour les plaignants, la simple présence d’une image sur un réseau social ne justifie pas l’exploitation des données biométriques des personnes qui y figurent. La plainte cherche à obtenir des indemnités et des mesures judiciaires contre les pratiques alléguées.

Le débat prend une autre dimension lorsqu’il implique des dispositifs capables de suivre l’utilisateur au quotidien. Reconnaître quelqu’un à travers une paire de lunettes peut présenter une utilité, mais pose aussi une question essentielle : quelle maîtrise la personne identifiée conserve-t-elle sur cette identification ?

Accepteriez-vous que les lunettes d’une autre personne vous identifient grâce aux photos que vous avez publiées sur les réseaux sociaux ?